‹ Œuvres complètesChapitre 132 sur 418 · ACTE IV, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE III

HERMIONE

Ah 1 c'en est trop , seigneur.

Tant do raisonnemens offensent ma colère. J'ai voulu vous donner les moyens de me plaire , Rendre Oreste content ; mais enfin je vois bien Qu'il veut toujours se plaindre, et ne mériter rien. Partez : allez ailleurs vanter votre constance Et me laissez ici le soin de ma vengeance. De mes lâches bontés mon courage est confus , Et c'est trop en un jour essuyer de refus. Je m'en vais seule au temple où leur hymen s'apprête. Où vous n'osez aller mériter ma conquête : Là, de mon ennemi je saurai m'approcher; Je percerai le cœur que je n'ai pu toucher; Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées, Aussitôt, malgré lui, joindront nos destinées; Et, tout ingrat qu'il est, il me sera plus doux De mourir avec lui que de vivre avec vous.

ORESTE

Non , je vous priverai de ce plaisir funeste , Madame : il ne mourra que de la main d'Oreste. Vos ennemis par moi vont vous être immolés , Et vous reconnoîtrez mes soins , si vous voulez.

HERMIONE

Allez. De votre sort laissez-moi la conduite,

Et que tous vos vaisseaux soient prêts pour notre fuite.

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