Etcantabant canticum novum. dicentes
Dignus es, Domine, accipere librum, et aperire signacula ejus : quoniam occisus es, et redemisti nos Deo in sanguine tuo ex omni tribu, et lingua, et populo et natione.
10. Et fecisti nos Deo nostro regnum, et sacerdotes, el rcgnabimus super terrain.
11. Et vidi, et audivi vocem angelorum multorum in circuitu tlironi; et animalium, et seniorum : et eral numerus eorum millia millium,
12. Dicenlinm voce -magna : Dignus est Agnus, qui occisus est, accipere virtutem et divinitalem, et sapientiam, et fortilud/nem, el honorerai, et gloriam, et benediclionem.
13. Et omnem creaturam , quœ in cœlo est, el super terram, et subtus terra, et quœ sunt in mari, et quœ in eo : omnes audivi dicentes: Sedenti in tlirono, et Agno, benediclio, et lionor, et gloria, et potcstas in sœcula sœculoruiu.
1. Et je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône, un livre écrit dedans et dehors, scellé de sept sceaux.
2. Et je vis un ange fort, qui criait à haute voix : Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les sceaux?
3. Mais il n'y avait personne ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, qui pût ouvrir, ni regarder même le livre.
k. De sorte que je pleurais extrêmement, de ce qu'il ne se trouvait personne qui lût digne d'ouvrir le livre, ni de le regarder.
5. Mais un des vieillards me dit : Ne pleurez point, sachez que le lion de la tribu de Juda, celui qui est sorti de la racine de David a vaincu , et qu'il ouvrira le livre, et en rompra les sept sceaux.
6. Aussitôt je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards, l'Agneau comme égorgé, ayant sept cornes et sept yeux, qui sonl les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.
7. Et il vint, et il reçut le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.
8. Après qu'il eut ouvert le livre , les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'Agneau , ayant chacun des harpes el des vases d'or pleins de parfums, qui sont les prières des saints.
9. Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Seigneur, vous êtes digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux : parce que tous avez souffert la mort, et que vous nous avez rachetés pour Dieu par votre sang, de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute natioti.
10. Et nous avez fails rois et prêtres pour noire Dieu, et que nous régnerons sur la terre.
11. Je vis aussi autour du trône, et des animaux et des vieillards, plusieurs anges, dont le nombre était des millions de millions, et j'entendis
12. Qu'ils disaient h haute voix : L'Agneau qui a été tué est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la bénédiction.
13. Et j'entendis toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer et dans la mer, qui disaient toutes : A celui qui est assis sur le trône, et à l'xVgneau, bénédiction, honneur, gloire et puissance aux siècles des siècles.
14. Et les quatre animaux disaient, amen : et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent, et adorèrent celui qui est vivant dans les siècles des siècles.
L'APOCALYPSE EXPLIQUEE. 702
14. Et quatuor animalia dicebant : Amen : et viginti quatuor seniores ceciderunt in faciès suas : et adoraverunt viventem iu sœcula sœculoruin.
EXPLICATION
1. Et je vis dans la main droite de celui qui e'tait assis sur le trône, un livre écrit dedans et dehors scellé de sept sceaux. C'est le livre où sont contenues les révélations de ce qui doit arriver jusqu'à la consommation des siècles, et qui sera ouvert à saint Jean. C'est le livre du destin de l'univers. Il est scellé de sept sceaux: signatum sigillis septem, parce qu'il a plu à la divine Providence, que comme le monde avait été fait en six jours , au dernier desquels l'homme avait été formé, et que Dieu s'était reposé le septième; et que, comme les temps qui ont précédé l'Incarnation , ont été divisés en six âges, à chacun desquels il y a une nouvelle alliance de Dieu avec les hommes , et une rénovation de son culte : le premier sous Noé, le second sous Abraham, le troisième sous Moïse, le quatrième sous Salomon, le cinquième sous Zorobabel, le sixième sous Jésus-Christ, au jour duquel l'homme a été réparé, le septième à la fin du monde visible, lors duàroyaurne de Dieu, qui sera le grand jour du repos; ainsi cette même Sagesse divine a voulu partager les temps de l'Eglise par six changements remarquables ; chacun desquels sera manifesté par l'ouverture d'un des six sceaux de ce livre fermé, et lors de l'ouverture du septième tout sera consommé, ainsi qu'il est écrit ci-après : Apocalypsis sancti Joamiis in qua bella et incendia inteslina Ecclesiœ suœ Deus verbis figurisque revelare dignatus est , septem videtur esse divisa periochis (Beda, Prolog, in Apoc.)