‹ Œuvres complètesChapitre 361 sur 418 · ACTE IV, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V

Songeons plutôt , songeons à gagner sa tendresse .

J'ai besoin d'un vengeur, et non d'une maîtresse.

Quoil ne vaut-il pas mieux, puisqu'il faut m'en priver

La céder à ce fils que je veux conserver?

Cédons-la. Vains efforts , qui ne font que m'instruire

Des foiblesses d'un cœur qui cherche à se séduire l

Je brûle, je l'adore; et, loin de la bannir....

Ah! c'est un crime encor dont je la veux punir.

Quelle pitié retient mes sentimens timides ?

N'en ai-je pas déjà puni de moins perfides?

0 Monime ! ô mon fils 1 Inutile courroux !

Et vous , heureux Romains , quel triomphe pour vous

Si vous saviez ma honte , et qu'un avis fidèle

De mes lâches combats vous portât la nouvelle !

Quoi ! des plus chères mains craignant les trahisons ,

J'ai pris soin de m'armer contre tous les poisons;

J'ai su par une longue et pénible industrie ,

Des plus mortels venins prévenir la furie ;

Ah ! qu'il eût mieux valu , plus sage et plus heureux ,

Et repoussant les traits d'un amour dangereux ,

Ne pas laisser remplir d'ardeurs empoisonnées

Un cœur déjà glacé par le froid des années !

De ce trouble fatal par où dois-je sortir?

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