‹ Œuvres complètesChapitre 133 sur 418 · SCÈNE IV. — HERMIONE, CLÉONE · texte numérisé non relu

SCÈNE IV. — HERMIONE, CLÉONE

CLEONE

Vous vous perdez, madame, et vous devez songer....

HERMIONE

Que je me perde ou non, je songe à me venger.

Je ne sais même encor, quoi qu'il m'ait pu promettre >

Sur d'autres que sur moi si je dois m'en remettre :

Pyrrhus n'est pas coupable à ses yeux comme aux miens

Et je tiendrois mes coups bien plus sûrs que les siens.

Quel plaisir de venger moi-même mon injure,

De retirer mon bras teint du sang du parjure ,

Et , pour rendre sa peine et mes plaisirs plus grands,

De cacher ma rivale à ses regards mourans !

Ah ! si du moins Oreste , en punissant son crime ,

Lui laissoit le regret de mourir ma victime !

Va le trouver : dis-lui qu'il apprenne à l'ingrat

Qu'on l'immole à ma haipp et non pas à l'Etat.

136 ANDROMAQUE

Chère Cléone, cours : ma vengeance est perdue S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue.

CLÉONE

Je vous obéirai. Mais qu'est-ce que je voi?

0 dieux! qui l'auroit cru, madame? C'est le roil

HERMIONE

Ah! cours après Oreste; et dis-lui, ma Cléone, Qu'il n'entreprenne rien sans revoir Hermione !

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