\ car, comme tous les temps ne sont qu'une révolution de sept jours, c'est avec raison que par le nombre septénaire tous les temps sont désignés , dit saint Grégoire le Grand dans son homélie trente-troisième sur les Evangiles, faisant allusion aux six jours de la semaine et au dimanche, qui fait le septième , et qui est le jour du repos. Quia septem diebus omne tempus comprehenditur, recte septenario numéro universilas designatur. Aussi voyons-nous que cette révélation commença lejjour du dimanche, qui est le premier de lasemaine : Fui in spiriiu inDominicadie, pour marquer qu'elle expose tout ce qui doit arriver dans cette semaine de temps. Il est écrit dedans et dehors, ou bien au commencement et à la fin : Scriptus est ante et rétro, comme dit saint Jérôme, parce qu'il découvre les mystères passés et les mystères à venir; ou qu'il avait un double sens, l'historique et le mystique', qui tache les secrets divins. C'est sur le i" chapitre de Jérémie; ou bien, qu'une partie des prophéties de ce livre se manifestait déjà : Scriptum foris, et que l'autre était obscure et cachée dans l'avenir : Scriptum intus, et enveloppée sous des figures mysté-
rieuses ; ou enfin que tout était contenu dans ce livre, après lequel il n'en fallait pas chercher d'autre. Scilicet de prœleritis et futures, vel certe foris in historiœ littera , intus in intclligentia spirilali : scriptus intus et foris, id est tam sacramenta dirina, quam simplicem hisloriam conlinens. Liber scriptus intus per allegoriam, foris perhistoriam : intus per spiritualem inlellectum , foris per sensurn litterœ simplicem. (S. Greg. inEzech., lib. i, hom., 9.)
2. Et je vis un ange fort, qui criait à haute voix : Qui est digne d'ouvrir le livre \et d'en rompre les sceaux.
3. Et il n'y avait personne, ni dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, quipût ouvrir ni regarder même le livre. Personne n'était capable de pénétrer les secrets et les mystères divins, dont le terme est la félicité éternelle, ni même d'en soutenir l'éclat, neque respiceref ni les anges dans le ciel, ni les saints sur la terre, ni les Pères dans les limbes; en un mot, nul autre que Jésus-Christ n'avait été digne de les apprendre aux hommes, lesquels seul il a été digne de racheter et de conduire au bonheur éternel, par ses mériles, par ses exemples, par ses grâces, par son pouvoir, par son sang. Aperire sigilla est pro homine mortem devincere; hoc %dignus facere nemo inventus est nisi Agnus occisus, dit saint Victorin.
4. De sorte que je pleurais fort de ce qu'il ne s'était trouvé personne qui fut digne d ouvrir le livre, ni de le regarder. Ces larmes représentent la désolation de la nature humaine exclue des secrets de Dieu, et destituée du secours d'un médiateur, sans lequel qui que ce soit n'ose seulement regarder le livre des desseins de Dieu sur le salut du genre humain, loin d'entreprendre de l'ouvrir, de l'expliquer, de l'accomplir.
5. Mais un des vieillards me dit : Ne pleurezpoint : sachez que le Lion de la tribude Juda, celui qui est sorti de la tige de David, a vaincu, et qu'il ouvrira le livre et en rompra les sept sceaux. Comme ce fut notre premier père Adam, qui par son péché affligea toute Ja nature humaine, et fut cause de sa disgrâce et de son exclusion des mystères de Dieu, qui empêche qu'on ne le reconnaisse ici pour celui qui vient essuyer ses larmes, et la consoler en lui montrant son Libérateur, qui seul peut développer toute l'économie du salut éternel? Le nombre un se prend souvent dans l'Ecriture pour le premier ou le [dus ancien.
