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SUPPLEMENT AU CATECIL DE BOURGES. - INSTRUCT. SUR LES FETES

si effectif et si réel , que par de vaines pensées , et par des sentiments inutiles. Nous nous vantons de l'aimer, et nous ne pouvons rien endurer pour lui. Ou cessons de dire que nous aimons Dieu, ou commençons de souffrir pour son amour.

Quelle est la seconde raison ?

Pour nous donner l'exemple d'une obéissance parfaite et consommée, en se soumettant à une loi si rude à laquelle il n'était pas sujet.

A quoi cela nous engage-t-il?

A être plus soumis aux ordres de la providence de Dieu, aux lois de l'Eglise, aux volontés de nos parents et supérieurs, quelque peine et quelque répugnance que notre méchante nature y trouve. 0 Jésus! victime d'obéissance, rendez-nous obéissants.

Quelle est la troisième raison ?

Ce fut par un sentiment d'humilité, ayant bien voulu non-seulement se faire homme, mais encore paraître pécheur pour l'amour de l'homme. Quel plus grand amour de Jésus-Christ pour les pécheurs , que de se revêtir de leurs livrées, et se rendre en apparence semblable à eux! Quelle plus grande humiliation pour Jésus-Christ 1

Quel sentiment cela donne t-il ?

Une profonde admiration de l'humilité de Jésus-Christ, et une extrême confusion de notre orgueil ; nous sommes tous pleins de péchés, et nous voulons paraître saints; nous ne pouvons souffrir qu'on témoigne faire peu de cas de notre vertu, et nous mériterions d'être sous les pieds de tout le monde.

Quelle est la quatrième raision ?

Ce fut afin de pratiquer un acte excellent de pénitence et de mortification, souffrant dans ce mystère douloureux la peine et la confusion due au péché ; à peine est-il né, que le voilà dans la souffrance : tels sont l'admirable instruction et l'exemple édifiant qu'il nous donne aujourd'hui.

La peine de la circoncision était-elle rude ?

Sans doute, et elle causait une douleur si grande, que bien des enfants en mouraient, et que l'Ecriture sainte, qui n'exagère point, la nomme une douleur et une blessure trèsgrièves; cependant c'est ce que Jésus-Christ a voulu souffrir pour l'amour de nous : et comme son corps était imcomparableraent plus délicat que celui des autres enfants, et qu'il avait l'usage parfait de la raison et de son imagination, il est certain qu'il souffrit extrêmement.

Quel sentiment cela doit-il nous donner?

Une tendre compassion de Jésus déjà souffrant, un grand regret de ce que nos péchés sont cause de ses souffrances," un désir de faire pénitence et de profiter d'un si grand exemple. Le coupable est à son aise, et l'innocent endure. Jésus prend l'amertume et nous laisse la douceur. Il se soumet à la circoncision et ne nous oblige qu'au baptême ?

Quelle est la cinquième raison pour laquelle Jésus-Christ voulut être circoncis.'

Pour nous témoigner son zèle cl sa cha-

rité , c'est-à-dire l'ardeur immense qu'il avait de répandre son sang pour nous; à peine est-il né, qu'il commence à faire l'office de Rédempteur, qu'il satisfait déjà pour le péché des hommes : à peine son sang est-il formé dans ses veines, qu'il l'épanché pour eux sur la terre. De plus, c'est que Jésus mourait d'impatience, pour ainsi dire, de réparer l'honneur de son Père, que le péché avait voulu lui ravir, il commence donc dès qu'il est au monde à travailler à ce haut dessein, et à offrir son sang pour la gloire de son Père : et le jour même qu'il reçoit le nom de Jésus, c'est-à-dire de Sauveur, il en fait l'office, il en remplit l'obligation, il acquiert ce nom au prix de son sang.

Qu'est-ce que cela nous apprend?

