‹ Œuvres completesChapitre 14 sur 296 · I. CE QUE NOUS DEVONS CROIRE · texte numérisé non relu

I. CE QUE NOUS DEVONS CROIRE

raclère nouveau. Ce n'étaient 'pas des signes dans le ciel, ni des renversements dans la nature; il les faisait presque tous sur les hommes et en faveur des hommes ; et ils tenaient encore plus de la bonté que de la puissance. Les malades recouvraient la santé et les morts la vie, les pécheurs se convertissaient et les démons se retiraient.

Donnez-nous un plan en abrégé de la doctrine du Sauveur ?

Il découvrit de grands secrets, mais il les confirma par de grands prodiges. Il commanda de grandes vertus, mais il donna de grands exemples et de grandes grâces. Il annonça de grandes vérités, mais il communiqua de grandes lumières. Plus éclairé que Moïse et les prophètes, il proposa de plus hauts mystères à croire, de plus grandes récompenses à espérer, des maximes plus épurées de religion à suivre, des vertus plus parfaites à pratiquer. Il établit la charité pour la fin de la religion, pour l'âme des vertus, et pour l'abrégé de la Loi. 11 proposa l'amour de Dieu jusqu'à se haïr soi-même, dans ce principe de corruption ou d'amourpropre que nous avons dans le cœur ; l'amour du prochain, jusqu'à étendre cette inclination Ijienfaisante sur tous les hommes, sans en excepter nos ennemis; la modération des plaisirs sensuels, jusqu'à retrancher nos propres membres, c'est-à-dire ce qui tient le plus vivement et le plus intimement à nous; la soumission aux ordres de Dieu, jusqu'à le remercier dans ses souffrances ; l'abandon à la Providence, jusqu'à ne pas songer au lendemain; le détachement des biens du monde, jusqu'à nous dépouiller de toutes choses; le pardon des injures, jusqu'à prier pour nos persécuteurs; la chasteté, Jusqu'à sacrifier les pensées contraires ; le désir de la vie éternelle, jusqu'au zèle de lui immoler celle-ci. Il perfectionna tous les états de la vie. 11 régla la sain union du mari et de la femme, selon la fo.? me que Dieu lui avait donnée dans son ori gine, lorsque bénissant l'amour conjuga comme la source du genre humain, il ne lui permit pas de s'épancher sur plusieurs objets, et le réduisit à deux seuls cœurs, unis d'un lien indissoluble et sacré. C'est sur cette idée primitive que Jésus-Christ s'élevaut au-dessus de la Loi et des patriarches, réforma le mariage, et se montra, disent les saints, le digne Fils du Créateur, rappelant les choses au prenijer point où elles étaient à la création, et établissant sur celte immuable fondement la sainteté de l'alliance chrétienne, avec le repos des familles, et la pluralité des femmes fut ôtée pour jamais. Il montra le célibat, comme une imitation de la vie des anges, auquel il était permis d'aspirer, et possible de parvenir. Il apprit aux supérieurs à se regarder comme les serviteurs des autres, et dévoués h leur bien; et aux inférieurs à respecter l'autorité de Dieu dans leurs supérieurs. Il se proposa pour modèle aux prêtres de la nouvelle alliance, les instruisant de l'obligation qu'ils avaient de l'imiter, et d'être comma lui victimes ei

prêtres tout ensemble, et la vie apostolique en fut le premier fruit. Enlin tout se soutint en sa personne, sa vie, sa doctrine, ses miracles, et tout concourut à y faire voir le maître du genre humain, le modèle de la plus haute perfection, le Fils unique du Père plein de grâce et de vérité.

Les Juifs crurent-ils en lui?