6. Aussitôt je vis au milieu du trône et des quatre animaux, et au milieu des vieillards , l'Agneau comme mort. Voilà l'Agneau dans- Je trône de l'Ancien des jours; voilà la vie-
time du péché d'Adam, qui par sa mort fa rétabli l'homme dans sa première dignité, et lui a mérité l'ouverture des secrets divins qui le conduiront à la gloire. Quo videlicet libro, quid aliud quant sacra Scriptura signatur : quam solam Redemptor noster aperuit qui homo factusest, et moriendo, resurgendo, ascendcndo, cuncta mysleria quœ in ea fuerant clausa, patcfecit : et nullus in cœlo, quia neque angélus ; nullus in terra, quia neque homo vivens in corpore; nullus subtus terrant dignus inventus, quia neque \animœ corpore cxutœ aperire nobis prœter Dominum sacri cloquii sécréta poluerunt. (S. Greg., lib. iv Dialog., c. 42.)
Ayant sept cornes. Symboles des combats qu'il rendra dans les sept persécutions de son Eglise durant les sept âges du monde, qui seront manifestés dans la suite par l'ouverture des sept sceaux, contre les sept principaux tyrans qui l'attaqueront ; car c'est ainsi que les combats des guerriers sont ligures dans les prophètes, comme en Daniel, et même dans YApocalypse en plusieurs ;endroiis. Et sept yeux; Ic'est-à-dire les sept lumières de Jésus-Christ, ou les sept connaissances divines qu'il a des persécutions futures de son Eglise.
Qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre, connaissance qu'il communique à ces sept anges célèbres préposés au gouvernement de l'Eglise, dit saint Clément d'Alexandrie : Septem isti oculi sunl Domini, qui discurrunt in universam terrain (Zach. iv, 10) , et appelés par saint Basile (Slrom. Jib. vi) les yeux de Dieu, comme surveillant a la conduite des hommes, et sept ministres intelligents dont Jésus-Christ se sert dans les sept âges différents : Septem sunt angeli quorum est maxima potentia , primogenili angelorum, principes per quos Deus omnibus hominibus providet, ou dans les sept événements à venir que Dieu a commis à ses soins, lui ayant donné tout pouvoir de les manifester et de:ies accomplir, suivant ce que porte le titre même de ce livre divin ; Apocalypsis JesuChrisli quam dédit illi Deus palam facere, et significavit per angelum suum. Ainsi dans le langage ecclésiastique, les diacres préposés au gouverenement extérieur des fidèles furent choisis dans leur première institution au nombre de sept, et nommés Jes yeux de l'évêque. Angeli oculi Dei, quibus cura nostri omnium concredita est. Per septem Spiritus, septem angclostquibus Ecclesiarum cura et gubernalio demandataestacciperelicet. (S. Basil, inpsal. xm ; Anu.CjEsar.)
7. Et il vint recevoir le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.
8. Et après qu'il eut ouvert le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre vieillards se j)roslernèrcnt devant C Agneau, ayant chacun des harpes et des vases d'or pleins de parfums, qui sont les prières des saints. Tels sont les désirs ardents des âmes saintes qui soupirent après le royaume de Dieu et le rétablissement de la nature humaine dans sa première dignité, ce qui montre l'union de l'Eglise militante et triomphante en Jésus-Christ.
Et il reçut le livre de la main droite de celui qui était ussis sur le trône. Mais un grand mystère se découvre ici à nos yeux : la Trinité se déclare, el les trois Personnes divines se manifestent d'une façon singulière : le Père, assis dans ce trône, tient en sa main le livre fermé, elles bienheureux, à la fin du chapitre précédent, l'ont adoré etreconnu comme le Créateur de toutes choses, et l'Ancien des jours. Le Fils paraît sous la ligure de cet Agneau immolé, qui reçoit le livre scellé de la main de son Père ; et le Saint- Esprit sous celle de cet iris lumineux, qui, comme un cercle resplendissant, environne le trône de l'Ancien des jours, ou en rejaillit, ainsi qu'il parut lorsdudéluge, suivantja pensée des Pères. Le Saint-Esprit étant désigné par le feu, dit saint Grégoire , il est aisé de voir que l'arc-en-ciel en est le symbole , puisqu'il réunit en lui la couleur de l'eau et du feu, et que cet Esprit saint s'est servi du premier de ces éléments pour nous laver dans le baptême, et du second pour nous embraser du divin amour. C'est vers la fin de son homélie huitième sur Ezéchiel. Et iris erat in circuitu sedis, similis visioni smaragdignœ (iv, 3). Quia per ignem ardor sancli Spiritus designatur quomodo arcus significel Spiritum sanctum videmus; inarcu quippe aqua et ignis apparent, et post Mediatoris adventum ea virtus Spiritus sancti in humano génère claruit , quo electos Dei et aqua baplismatis lavil, el igné divini amoris accendit.
