‹ Œuvres complètesChapitre 231 sur 418 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

Il vous accablera vous-même à votre tour.

BURRHUS

Àb , madame ! pour moi , j'ai vécu trop d'un jour.

Plût au ciel que sa main , heureusement cruelle ,

Eût fait sur moi l'essai de sa fureur nouvelle !

Qu'il ne m'eût pas donné , par ce triste attentat ,

Un gage trop certain des malbeurs de l'État !

Son crime seul n'est pas ce qui me désespère;

Sa jalousie a pu l'armer contre son frère :

Mais s'il vous faut, madame, expliquer ma douleur,

Néron l'a vu mourir sans changer de couleur.

Ses yeux indifférens ont déjà la constance

D'un tyran dans le crime endurci dès l'enfance.

Qu'il achève , madame , et qu'il fasse périr

Un ministre importun qui ne le peut souffrir.

Hélas ! loin de vouloir éviter sa colère ,

La plus soudaine mort me sera la plus chère.

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