Non, pour la plupart : un esprit d'orgueil et d'envie s'empara de leur esprit, ils s'opposèrent à lui, ils le contredirent, ils le rejetèrent. Ces hommes charnels voulaient uu Messie belliqueux qui les délivrât des Romains, et non de leurs péchés ; qui leur donnât des biens temporels, et non des grâces spirituelles ; qui les fît régner sur la terre, et non sur eux-mêmes. Leur vue grossière n'alla pas plus loin qu'à une félicité temporelle, qu'à se promettre un héros, c'est-àdire un homme de sang et de carnage, un ravageur de provinces, qui les vengeât de leurs ennemis et les exterminât. Ils ne comprirent pas qu'il était de ce Messie si promis de réparer l'univers, de délivrer le genre humain de la honteuse servitude duj diable et du péché sous laquelle il gémissait; de le racheter de la mort et de l'enfer ; de le rétablir dans sa première dignité; de le réconcilier avec Dieu; de lui rouvrir le paradis, et de lui redonner celte gloire perdue pour laquelle il avait été formé ; car c'est en cela que consiste toute l'économie du salut.

L'humilité du Fils de Dieu rebuta ces superbes enfants d'Adam; ils ne purent souffrir ses corrections et ses reproches, entin ils se portèrent à cet horrible excès que de le faire mourir; et ce fut ainsi qu'après l'avoir attendu si longtemps sous le nom de Messie et de Christ, ils le méconnurent quand il vint : tant il faut être détrompé des fausses grandeurs humaines, pour connaître les véritables grandeurs de l'Homme- Dieu sous ses apparentes bassesses.

L'attendent-ils encore?

Oui, tant ils sont aveugles.

Art. IV. — A souffert sous Ponce Pilate , a été crucifié, mort et enseveli.

Pourquoi sous Ponce Pilate (17)?

Atin, 1° d'autoriser davantage le récit de la Passion , par l'expression du nom du juge, et par la conformité de l'Histoire sainte à la profane ; 2° de faire voir l'innocence de Jésus par la déclaration de celui même qui le condamna ; 3° et qu'étant mort par le ministère des païens,*aussi bien que des Juifs, il voulut néanmoins être le Sauveur ùes uns et des autres; h" de figurer les premières persécutions du corps mystique du Fils deDieu par les païens, exercées d'abord contre son naturel.

Qu'est-ce que Jésus-Christ souffrit pendant sa vie ?

1° Les misères de notre mortalité , dont il s'était voulu revêtir, la faim, la soif, la lassitude, le froid, le chaud, etc.; 2° comme il eut l'usage de raison du moment de sa con-

ception, les!incommodilés de l'enfance lui furent plus pénibles, plus mortifiantes et plus humiliantes ; 3° l'état de pauvreté dans lequel il voulut naître et vivre, l'exposa à toutes les incommodités de cette condition; k° la dureté et l'incrédulité des Juifs avec lesquels il vivait, l'alfligèrent beaucoup; 5e la vue de sa mort douloureuse qu'il prévoyait, lui fut un grand et continuel tourment.

Jésus-Christ ne jouissait -il pas sur la terre de la béatitude ?

Oui, il vit l'essence divine dès le moment de sa conception, même de sa passion.

Comment donc pouvait-il souffrir ?

Quant à la partie intérieure, qui ne reçut alors aucune consolation de la partie supérieure, comme elle ne lui pouvait donner aucune affliction, ce fut deux hémisphères différents, l'un éclairé, l'autre ténébreux.

Pourquoi voulut-il souffrir ?

Afin, 1° de réparer l'injure que le péché avait faite à Dieu ; 2° de satisfaire pour nos crimes; 3° de nous délivrer de la tyrannie du diable et du péché; k° de nous réconcilier avec son père ; 5° de nous mériter la gloire éternelle ; 6° de nous donner exemple, et de nous obtenir la grâce de la patience et l'amour de la croix.

Que souffrii-il en sa passion?

1° Des tourments épouvantables en son corps; 2° des peines incompréhensibles en son esprit; 3" une mort cruelle et ignominieuse.

Pourquoi souffrit-il tout cela ?

