‹ Œuvres complètesChapitre 413 sur 418 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Vous pourriez ajouter ce comble t mon malheur? Ma gloire vous seroit moins chère que ma vie? Ah, seigneur! épargnez la triste Iphigénie. Asservie à des lois que j'ai dû respecter , C'est déjà trop pour moi que de vous écouter : Ne portez pas plus loin votre injuste victoire : Ou, par mes propres mains immolée à ma gloire. Je saurai m' affranchir, dans ces extrémités, Du secours dangereux que vous me présentez.

ACHILLE

Hé bien, n'en panons plus. Obéissez, cruelle. Et cherchez une mort qui vous semble si belle : Portez à votre père un cœur où j'entrevoi Moins de respect pour lui que de haine pour moi. Une juste fureur s'empare de mon âme : Vous allez à l'autel; et moi, j'y cours, madame Si de sang et de morts le ciel est affamé , Jamais de plus de sang ses autels n'ont fumé. A mon aveugle amour tout sera légitime : Le prêtre deviendra la première victime ; Le bûcher , par mes mains détruit et renversé , Dans le sang des bourreaux nagera dispersé , Et si , dans les horreurs de ce désordre extrême , Votre père , frappé . tombe et périt lui-même , Alors , de vos respects voyant les tristes fruits , Reconnoissez les coups que vous aurez conduits.

IPHIGÉNIE

Ah, seigneur! Ah, cruel!... Mais il fuit, il m'échappe. 0 toi. qui veux ma mort, me voilà seule, frappe; Termine, juste ciel, ma vie et mon effroi, Et lance ici des traits qui n'accablent que moi !

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