‹ Œuvres completesChapitre 146 sur 296 · SUPPLEMENT AL' CATECIL DE BOURGES. — 1NSTRUCT. SUR LES FETES · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT AL' CATECIL DE BOURGES. — 1NSTRUCT. SUR LES FETES

Il nous doit imprimer trois sentiments religieux. Le premier est d'admiration de la bonté et de la charité de Dieu, qui nous a appelés à lui, lorsque nous étions plongés dans les ténèbres de l'idolâtrie, que nous étions indignes de sa grâce, que nous l'avions entièrement oublié, que nous n'avions aucun mérite, ni aucune verlu, ni rien qui pût du tout l'obliger à nous regarder d'un œil propice. O pro lige de miséricorde I O bonté incompréhensible ! O direction inouïe !

Quel est le second?

C'est un sentiment de joie de voir que Dieu nous appelle à sa connaissance, qu'il nous ouvre les voies du salut et la porte du eiel, qu'il nous appelle à la foi et à la gloire dont nous étions déchus et exclus. Réjouissons-nous de ce que Dieu a pensé à nous, de ce qu'il est venu à notre rencontre, de ce qu'il nous a apparu. Réjouissons-nous, mais saintement, mais spirituellement, mais religieusement, mais en Dieu. Imitons les premiers Chréliens, qui se laissèrent aller à des transports incroyables de joie, lorsque les Juifs refusant opiniâtrement d'ouvrir les yeux aux lumières de l'Eyangile, lesapôires leur annoncèrent qu'ils allaient appeler à la foi des gentils, et qu'ils en avaient reçu l'ordre de Dieu. Pour lors les nations firent éclater leur joie et leur satisfaction infinie. Entrons dans cet esprit, Dieu nous appelle à sa connaissance et à son amour. Ah ! quel sujet de consolation 1 Hâtons-nous de profiter d'une si grande grâce.

Quel est le troisième sentiment ?

C'est un sentiment de crainte et de terreur, car si les Juifs ont été rejetés et réprouvés, parce qu'ils n'ont pas fait un bon usage des lumières de la foi, tremblons et frémissons, voyant combien nous sommes indignes de cette grâce, combien nous en abusons, combien nous y résistons, combien notre vie est opposée à la sainteté de notre religion. Appréhendons, que si Dieu n'a p;is pardonné aux Juifs si chéris de lui, et qui étaient les enfants de la maison, parce qu'ils n'ont pas correspondu à ses desseins, qu'ils ont été superbes, rebelles et opiniâtres, il ne nous rejette par les mêmes raisons, nous, qui nesommes que des enfants adoptés; ainsi opérons notre salut avec crainte et tremblement.

Quel ordre est-ce que Dieu garda dans la manifestation de la naissance de son Fils ?

1° Il la manifesta aux anges, qui, ayant les premiers dans le ciel connu en esprit, et adoré Jésus-Christ dès le commencement du monde, le vinrent derechef reconnaître et adorer de nouveau dans la crèche ; 2° aux pasteurs, qui représentaient les patriarches de l'ancienne Loi, qui avaient cru et espéré en Jésus-Christ plusieurs siècles avant sa venue, et qui avaient mené une vie champêtre et pastorale ; 3" aux docteurs de la Loi et aux Juifs de Jérusalem, par le moyen des Ecritures et des prophéties auxquelles ils croyaient et dans lesquelles ils trouvèrent

que Jésus-Christ devait naître enRethléem; 4° aux gentils, par le moyen de la foi figurée par l'étoile. Il la manifesta pour la seconde fois aux Juifs en la personne de saint Siméon et d'Anne la prophétesse, par une inspiration secrète du Saint-Esprit; de sorte que toute sorle d'âge, de sexe et de conditions, et les éléments mêmes, la terre et le ciel, les anges et les hommes ont manifesté à l'envi la naissance de Jésus-Christ. C'est donc à bon droit que celte fête s'appelle Epiphanie ou manifestation.

INSTRUCTION IV

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