Afin, 1° de nous racheter du supplice des enfers que nous avions mérité ; 2° de montrer combien il nous aimait ; 3° de nous donner plus d'éloignement du péché expié par l'effusion d'un sang si précieux; kv de nous être un modèle achevé de toutes les vertus les plus héroïques ; 5" d'attirer grâce sur nos souffrances ; G° d'exciter davantage notre reconnaissance et notre amour; 7° de montrer la grandeur des biens qu'il nous procurait, et des maux dont il nous délivrait; 8° et de nous porter à la conservation du salut avec d'autant plus de soin, qu'il lui a coûté plus de peine ; 9° de relever la dignité de la nature humaine, faisant vaincre le démon à l'homme, et nous faisant recouvrer la vie par la mort.

Pourquoi en l'arbre de la croix ?

Afin, 1° de réparer le péché que nos premiers parents commirent, mangeant du fruit de l'arbre défendu ; 2° d'en être la victime et le contre-poison; 3° et un véritable fruit de vie; k" et un modèle de vertu exposé à tous les hommes ; 5° d'attirer tout à lui; 6° de nous mériter la mort spirituelle, nous détachant et séparant de toutes les choses terrestres et basses ; 7" de témoigner par ses bras étendus, son amour pour le genre humain qu'il appelait à lui ; 8° d'accomplir ce qu'avaient figuré Noé porté par l'arche. qui sauva le monde; Jaeob croisant ses bras et bénissant ses enfants, Moïse par sa verge délivrant le peuple de Dieu, et par une pus -

;17) ronce Pila'c clail gouverneur de la Julce pour !es Ronajas.

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ture crucifiée, lui obtenant la victoire sur les Auialécites ; le serpent élevé au désert, à l'aspect duquel on était guéri, etc. (18).

Qui rendit sa passion pleinement satisfactoire?

1° La grandeur de la charité avec laquelle il souffrit pour nous ; elle était sans bornes; 2° la dignité du prix qu'il offrait , c'était sa vie propre d'une valeur infinie ; 3° l'universalité des peines qu'il acceptait, elles étaient immenses.

Pourquoi voulut-il mourir ?

Afin, 1° de subir la peine imposée au péché ; 2° de montrer qu'il était homme ; 3° de nous consoler de notre mort en vue de la sienne; k° de nous être une figure de la mort à la sensualité, qu'il nous a méritée par sa mort corporelle; 5° d'exciter notre espérance par sa résurrection'; 6° de faire voir qu'il avait vaincu la mort, en lui faisant lâcher prise, quand il sortit du tombeau.

Où mit-on son corps quand on l'eut détaché de la croix ?

Dans un sépulcre neuf et emprunté, et après l'avoir embaumé?

Pourquoi neuf?

La Providence l'ordonna ainsi , 1* par respect pour sa personne; 2° et afin qu'on ne crût pas qu'un autre que lui fût ressuscité ; 3° et qu'il fût une figure du sein virginal de Marie, qui l'avait premièrement enserré; 4° et de la vie nouvelle de ceux qui sont morts en Jésus-Christ.

Pourquoi emprunté?

1° Un sépulcre en propre ne convenait pas à l'auteur de la vie; 2° il n'y devaitdemeurer que peu d'heures, et comme en dépôt ; 3° il mourait pour autrui ; 4° il voulait faire éclater la pauvreté à sa mort, aussi bien qu'à sa naissance ; 5° et condamner la singularité et la vanité de nos mausolées , que nous comptons entre les prospérités humaines.

Pourquoi fut-il embaumé?

Pour figurer que c'est par la myrrhe de la pénitence , et la bonne odeur des vertus, que Jésus -Christ demeure incorruptible dans notre cœur.

Son corps se corrompit-il dans le sépulcre ?

Non, la divinité, source de toute incorruption, y fut toujours unie, et sa mort devait être imputée à sa seule volonté, et ne se sentir en rien de l'infirmité naturelle. D'nù vient que prédisant sa mort, il disait toujours que les Juifs le tueraient, et non qu'il trépasserait; l'un marquant une mort violente, l'autre une mort naturelle : aussi le Symbole ajoute-t-il, que le Fils de Dieu est descendu aux enfers, parce que l'âme de Jésus-Clirisl, à laquelle le Verbe était personnellement uni, y descendit ; tant celte union du Verbe à l'âme et au corps même séparé, était étroite, et par conséquent le corps éloigné de toute corruption.