Combien Jésus a été fidèle à s'acquitter de l'office de Rédempteur, dont il s'était chargé; combien le péché fait d'outrage à Dieu, puisqu'il demande une telle réparation ; combien nous sommes lâches de laisser tout faire à Jésus, et de ne pas l'imiter, punissant en nous le péché et réparant l'injure que nous avons faite à Dieu.

Jésus pratique donc de grandes vertus dans le mystère de la circoncision?

Oui , Jésus y pratique d'une manière excellente une obéissance parfaite, une humilité profonde, une mortificatiou très-douloureuse, un zèle très-ardent. O Jésus obéissant, humble et mortifié ! ô Jésus plein de zèle, de religion et de charité, puisque vous nous donnez de si merveilleux exemples, faitesnous la grâce de les imiter.

Quel profil devons-nous tirer du mystère de la circoncision ?

Celui de mourir au vieil homme, ou de ne vivre plus selon la chair, et de mortifier nos passions déréglées ; car si l'on faisait la circoncision sur la chair, c'est pour nous faire comprendre que nous devons circoncire notre cœur, retrancher nos convoitises et les appétits désordonnés de notre nature corrompue.

Qu'est-ce que cette concupiscence à laquelle nous devons mourir?

C'est cette inclination malheureuse que nous avons hérité de notre premier père, qui nous porte au mal, à satisfaire notre sensualité, à vivre d'une vie animale, semblable à celle des bêtes, qui ne cherchent rien que le bien sensible et charnel.

Quelles sont les principales branches de la concupiscence ?

Il y en a trois, savoir : l'amour des biens, l'amour des plaisirs, l'amour des honneurs; c'est-à-dire l'avarice, la sensualité, l'orgueil. Voilà ce qui damne tous les pécheurs et qui les soumet à la tyrannie du diable, et qui remplit l'enfer : c'est à quoi il faut renoncer, c'est la grâce de la circoncision qu'il faut demandera Dieu, c'est la leçon que Notre- Seigneur nous fait aujourd'hui, c'est l'exemple qu'il nous donne, c'est la grâce qu'il nous mérite, c'est en quoi il montre qu'il est véritablement notre Jésus, ou notre Sauveur.

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Comment Jésus nous a-t-il délivrés de la tyrannie du démon?

C'est que par le péché du premier homme, nous étions devenus les esclaves du diable, les enfants du diable, et les adorateurs du diable, sur lesquels il exerçait une insupportable tyrannie.

Ce que vous dites là est horrible ?

Sans doute, mais il n'en est pas moins vrai, étant très-certain qu'avant la venue de Jésus, notre divin Libérateur, nous étions plongés dans les ténèbres de l'idolâtrie, et sans le savoir, nous reconnaissions le diable pour notre roi, pour notre père et pour notre dieu. Quel effroyable aveuglement , quel étrange malheur d'être les esclaves du diable, les enfants du diable et les adorateurs du dia ble ! C'est néanmoins ce que nous étions, et ce que nous serions, si Jésus ne nous eût pas délivrés decettedure etabominable captivité, sous laquelle toute la nature humaine gémissait comme un esclave dans les chaînes depuis tant de siècles.

Quelle vue donne cette considération ?

Elle nous découvre l'aveuglement des hommes, qui, étant une fois délivrés d'un tel esclavage, va de nouveau se souaiettre à un tel tyran que le diable, et se faire une seconde fois son esclave, son enfant et son adorateur. Quelle folie, quelle ingratitude, quel ensorcellement 1

Comment cela peut -il arriver?

Quand on commet un péché mortel, car alors nous devenons sous la puissance du diable, comme nous étions auparavant*.

Comment Jésus-Christ nous a-t-il délivrés de l'esclavage du péché?

En répandant sou sang pour l'amour de nous ; car le péché nous rendait débiteurs envers la justice divine, et nous étions absolument dans l'impuissance de nous acquitter de cette dette; mais Jésus-Christ a satisfait pour nous, et nous a délivrés par son infinie charité, l'innocent a payé pour le coupable , le juste pour le pécheur, Dieu pour l'homme.

