‹ Œuvres complètesChapitre 140 sur 418 · SCÈNE III. -ORESTE, HERMIONE, CLÉONE · texte numérisé non relu

SCÈNE III. -ORESTE, HERMIONE, CLÉONE

ORESTE

Madame , c'en est fait , et vous êtes servie * Pyrrhus rend à l'autel son infidèle vie.

HERMIONE

Il est mort?

ORESTE

Il expire ; et nos Grecs irrités Ont lavé dans son sang ses infidélités. Je vous l'avois promis; et, quoique mon courage Se fît de ce complot une funeste image , J'ai couru vers le temple , où nos Grecs dispersés Se sont jusqu'à l'autel dans la foule glissés. Pyrrhus m'a reconnu , mais sans changer de face : Il sembloit que ma vue excitât son audace: Que tous les Grecs , bravés en leur ambassadeur , Dussent de son hymen relever la splendeur. Enfin, avec transport prenant son diadème, Sur le front d'Andromaque il l'a posé lui-même : œ Je vous donne, a-t-ii dit, ma couronne et ma foi, Andromaque , régnez sur l'Épire et sur moi. Je voue à votre fils une amitié de père : J'en atteste les dieux , je le jure à sa mère : Pour tous mes ennemis je déclare les siens , Et je le reconnois pour le roi des Troyens. * A ces mots , qui du peuple aitiroient le suffrage , Nos Grecs n'ont répondu que par un cri de rage: L'infidèle s'est vu partout envelopper, Et je n'ai pu trouver de place pour frapper : Chacun se disputoit la gloire de l'abattre. Je l'ai vu dans leurs mains quelque temps se débattre, Tout sanglant à leurs coups vouloir se dérober; Mais enfin à l'autel il est allé tGmber. Du peuple épouvanté j'ai traversé la presse Pour venir de ces lieux enlever ma princesse , Et regagner le port , où bientôt nos amis Viendront couverts du sang que je vous ai promis.

HERMIONE

Qu'ont- ils fait!

ORESTE

Pardonnez à leur impatience :

Ils ont , je le vois bien , trahi votre vengeance ; Vous vouliez que ma main portât les premiers coup» , Qu'il sentît en mourant qu'il ex^iro:t pour vous:

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