Pourquoi cette sépulture ?

Afin, l* de donner une preuve plus incontestable de sa mort; 2° de servir par sa ré-

(18) C'était aussi pour accomplir les prophéties qui annonçaient le génie de sa mort et sou

surrection d'espérance aux défunts ; 3° de signifier plus parfaitement notre mort totale au péché ; 4° d'attirer bénédiction sur cette œuvre de miséricorde ; 5° et sur les amateurs de la vie cachée, qui devaient avoir dévotion à ce mystère.

Où était ce sépulcre ?

Dans un jardin , pour une plus visible réparation du péché d'Adam.

Comment était-il construit?

Il était taillé avec le ciseau dans un roc, Jésus par ce mystère d'amour devant briser la dureté du cœur des gentils jusqu'alors impénétrable, et y établir sa demeure ; 2° et rendre durable à toute la postérité son tombeau ; 3° faire ainsi des instruments de son supplice la gloire des pécheurs, dit saint Hilaire.

Art. V. — Est descendu aux enfers, et le troisièm&jour est ressuscité des morts.

Ces deux vérités ne contiennent-elles pas deux spéciales difficultés à croire, et par conséquent ne devraient-elles pas faire deux articles différents ?

Non, car qui croit que Jésus-Christ descendit aux enfers par sa propre vertu, et pour triompher de la mort , n'a pas une nouvelle peine à croire qu'il ressuscita, l'un est une suite naturelle de l'autre.

Est descendu aux enfers.

Où alla l'âme bienheureuse de Jésus-Christ après qu'elle se fut séparée de son corps ?

Elle descendit aux enfers, sous quoi sont compris; 1° les limbes, d'où il retira les âmes des saints Pères qui l'attendaient depuis tant de siècles; 2° le purgatoire, d'où, sans Idoute il délivra beaucoup d'âmes de leurs peines, et consola les autres ; 3° il visita et fit aussi sentir sa vertu et son autorité aux limbes, où sont les âmes de ceux qui meurent avec le seul péché originel; 4" il fit trembler et frémir l'enfer, où sont les démons et les damnés, semblable à un juge souverain qui visite les prisons et les cachots. En effet, la manière dont Jésus-Christ y descendit, est bien différente de celle dont les autres hommes y descendaient.

En quoi parait celle différence ?

Ceux-ci y descendaient, 1° comme des criminels qui vont en prison ; 2° comme des esclaves de la mort et du démon ; 3° comme des malheureux condamnés 'aux supplices éternels; 4° ou tout au moins comme des exilés qui devaient longtemps soupirer après leur délivrance, et gémir en ces lieux affreux dans l'attente du Rédempteur. Mais Jésus-Christ y descendit , 1° en vainqueur et en maître, qui venait dompter la mort, le péché et le démon, jusque dans leur fort, et enlever leur proie; 2° en libérateur, quijvenait délivrer ceux qui y étaient détenus,; et les emmener avec lui; 3° en glorificateur, qui venait de l'enfer en faire un paradis pour les âmes qui l'attendaienL

règne par le bois, après avoir été mis au rang des scélérats et puni de leur supplice.

Pourquoi Jésus- Christ alla-t-il en ces lieux ?

Afin, 1° de subir cette peine due à nos péchés ; 2° de nous' mériter la grâce de n'y tomber pas; 3° de prendre possession de toute créature, et qu'ayant en main les clefs de la vie et de la mort, tout genou fléchît devant lui au ciel, en terre et aux enfers, et reconnût sa puissance, et qu'on sût qu'il était également Seigneur des vivants et des morts.

Comment fit-il éclater sa puissance sur la terre?

En y opérant un nombre infini de merveilles et de prodiges.

Comment dans les enfers ?

En dépouillant le démon de sa proie, et lui ravissant ceux qu'il détenait captifs; semblable à un juge qui va retirer d'une caverne le butin des voleurs.

