SCENE II. - MONIME, XIPHARES
MONIME
Seigneur, je viens à vous : car enfin, aujourd'hui, Si vous m'abandonnez , quel sera mon appui ? Sans parens . sans amis , désolée et craintive , Reine longtemps de nom, mais en effet captive, Et veuve maintenant sans avoir eu d'époux. Seigneur, de mes malheurs ce sont là les plus doux. Je tremble à vous nommer l'ennemi qui m'opprime : J'espère toutefois qu'un cœur si magnanime Ne sacrifiera point les pleurs des malheureux Aux intérêts du sang qui vous unit tous deux. Vous devez à ces mots reconnoître Pharnace : C'est lui, seigneur, c'est lui dont la coupable audace Veut , la force à la main , m' attacher à son sort Par un hymen pour moi plus cruel que la mort. Sous quel astre ennemi faut-il que je sois née : Au joug d'un autre hymen sans amour destinée, A peine suis-je libre et goûte quelque paix, Qu'il faut que je me livre à tout ce que je hais. Peut-être je devrois, plus humble en ma misère, Me souvenir du moins que je parle à son frère : Mais, soit raison, destin, soit que ma haine en lui Confonde les Romains , dont il cherche l'appui ,