ACTE V, SCÈNE
Mais c'est moi dont l'ardeur leur a servi d'exemple : Je les ai pour vous seule entraînés dans le temple , Madame; et vous pouvez justement vous flatter D'une mort que leurs bras n'ont fait qu'exécuter. Vous seule avez poussé les coups....
HERJIIONE.
Tais-toi, perfide, Et n'impute qu'à toi ton lâche parricide. Va faire chez tes Grecs admirer ta fureur , Va : je la désavoue, et tu me fais horreur. Barbare, qu'as-tu fait? Avec quelle furie As-tu tranché le cours d'une si belle vie? Avez-vous pu , cruels , l'immoler aujourd'hui , Sans que tout votre sang se soulevât pour lui? Mais parle : de son sort qui t'a rendu l'arbitre? Pourquoi l'assassiner? Qu'a-t-il fait? A quel titre? Qui te l'a dit ?
ORESTE
Oh dieux ! Quoi ! ne m'avez-vous pas Vous-même, ici, tantôt, ordonné son trépas?
HERMIONE
Ah! falloit-il en croire une amante insensée?
Ne devois-tu pas lire au fond de ma pensée?
Et ne voyois-tu pas, dans mes emportemens,
Que mon cœur démentoit ma bouche à tous momens?
Quand je l'aurois voulu, falloit-il y souscrire?
N'as-tu pas dû cent fois te le faire redire?
Toi-même avant le coup me venir consulter,
Y revenir encore , ou plutôt m'éviter ?
Que ne me laissois-tu le soin de ma vengeance?
Qui t'amène en des lieux où l'on fuit ta présence ?
Voilà de ton amour le détestable fruit :
Tu m'apportois, cruel, le malheur qui te suit.
C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale ,
L'a fait pour son malheur pencher vers ma rivale
Nous le verrions encor nous partager ses soins ,
Il m'aimeroit peut-être ; il le feindroit du moins.
Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Épire :
Je renonce à la Grèce , à Sparte , à son empire ,
A toute ma famille ; et c'est assez pour moi ,
Traître, qu'elle ait produit un monstre tel que toL
iU ANDROMAQUË.