Comment dans le ciel?

En y introduisant la nature humaine, et l'élevant à la droite du Père, et ainsi faisant sentir et respecter son pouvoir et son autorité dans ces trois Jieux.

Le troisième jour est ressus-cilé des morts.

Combien Jésus- Christ demeura- t-il dans le tombeau ?

Deux nuits entières et un jour parfait ; ce qui figure que nous ayant délivré de la mort du corps et de l'âme, de la coulpe et de la peine du péché, il nous méritait le grand jour de l'éternité et la nouveauté de la grâce et de la gloire, dit saint Thomas.

Pourquoi ne voulut-il ressusciter que le troisième jour?

1° Il ne devait rester aucun doute de la vérité de sa mort, ni par conséquent de sa résurrection. 2° Nous ne sommes délivrés du péché et ne recevons la nouvelle vie que par la foi de la Trinité ; principe et source de cette douille grâce et de ce double mystère, lequel par conséquent en devait porter la marque visible, comme le principal de ses ouvrages. 3° Ce n'était ni dans l'état de nature ni de la Loi que la vie devait êlre réparée, mais dans le temps de grâce et au jour de l'Evangile. 4" Il ne fallait pas un terme plus long à notre espérance qui languit par le retardement, ni au triomphe de la résurrection anticipée; arrhe certaine de la nôtre, remise à la fin du monde, et de notre bonheur parfait, jusqu'alors différé.

Quand ressuscita-t-il?

Le dimanche de Pâques au matin (19), auquel jour, lors de la création de l'univers, la lumière fut faite, pour signifier qu'il nous ramenait la lumière de la grâce ; aurore de la gloire, ainsi que par sa mort arrivée au soir, il avait figuré les ténèbres du péché qui couvraient la terre, et la unit éternelle qu'il causerait par sa retraite aux réprouvés.

(19) On peut remarquer ici la coïncidence merveilleuse de la résurrection du Sauveur, avec le jour de Pâques, anniversaire du passage d* la justice de Dieu et de la délivrance du peuple juif.

(80) On peut ajouter à ci*s mo.il's que le Sauveur

Jour, le roi des jours, dit un Père, plus heureux que celui de la création ou de l'ancien sabbat, auquel l'homme reçut une vie humaine et un repos temporel.

Comment ressuscila-t-il ?

Son âme bienheureuse, retournant triomphante des enfers, semblable à la colombe portant le rameau de notre réconciliation, se réunit à son corps, qui sortit du sépulcre ainsi que le phénix de ses cendres et le soleil d'un nuage, faisant voir par sa résurrection le premier modèle de la vie réparée, ainsi qu'Adam par sa mort avait fait voir le premier exemple de la vie éteinte.

Comment sortit-il du sépulcre?

Son corps glorieux traversa la pierre qui le fermait, comme le rayon du soleil traverse le cristal sans le rompre.

Pourquoi ressuscila-t-il avec un corps glorieux?

1° La résurrection du Sauveur devait être l'exemplaire de la nôtre. 2° Ce mystère le demandait comme opposé aux ombres de sa mort. 3° Rien n'empêchait que son âme ne communiquât sa gloire au corps, n'ayant plus à converser d'une façon humaine et naturelle avec les hommes, quoique dans ses apparitions aux apôtres il en ait caché l'éclat extérieur. V L'œuvre de notre réparation, digne fruit de ses souffrances, était entièrement consommée. 5° Devenu impassible, il voulait montrer avec quelle usure il réparait la gloire du premier homme capable de péché, de souffrance et de mort, et à quelle société de bonheur il nous appelait (20).

Pourquoi avec ses plaies?

1" En signe qu'il avait surmonté la mort ; 2U afin d'affermir la foi de sa résurrection dans le cœur des apôtres; 3° et la confiance dans celui des pécheurs, voyant combien elle est solidement fondée ; 4° et d'apaiser sans cesse la justice divine par un tel objet; 5° et de confondre au jour du jugement les pécheurs qui, ayant ouvert eux-mêmes les portes de la vie, n'y ont pas entré.

