‹ Œuvres complètesChapitre 138 sur 418 · SCÈNE IL - HERMIONE , CLÉONE · texte numérisé non relu

SCÈNE IL - HERMIONE , CLÉONE

HERMIONE

Ah! qu'ai-je fait, Cléone? et que viens-tu me dire? Que fait Pyrrhus?

CLÉONE

Il est au comble de ses vœux , Le plus fier des mortels , et le plus amoureux. Je l'ai vu vers le temple , où son hymen s'apprête , Mener en conquérant sa nouvelle conquête ; Et d'un œil où brilloient sa joie et son espoir, S'enivrer en marchant du plaisir de la voir. Andromaque, au travers de mille cris de joie, Porte jusqu'aux autels le souvenir de Troie; Incapable toujours d'aimer et de haïr, Sans joie et sans murmure elle semble obéir.

HERMIONE

Et l'ingrat? jusqu'au bout il a poussé l'outrage? Mais as-tu bien , Cléone , observé son visage ? Goûte-t-il des plaisirs tranquilles et parfaits? N'a-t-il point détourné ses yeux vers le palais? Dis-moi, ne t'es-tu point présentée à sa vue? L'ingrat a-t-il rougi lorsqu'il t'a reconnue? Son trouble avouoit-il son infidélité?

A-t-il jusqu'à la fin soutenu sa fierté?

CLÉONE

Madame, il ne voit rien : son salut et sa gloire Semblent être avec vous sortis de sa mémoire. Sans songer qui le suit, ennemis ou sujets, Il poursuit seulement ses amoureux projets. Autour du fils d'Hector il a rangé sa garde , Et croit que c'est lui seul que le péril regarde. Phœnix même en répond , qui l'a conduit exprès Dans un fort éloigné du temple et du palais. Voilà dans ses transports le seul soin qui lui reste

HERMIONE

Le perfide ! Il mourra. Mais que t'a dit Oreste?

CLÉONE

Oreste avec ses Grecs dans le temple est entré.

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