Comment nous a-t-il encore délivrés du péché ?

En nous donnant sa grâce intérieure, c'està-dire une force et une vertu secrètes, qui rompent les liens dont nos vieilles et méchantes habitudes nous tenaient enchaînés, qui nous fait briser noschaînesetnous met en liberté, qui nousen garantit et nous les fait éviter quand nous en sommes libres; car enfin, s'il y a quelqu'un dans l'Eglise qui soit exempt de péché, c'est grâce à Jésus-Christ.

Qu'est-ce qui nous fait haïr le vice et aimer la vertu ?

C'est Jésus-Christ, c'est sa grâce, c'est la vertu de son sang ; sans lui je serais le plus méchant des hommes, et personne ne serait sans crime et sans péché. Sans Jésus toute la terre gémirait sous l'infâme et honteuse servitude du vice : grâce donc à cet Agneau immaculé, qui a ôté le péché du monde.

Comment Jésus-Christ nous a-t il délivrés des peines de l'enfer ?

„v En nous donnant le moyen de n'y tomber

DE DE L.\ CHETARblE.

pas , car après le péché de notre premier père, tout le genre humain était condamné aux flammes éternelles, et si Jésus-Christ ne fût venu, nous y serions tous malheureusement tombés. C'est donc Jésus qui a apaisé la colère de Dieu. C'est lui qui a désarmé sa justice. C'est Jésus qui a fermé le puits de l'enfer, qui a enchaîné le diable, lequel nous y enchaînait. C'est Jésus qui nous a ouvert le ciel, qui était fermé, et qui en a brisé les portes, y entrant lui-même, et le laissant ouvert à ceux qui ont le courage de l'imiter et de le suivre.

Quelle autre considération édifiante pouvezvous me donner aujourd'hui?

On peut utilement s'occuper en ce jour de la brièveté de la vie de l'homme, puisque nous voilà arrivés à la fin d'une année et au commencement d'une autre ; car il est tout à fait important de faire réflexion sur sa vie, de peur qu'elle ne s'écoule insensiblement et inutilement, et que la mort n'arrive sans avoir encore pensé que nous sommes en vie.

Quelles sont ces pensées utiles dont je puis m entretenir aujourd'hui ?

Vous pouvez considérer les années que vous avez vécu jusqu'à présent, et vous verrez premièrement combien peu dure la vie, combien elle passe vite, combien nos années s'écoulent promptement. Tout s'en va avec une étrange rapidité, le temps passe, les choses passent, et nous passons avec le temps et avec les choses, et nous n'y pensons pas. Peut-être que l'année que nous allons commencer sera la dernière de notre vie, et nous ne nous y préparons pas.

Que considérerai-je encore ?

Vous pouvez faire ces réflexions : qu'estce qui me reste de tous les plaisirs, de toutes les vanités et de tous les divertissements passés ! Tout cela s'est s'évanoui comme une ombre, et s'est envolé comme un songe ; n'est-ce donc pas une grande folie de hasarder son Dieu, son salut, son éternité, pour des choses si vaines, si passagères, si fragiles, si caduques et si périssables?

Que devons-nous faire pour bien finir cette année, et pour bien commencer l'autre?

1° Examiner notre conscience sur les péchés que nous avons commis cette année, et sur l'abus que nous avons fait des grâces de Dieu, et lui en demander très-humblement pardon; 2° le remercier de tous les bienfaits et de tous les secours que nous avons reçus de sa main libérale et de tous les dangers dont il lui a plu de nous garantir; 3° nous résoudre à mieux servir Dieu l'année prochaine et la lui offrir par avance, lui consacrant dès le premier jour toutes nos pensées, toutes nos paroles et toutes nos actions, en renonçant à toutes les offenses où nous pourrions nous laissez aller dans la suite.

INSTRUCTION [111

sur l'Epiphanie.

Quels sentiments ce mystère doit il opérer dans nos âmes ?

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