‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 51 sur 170 · ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

ALLEMAGNE

La Transylvanie est divisée en sept comtés, sept villes et sept sièges. Les sept comtés sont les Saxons , qui se prétendent originaires de Saxe, et suivent les mêmes coutumes et les mêmes changemens de religion; les sept villes sont les originaires du pays ; les sept sièges sont les seclers , ainsi appelés de chek , qui , en langue du pays, signifie siège. Quelques-uns les font mal à propos descendre des Siciliens qui vinrent en Hongrie avec un roi de Naples.

Le Grand-Seigneur prétendoit nommer lui seul à la principauté de Transylvanie; mais il renonça, par le traité de 1664, au droit qu'il prétendoit avoir d'y nommer, et il fut dit que les États du pays nommeroient leur prince.

Soliman fut appelé en Hongrie par Jean Zapolia, qui s'étoit fait élire par les peuples, malgré les prétentions de Ferdinand, qui prétendoit succéder au droit de Ladislas; Soliman vint en Hon crie, la conquit, et la rendit tout entière à Zajjolia. Mais comme

ce Zapolia étoit encore opprimé par l'Empereur, Soliman vint, qui s'empara de toute la haute Hongrie, la retint pour lui, et investit Zapolia de la principauté de Transylvanie, qui faisoit partie du royaume de Hongrie , et qui étoit goufernée par un vay vode qu'y mettoient les rois de Hongrie.

L'Allemagne, par la paix de Munster, a logé deux puissances formidables à ses deux extrémités : les Suédois dans la Pomeranie, et les François dans l'Alsace -, dangereux voisins qui balancent à la vérité la maison d'Autriche, mais qui épuisent aussi la plupart des princes de l'Empire, par l'inquiétude que leur cause un voisinage si redoutable.

Dans toute la guerre d'Allemagne, la France et la Suède ont plus combattu l'Empire avec des soldats allemands qu'avec leurs propres soldats. Et du temps même de Charles -Quint, tout grand et puissant qu'il étoit. François I" avoit dans ses troupes tout autant d'Allemands qu'il vouloit. Car, outre l'argent que la France peut répandre en abondance , les Âllemanàs s'accommodent mieux avec les François qu'avec les Espagnols.

Le titre d'excellence étoit inconnu en Allemagne avant l'assemblée de Munster, et les Allemands ne vouloient point l'introduire comme étranger, et qui sonnoit mal dans leur langue. Mais comme ils virent que les étrangers se le donnoient les uns aux autres . ils souhaitèrent d'être traiiés comme eux, pour ne leur pas paroître inférieurs en rien. Les ambassadeurs de l'Empereur le prirent, et eurent ordre de le donner à ceux des électeurs. Le seul électeur de Saxe défendit à ses ministres de le prendre, et leur ordonna de laisser aux étrangers leurs cérémonies. Les ministres des princes d'Allemagne non électeurs, jaloux de ce qu'on le dûn.:iùit aux députés des électeurs, et non point à eux, éA'i|»ient avec soin de le donner à personne, et mirent au nombre de leurs griefs cette nouvelle coutume, comme contraire à l'usage de l'empire germanique.

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