Saint Jérôme (in Ezech. i) a vu ce mystère dans les trois prophètes qu'un même esprit a éclairés : « En Daniel, » dit-il, « Dieu le Père est aussi représenté assis, et le Fils lui est présenté pour recevoir le royaume, ainsi que dans V Apocalypse. » In Daniele quoque Deus Pater sedens inducitur, et offertur ei Filius hominis ut accipiat regnum, et in Apocalypsi Joannis eadem de Fi' lio scribuntur.
Observation qu'il fait afin qu'on ne soupçonne pas que le Fils soit inférieur au Père, a cause que le Père est représenté assis dans le trône donnant le livre au Fils, lequel paraît debout le recevoir du Père, puisqu'il règne avec lui, et qu'Isaïe l'a vu assis aussi bien que le Père dans le même trône. En effet saint Jean lui-même vient de nous montrer l'Agneau au milieu du trône, el vidi in medio throni Agnum, lieu où Isaïe l'a vu, aussi selon le même saint Jérôme, expliquant le verset 41 du xii' chapitre de notre apôtre; mais c'est que le Fils règne dans le Père, car tout ce qu'a le Père, le Fils, qui est son image substantielle, le possède aussi. Et le même saint Jean a fait parler Jésus-Christ en ces termes : Et sedi cum Pâtre meo in throno ejus. Je suis assis avec mon Père dans son trône. C'est au chapitre n de l' Apocalypse, même verset 21 , de manière que voilà la Trinité manifestée et Jésus-Christ établi juge des vivants et des morts, revêtu d'autorité et envirenné de ses ministres, les anges et les saints. Non quôd Filius cxcludalur a regno de quo scripsil et
L'APOCALYPSE EXPLIQUÉE
Jsaias : Non vidi Dominum sedentem super thronum excelsum et elevalum. Sed quod in Pâtre regnet et F Mus, omnia cnim F Mi Patris sunt qui est imago Dei Patris invisibilis.
9. Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Seigneur, vous êtes digne de recevoir le livre et d'en ouvrir les sceaux, parce que vous avez souffert la mort, et que vous nous avez rachetés pour Dieu, par votre sang , de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation.
10. Et nous avez rendus rois et prêtres pour notre Dieu, et que nous régnerons sur la terre. Ce qui commença de s'accomplir lors de la destruction de l'idolâtrie, comme on verra au chapitre dix-neuvième de l'Apocalypse, et qui s'accomplira plus parfaitement à la fin du monde.
11. Et je vis aussi autour du trône, et des animaux et des vieillards plusieurs anges, dont le nombre était des millions de millions, ei j'entendis,
12. Qu'ils disaient à haute voix: L'Agneau qui a été tué est digne de recevoir la puissance, la divinité, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire et la bénédiction.
13. Et j'entendis toutes les créatures qui sont dans te ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer et dans la mer, qui disaient toutes : A celui qui est assis sur le trône, ■et l'Agneau, bénédiction, honneur, gloire et puissance aux siècles des siècles.
\k. Et les quatre animaux disaient : Amen. Et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent et adorèrent celui qui est vivant, dans les siècles des siècles. Tout cela exprime la joie des hommes et des anges, des créatures visibles et invisibles, corporelles et spirituelles, anciennes et nouvelles, conjuncta Veleris Testamenti cum Novo prœdicatio, dit saint Victorin, qui enfm ont trouvé un chef ei un réparateur, et qui toutes de concert rendent grâces à Jésus-Christ, leur libérateur, leur gloire et leur couronne, qui seul peut rétablir toutes choses, devant qui le ciel, la terre et l'enier doivent fléchir les genoux, et à qui seul appartient de manifester les divins secrets, dont le développement aboutit au salut éternel, et qui vont être découverts dans un moment.
Observation absolument nécessaire pour l'intelligence de cette explication.
