‹ Œuvres complètesChapitre 225 sur 418 · SCÈNE I. — BRITANNICÙS, JUNIE · texte numérisé non relu

SCÈNE I. — BRITANNICÙS, JUNIE

BRITANNICUS

Oui, madame, Néron, qui l'auroit pu penser? Dans son appartement m'attend pour m'embrasser Il y fait de sa cour inviter la jeunesse; Il veut que d'un festin la pompe et l'allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos sermens Et réchauffent l'ardeur de nos embrassemens : Il éteint cet amour , source de tant de haine ; Il vous fait de mon sort arbitre souveraine. Pour moi , quoique banni du rang de mes aïeux , Quoique de leur dépouille il se pare à mes yeux ; Depuis qu'à mon amour cessant d'être contraire Il semble me céder la gloire de vous plaire , Mon cœur, je l'avouerai, lui pardonne en secret, Et lui laisse le reste avec moins de regret. Quoi ! je ne serai plus séparé de vos charmes ! Quoi! même en ce moment, je puis voir sans alarmes Ces yeux que n'ont émus ni soupirs ni terreur, Qui m'ont sacrifié l'empire et l'empereur! Ah, madame!... Mais quoi! Quelle nouvelle crainte Tient parmi mes transports votre joie en contrainte? *D'où vient qu'en m'écoutant vos yeux, vos tristes yeux Avec de longs regards se tournent vers les cieux? Qu'est-ce que vous craignez?

JUNIE

Je l'ignore moi- même; Mais je crains.

BRITANNICUS

Vous m'aimez?

rcnce entre Néron paraissant sur le théâtre en présence des Romains, cl Louis XIV dansant un ballet au milieu de ses courtisnns.

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