‹ Œuvres complètesChapitre 409 sur 418 · SCÈNE VIII. — AGAMEMNON, EURYBATE, Gardes · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. — AGAMEMNON, EURYBATE, Gardes

EURYBATE.

Seigneur.

AGAMEMNON

Que vais-je faire?

Puis-je leur prononcer cet ordre sanguinaire? Cruel ! à quel combat faut-il te préparer ! Quel est cet ennemi que tu leur vas livrer? Une mère m'attend; une mère intrépide, Qui défendra son sang contre un père homicide : Je verrai mes soldats, moins barbares que moi, Respecter dans ses bras la fille de leur roi. Achille nous menace . Achille nous méprise ; Mais ma fille en est-elle à mes lois moins soumise? Ma fille . de l'autel cherchant à s'échapper , Gémit-elle du coup dont je veux la frapper? Que dis-je? Que prétend mon sacrilège zèle? Quels vœux, en l'immolant, formerai-je sur elle? Quelques prix glorieux qui me soient proposés, Quels lauriers me plairont, de son sang arrosés? Je veux fléchir des dieux la puissance suprême : Ah! quels dieux me seroient plus cruels que moi-même? Non, je ne puis. Cédons au sang, à l'amitié, Et ne rougissons plus d'une juste pitié : Qu'elle vive. Mais quoi ! peu jaloux de ma gloire, Dois-je au superbe Achille accorder la victoire? Son téméraire orgueil, que je vais redoubler, Croira que je lui cède, et qu'il m'a fait trembler... De quel frivole soin mon esprit s'embarrasse l

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