Le sixième et le septième chapitre contiennent l'ouverture des six premiers sceaux, c'est-à-dire la manifestation de ce qui doit arriver dans les six premiers âges de l'Eglise ou du monde réparé. Ensuite, dans le chapitre huitième, auparavant l'ouverture du septième sceau, il se fait un silence dans le ciel, c est-à-dire un intervalle ou cessation de visions ; puis on voit sept auges avec des trompettes qui vont représenter, sous des signes différents, les mêmes choses qui avaient été représentées par l'ouverture des sceaux. Ce silence qui se Ut au ciel, après que les sept âges de l'Eglise eurent été révélés à saint Jean par l'ouverture des sept
sceaux, n'est donc rien qu'une cessation do visions qui se fit alors, afin qu'il excitât son attention à la répétition des mômes sept états de l'Eglise, lesquels lui allaient être derechef révélés sous sept autres différents symboles, savoir : par le son des trompettes, qui par conséquent doivent s'expliquer conjointement avec les sceaux. C'est la pensée du Vénérable Bède : Agnus, apertis septem libri sigillis, conflictus et IriumphosEcclesiœ reserat futur os, et peu après il ajoute que les sept trompettes manifestent les mêmes choses : Sub specie septem angelorum tuba canentium varios Ecclesiœ describit eventus. Ce n'est donc, selon lui, qu'une récapitulation des mêmes événements sous différents signes : en effet, après que ce Père a développé les mystères des sceaux du livre décacheté par l'Agneau, il dit que le son des trompettes va représenter les mêmes choses, mais différemment : Hucusque de aperlione libri clausi et sigillorum : nunc vero récapitulât eadem aliter dicturus. Ainsi, dans la Genèse, Pharaon songea d'abord qu'il voyait sept vaches, puis il s'éveilla; et s'étant rendormi, il songea qu'il voyait sept épis de blé : or son réveil ne fut qu'un inlervalleentredeux visionsqui ne signifiaient que la même chose, quoiqu'elles eussent été interrompues par son réveil et représentées sous des divers signes. Pharaon s'étant réveillé, dit l'Ecriture, se rendormit encore et eut un autre songe : Expergefactus Pharao, après qu'il eut vu les sept vaches, rursum dormivit, et vidit alterum somnium. A quoi pourtant Joseph lui répondit : « Les deux songes du roi n'en font qu'un, car ce qu'il a vu dans le second est la même chose que ce qu'il a vu dans le premier, et n'en est qu'une confirmation et une nouvelle preuve, que c'est ici un songe de Dieu, qui sera infailliblementaccompli. >< Somnium régis unum est, quod aulem vidisti secundo ad eamdem rem pertinens somnium, firmilatis est indicium, eo quod fiai sermo Dei, et velocius impleatur. 11 en est ici de même : saint Jean vit d'abord les différents âges de l'Eglise par l'ouverture des sceaux ; après quoi, Factum est silentium in cœlo quasi média /jora.Cefut une espèce d'intervalle ; et ensuite, par l'ouverture du dernier sceau, la révélation recommença : il vit sept anges qui lui répétèrent les mêmes âges de l'Eglise, quoique sous des signes divers; de manière que, comme les sept sceaux et les sept trompettes ne [irédisent que les mêmes choses sous différents signes, on les a mis collatéralement ensemble pour les expliquer et en voir mieux le rapport. Saint Augustin (De civ. Dei, 1. xx, c. 17), plein du même esprit, donne une règle qui peut servir comme de clef à l'intelligence de plusieurs endroits de l'Apocalypse; car ce docteur si pénétrant nous avertit que ce livre divin prédit quelquefois des événements futurs qui semblent différents de ceux qu'il vient immédiatement auparavant de prédire; mais que l'on ait à ne s'y pas tromper, parce que dans la vérité ce ne sont que les mêmes événements repé-
OEîIVUES COMPLETES DE DE LA CHETARDIE.
tés et représentés sous différents signes, et c'est ce qui arrive ici. Et in hoc quidem liera cvjus nomen '-est Apocalypsis, obscure tnulta dicunlur , ut ment cm legenlis exerceant, et pauca in eo sunt ex quorum manifestatione indagentur cœtera cum labore :
maxime quia sic eadem multis modis repetit ut alia atque alia dicere videatur, cum aliter alque aliter hœc ipsa dicere inves tige-
Cap. V. —7. Et venit, et accepit de dextera sedentis in throno librum.
8. Et cura aperuisset librum, quatuor animalia , et viginti quatuor seniores ceciderunt corara Agno habentes singuli eitharas et pbialas aurea plenas odoraaientoruin, quœ sunt orationes sanctorura.