STRASBOURG
Un édit de Ferdinand ordonne aux magistrats et aux habitans de Strasbourg, senatui popuîoque Argenlinensi , de restituer l'église cathédrale, et toutes les églises paroissiales, qu'eux ou leurs pères ont usurpées sur les catholiques et de restituer aussi tous les revenus, décimes, droits, privilèges, meubles, omemens, et généralement toutes choses appartenant légitimement à l'évêque ou aux ecclésiastiques, de retabUr les catholiques dans le droit de bourgeoisie, et tous leurs autres droits et honneurs. L'archiduc Léopold, fils de Ferdinand, étoit alors évêque de Strasbourg et de Passau. Il paraît, par cet édit, que, dans les premiers troubles d' Allemagne, causés par l'hérésie de Luther, ceux de Strasbourg,
ayant de bonne heure embrassé la religion protestante, s'étoient emparés des églises et de la maison épiscopale, avoient ensuite privé les calholiques de tous droits de bourgeoisie, et usurpé tous les biens et revenus ecclésiastiques dans leur ville.
Par ledit de paciOcation de Passau, en 1650, il étoit ordonné que les deux religions seroient librement exercées dans toutes les villes, tant libres qu'impériales, et que les protestans ne troubleroient et n'offeuseroient en aucune sorte les catholiques. Il étoit même arrivé qu'en l'an 1629 et en l'an 1549, les catholiques à Strasbourg avoient commencé de se remettre en possession de ce qui leur apparlojioit. Mais depuis, sans avoir égard à Tédit de Passau, les protestans, en 1559 et 1561, s'emparèrent tout de nouveau de l'église et de la maison épiscopale, et de toutes les autres paroisses, y mettant des ministres de leur religion: en un mot défendirent absolument l'usage de la religion catholique, et exclurent tous les catholiques du droit de bourgeoisie et de l'entrée aux charges.
L'édit de Ferdinand est de 1627, au mois d'avril. L'auteur parle de grands troubles excités vers l'an 1600, entre les chanoines de Strasbourg, catholiques et protestans, pour l'église cathédrale, jusqu'à l'an 1604, qu'on fit une transaction par laquelle toutes choses demeuroient suspendues pour quinze ans. En 1620, cette transaction fut encore prolongée à Haguenau pour sept ans, lesquels étant expirés, le grand vicaire, le doyen et le chapitre de Strasbourg, en l'absence de l'archiduc leur évéque, présentèrent une requête à l'Empereur, en conséquence de laquelle il leur fît intimer i'édit dont il est questior-