Comment prouva-t-il la vérité de sa résurrection ?

1° Faisant voir en lui la même substance et la même chair visible, palpable, sensible ; 2° exerçant les mêmes fonctions et actions humaines et naturelles , parlant, marchant, mangeant, non par nécessité, n'y ayant plus de déperdition de chaleur et d'esprits, mais en preuve qu'il avait le même corps, et les mêmes organes, qu'il était le même homme; 3° se portant pour la même personne, comme il était en effet , disant : « C'est moi qui ai vécu avec vous : je suis le même, etc.; » k° se rendant visible et invisible quand il voulait, traversant Jcs pierres et les murs, s'élevant au ciel, etc., et montrant en lui les dons et qualités des corps ressuscites : l'impassibilité, la subtilité, l'agilité, etc. ; 5°

a voulu nous donner, dans sa personne, un gage et un signe de la résurrection qu'il nous a promise, et nous offrir le modèle de la résurrection spirituelle que nous devons opérer en i ous sur la terre.

CATECHISME DE BOURGES. —PART

éclairant l'esprit de ses disciples, et le leur ouvrant pour y répandre ses lumières, et leur faire comprendre les prophéties de sa résurrection; ajoutant les preuves intellectuelles aux sensibles, et la clarté intérieure à l'extérieure ; 6° les infidèles croient la mort de Jésus-Christ, sa résurrection et la foi -1" Chrétiens.

Personne avant Jésus- Christ notait -il ressuscité ?

Des prophètes, dans l'Ancien Testament, avaient redonné la vie à des défunts, et Notre-Seigneur, dans l'Evangile, avait ressuscité des morts , particulièrement Lazare, mais nul n'avait ressuscité comme Jésus-Christ ; car les autres avaient ressuscité par une vertu étrangère, pour mener une vie misérable, et enfin pour mourir une seconde fois : et Jésus-Christ se ressuscita lui-même par sa propre vertu, pour jouir d'une vie glorieuse, et pour ne [dus mourir.

Comment Jésus-Christ est-il le premier-né des morts ?

11 est, 1" le premier dans l'ordre des temps qui fut ressuscité pour toujours; 2* la cause méritoire de la résurrection de tout le monde; 3U la gloire de sa résurrection n'aura jamais d'égale.

Art. VI. — Est monté aux cieux, est assis à ta droite du Père tout- puissant.

Comment Jésus-Christ monla-t-il au ciel ?

Par sa propre vertu, sans laquelle même nul n'y montera jamais, et s'il n'est membre uni et vivant de ce divin Chef, qui par sa mort a mérité sa résurrection à la vie, et par sa descente aux enfers son ascension à la gloire, recevant exaltation pour humiliation. Cependant quoiqu'en tant que Dieu il soit partout, on peut néanmoins aussi bien dire qu'il y est monté, comme on dit qu'il en est descendu , à cause des nouveaux effets qu'il y a produits, et de la manière spéciale dont ces merveilles s'y sont opérées.

A quelle heure y monla-t-il ?

Notre-Seigneur est né à minuit, mort sur le soir, ressuscité le matin, monté au ciel à midi, et a ainsi consacré par les mystères de sa vie, toutes les heures de la nôtre, comme les saints Pères l'ont souvent observé.

Demeura-t-il longtemps à s'élever au ciel ?

Quoiqu'il y ait une distance presque infinie de la terre au ciel, et qu'il fallût des siècles entiers à un rocher pour tomber du ciel en terre, tant il y a loin, cependant Notre-Seigneur s'y éleva presqu'eu un moment.

En quel ciel s'arréta-t-il ?

Il monta au plus haut des cieux, dans ce lieu sublime et élevé, où Dieu manifestesa gloire aux esprits bienheureux, et où il tient sa cour céleste; nid abaissement n'a été plus profond que celui de sa passion, nulle élévation ne sera plus haute que celle de son ascension.

Où se plaç.a-t-il dans le ciel ?

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