Des Noyers, ininislrc de la guerre
2. Le liénédiclin ViUorio Siri, né à Parme en 1G08, a publié // Nt'.rcurio (liislnirc conlcmporaine), en <ô volumes, < 344-82, et Z^ Mr marie fécondité {^Mémoires secrets d(' (GOJ à J640), 8 VOl. -1670 79.
i30 FKAGMENS HISTORIQUES.
recommander leurs intérêts que le moyen le plus sûr d'obtenir de son frère tout ce qu'on vouloit, c'étoit de faire du bruit, parce que son frère étoit un coïon. Ces paroles ne tombèrent pas à terre, et bien des courtisans se résolurent dès lors de le prendre de hauteur avec le cardinal, et commencèrent à le menacer pour obtenir de lui ce qu'ils vouloient. Ce cardinal de Sainte-Cécile s'en alla à Rome au sortir de son gouvernement de Catalogne, plein de mauvaise volonté contre son frère, et résolu d'embrasser les intérêts des Espagnols, qui ne manquoient pas de leur côté de lui faire des offres avantageuses. Il mourut peu de jours après qu'il fut arrivé à Rome, où il tomba malade d'une grosse fièvre que lui avoient causée la fatigue du chemin et les grandes chaleurs de l'automne.
Les secrets du cardinal Mazarin étoient souvent trahis et révélés aux ennemis par des domestiques infidèles et intéressés. Le cardinal fermoit les yeux pour ne pas voir leurs friponneries; et c'étoit là la plus grande récompense dont il payoit leurs services, comme il punissoit leurs infidélités en ne les payant point de leurs gages. (T. XIII, p. 866.)
La raison pourquoi le cardinal différoit tant à accorder les grâces qu'il avoit promises , c'est qu'il étoit persuadé que l'espérance est bien plus capable de retenir les hommes dans le devoir , que non pas la reconnoissance.
Il ne donna pas un sou au courrier qui apporta la nouvelle de la paix de Munster, et ne lui paya pas même son voyage; là où l'Empereur donna un riche présent , et mille écus de pension à celui qui la lui apporta. La reine de Suède fit noble son courrier. Servien étoit au désespoir de cette vilenie'.
Le même Siri (t. XIII, p. 930 ) dit que ce cardinal avoit l'artifice de trouver toujours quelque défaut aux plus belles actions des généraux d'armée, non pas tant pour les rendre plus vigilans à l'avenir, que pour diminuer leurs services, et délivrer le roi de la nécessité de les récompenser. Il dit cela à l'occasion de la prise de Tortose par le maréchal de Schomberg.
Le cardinal Mazarin destinoit à Turenne, s'il eût voulu se faire catholique, les plus grands emplois et les premières dignités du royaume, avec une de ses nièces. Mais mademoiselle de Bouillon, que la conversion de son frère aîné avoit mortellement affligée, fit son possible pour traverser cette seconde conversion'; et elle auroit mieux aimé voir Turenne sur un échafaud que devenu catholique.
4. Servien, surinlendant des finances sous Richelieu, contribua, avec le comte d'Avaux, à la paix de Weslphalie (Munster, i6^i8). ii. Turcuno élait frère puîné du duc de Bouillon, complice de Cinq-
Le cardinal Mazarin dit à^Villeroi', quatre jours avant sa mort : « On fait bien des choses en cet état, qu'on ne fait pas se portant bien. Celui qui a les finances peut toujours tromper quand il veut : oii a beau tenir les registres. »
Le cardinal Mazarin avoit recommandé au roi trois hommes : Colbert, Lescot joaillier, et Rabaton des bâtimens. Deux jours avant sa mort, il vit M. le Prince ^ M..., leur parla fort longtemps et fort affectueusement; et ils reconnurent après qu'il ne leur avoit pas dit un mot de vrai.