‹ Œuvres complètesChapitre 362 sur 418 · SCÈNE VI. - MITHRIDATE, ARBATE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. - MITHRIDATE, ARBATE

ARIJATE.

Seigneur, tous vos soldats refusent de partir ;

Pharnace les retient , Pharnace leur révèle

Que vous cherchez à Rome une guerre nouvelle.

MITHRIDATE

Pharnace ?

ARBATE.

Il a séduit ses gardes les premiers ; Et le seul nom de Rome étonne les plus fiers. De mille affreux périls ils se forment l'image. Les uns avec transport embrassent le rivage ; Les autres , qui partoient , s'élancent dans les flots , Ou présentent leurs dards aux yeux des matelots. Le désordre est partout ; et , loin de nous entendre , Ils demandent la paix, et parlent de se rendre. Pharnace est à leur tête ; ex , flattant leurs souhaits , De la part des Romains , il leur promet la paix.

MITHRIDATE

Ah , le traître ! Courez : qu'on appelle son frère ;

Qu'il me suive , qu'il vienne au secours de son père,

ARBATE.

J'ignore son dessein ; mais un soudain transport L'a déjà fait descendre et courir vers le port; Et l'on dit que , suivi d'un gros d'amis fidèles . On l'a vu se mêler au milieu des rebelles. C'est tout ce que j'en sais.

MITHRIDATE

. Ah ! qu'est-ce que j'entends?

Perfides , ma vengeance a tardé trop longtemps ! Mais je ne vous crains point : malgré leur insolence, Les mutins n'oseroient soutenir ma présence. Je ne veux que les voir: je ne veux qu'à leurs yeux Immoler de ma main deux fils audacieux.

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