‹ Œuvres complètesChapitre 397 sur 418 · ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE V

Ce triste abaissement convient à ma fortune : Heureuse si mes pleurs vous peuvent attendrir! Une mère à vos pieds peut tomber sans rougir. C'est votre épouse, hélas! qui vous est enlevée; Dans cet heureux espoir je l'avois élevée. C'est vous que nous cherchions sur ce funeste bord \ Et votre nom, seigneur, la conduit à la mort. Ira-t-elle, des dieux implorant la justice, Embrasser leurs autels parés pour son supplice? Elle n'a que vous seul : vous êtes en ces lieux Son père, son époux, son asile, ses dieux. Je lis dans vos regards la douleur qui vous presse. Auprès de votre époux, ma fille, je vous laisse. Seigneur, daignez m' attendre, et ne la point quitter. A mon perfide époux je cours me présenter : Il ne soutiendra point la fureur qui m'anime , Il faudra que Calchas cherche une autre victime : Ou, si je ne vous puis dérober à leurs coups, Ma fille , ils pourront bien m'immoler avant vous.

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