‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 48 sur 170 · Il mounii le 29 jnin, et non le 28 juillet · texte numérisé non relu

Il mounii le 29 jnin, et non le 28 juillet

3. Pierre Sarpi, en religion Fra Paolo, auteur de Vlfistnire dif concile Je Trente,

iAS FRAGMENS HISTORIQUES.

bliothèque du roi. Ces dépêches portent, dit Siri, que le nonce du pape en France, ayant surpris des lettres de Fra raolo à des huguenots, forma le dessein de le déférer à l'inquisilion de Venise, afin qu'on lui fît son procès, et en même temps de donner avis de la chose au sénat , afin que la république connût de quel théologien elle se servoit : car Fra Paolo avoit la qualité de théologien de la république. Mais le nonce ayant fait réflexion qu'étant ministre du pape, le sénat n'auroit pas grand égard à son témoignage, il s'adressa à M. Brulart, pour le prier de se charger de la chose, et de se plaindre, tant au nom du roi son maître que pour l'intérêt de la religion , des cabales que Fra Paolo faisoit avec les calvinistes de France. M. Brulart, connoissant à quel point la république étoit prévenue pour Fra Paolo, jugea à propos de ne point intenter cette accusation, qui, au lieu de perdre Fra Paolo, ne serviroit qu'à rendre sa personne et son mérite plus recoramandables en ce pays-là. Du reste, M. Brulart savoit, il y a longtemps, ce prétendu commerce qui lui avoit été révélé en France par un lieutenant de Laval, nommé La Motte. Siri ajoute que cet ambassadeur , en arrivant à Venise, eut la curiosité de connoître un homme si fameux, et voulut lui rendre visite; mais que Fra Paolo, qui étoit devenu fort circonspect, et se tenoit sur ses gardes, fit dire à l'ambassadeur qu'étant théologien de la république il ne lui étoit pas permis d'avoir commerce avec les ministres des princes sans permission de ses supérieurs, c'est-à-dire du sénat; que l'ambassadeur, sachant d'ailleurs que c'étoit un homme sans foi, sans religion, sans conscience, et qui ne croyoit pas à l'immortalité de l'âme , ne se soucia pas trop de faire habitude avec lui; et que la chose en demeura là. Siri dit encore que l'ambassadeur avoit apporté à Fra Paolo des lettres de M. de Thou et de M. L'Échassier, avocat au Parlement, comme voulant insinuer que c'étoient des calvinistes; mais que Fra Paolo, qui se croyoit épié, ne leur fit point de réponse. Tout cela, ce me semble, ne prouve pas grand'chose contre Fra Paolo. Il faudroit avoir rapporté quelques-unes de ces lettres pour juger si elles éloient hérétiques, lin homme peut écrire à des huguenots sans être huguenot lui-même : d'autant plus que Siri, comme j'ai déjà remarqué, l'accuse d'avoir été de la confession d'Augsbourg. Siri auroit mieu? fait, ou de bien prouver la chose, ou de ne pas noircir légèrement la mémoire d'un homme qui vaut infiniment mieux que lui, et qui. peut-être, avoit plus de religion que Siri même. Je ne sais si ce n'est pas même faire quelque tort à la religion de dire qu'un homme si généralement estimé n'a point eu de religion. Les impies peuvent abuser de cet exemple

FRAGMENS HISTORIQUBS. 14S

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