‹ Œuvres complètesChapitre 358 sur 418 · SCENE IV. - MITHRIDATE, MONIME · texte numérisé non relu

SCENE IV. - MITHRIDATE, MONIME

MITHRIDATE

Allons, madame, allons. Une raison secrète Me fait quitter ces lieux et hâter ma retraite. Tandis que mes soldats , prêts à suivre leur roi , Rentrent dans mes vaisseaux pour partir avec moi , Venez , et qu'à l'autel ma promesse accomplie Par des nœuds éternels l'un à l'autre nous lie.

MONIME

Nous, seigneur?

MITHRIDATE

Quoi madame! or -^i-vous balancer*

392 MITHRIDATE

MONIME

Et ne nravez-vous pas défendu d'y penser?

J'eus mes raisons alors : oublions-les, madame. Ne songez maintenant qu'à répondre à ma flamme. Songez que votre cœur est un Lien qui m'est dû.

MONIME

Hé! pourquoi donc, seigneur, me l'avez -vous rendu?

MITHRIDATE

Quoi! pour un fils ingrat toujours préoccupée. Vous croiriez....

MONIME

Quoi, seigneur! vous m'auriez donc trompée

MITHRIDATE

Perfide ! il vous sied bien de tenir ce discours,

Vous qui, gardant au cœur d'infidèles amours,

Quand je vous élevois au comble de la gloire ,

M'avez des trahisons préparé la plus noire !

Ne vous souvient-il plus, cœur ingrat et sans foi,

Plus que tous les Romains conjuré contre moi ,

De quel rang glorieux j'ai bien voulu descendre

Pour vous porter au trône où vous n'osiez prétendre ?

Ne me regardez point vaincu , persécuté :

Revoyez-moi vainqueur, et partout redouté.

Songez de quelle ardeur dans Éphèse adorée .

Aux filles de cent rois je vous ai préférée ;

Et, négligeant pour vous tant d'heureux alliés,

Quelle foule d'États je mettois à vos pieds.

Ah I si d'un autre amour le penchant invincible

Dès lors à mes bontés vous rendoit insensible ,

Pourquoi chercher si loin un odieux époux?

Avant que de partir, pourquoi vous taisiez vous?

Attendiez-vous. pour faire un aveu si funeste,

Que le sort ennemi m'eût ravi tout le ieste,

Et que , de toutes parts me voyant accabler ,

J'eusse en vous le seul bien qui me pût consoler?

Cependant . quand je veux oublier cet outrage ,

Et cacher à mon cœur cette funeste image ,

Vous osez à mes yeux rappeler le passé !

Vous m'accusez encor, quand je suis offensé!

Je vois que pour un traître un fol espoir vous flatte

A quelle épreuve , ô ciel , réduis-tu Mithridate ?

Par quel ch?.rme secret laissé-je retenir

Ce courroux si sévère et si prompt à punir?

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