SCÈNE V. — AGAMEMNON, ULYSSE
AG4MEMN0N
Juste ciel! c'est ainsi qu'assurant ta vengeance Tu romps tous les ressorts de ma vaine prudence !
Racine i 27
4\è IPHIGÉNIE.
Encor si je pouvois , libre dans mon malheur , Par des larmes au moins soulager ma douleur 1 Triste destin des rois! Esclaves que nous sommes Et des rigueurs du sort et des discours des hommes, Nous nous voyons sans cesse assiégés de témoins : Et les plus malheureux osent pleurer le moins!
ULYSSE
Je suis père , seigneur ; et foible comme un autre , Mon cœur se met sans peine en la place du vôtre ; Et frémissant du coup qui vous fait soupirer, Loin de blâmer vos pleurs, je suis près de pleurer. Mais votre amour n'a plus d'excuse légitime ; Les dieux ont à Calchas amené leur victime : Il le sait, il l'attend; et, s'il la voit tarder, Lui-même à haute voix viendra la demander. Nous sommes seuls encor : hàtez-vous de répandre Des pleurs que vous arrache un intérêt si tendre ; Pleurez ce sang , pleurez ; ou plutôt , sans pâlir , Considérez l'honneur qui doit en rejaillir : Voyez tout l'Hellespont blanchissant sous nos rames , Et la perfide Troie abandonnée aux flammes , Ses peuples dans vos fers , Priam à vos genoux , Hélène par vos mains rendue à son époux ; Voyez de vos vaisseaux les poupes couronnées Dans cette même Aulide avec vous retournées , Et ce triomphe heureux qui s'en va devenir L'éternel entretien des siècles à venir.
AGAMEMNON
Seigneur, de mes efforts je connois l'impuissance : Je cède , et laisse aux dieux opprimer l'innocence. La victime bientôt marchera sur vos pas , Allez. Mais cependant faites taire Calchas; Et m' aidant à cacher ce funeste mystère, Laissez-moi de l'autei écarter und