Elcantabantcanlicum novum, dicentes
Dignus es, Domine, accipere librum, et aperire signacula ejus: quoniara occisus es, et redemisli nos Deo in sanguine luo, ex orani tribu, et lingua, et populo, et naiione.
10. Et fecisti nos Deo nostro regnum et sacerdotes : et regnabiraus super terrain.
Chap. V. — 7. Et il vint et il reçut le livre de la main de celui qui était assis sur le trône.
8. Et quand il eut ouvert le livre, les quatre animaux elles vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'Agneau; chacun avait des harpes, et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints.
9. Et ils chantaient un cantique nouveau, disant: Seigneur, vous éles digne de prendre le livre, et d'ouvrir ses sceaux, parce que vous avez été tué, et que vous nous avez rachetés pour Dieu par votre sang, de toutes les tribis, de toutes les langues, de tous les peuples, et de toutes les nations (du monde.)
1. Et quand il eut ouvert le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel comme durant une demi-heure. C'est l'intervalle entre la première vision et la seconde, c'est une cessation de visions sous de certains signes, qui vont néanmoins recommencer sous d'autres.
2. Et je vis les sept anges debout en la présence de Dieu , et il leur fut donne sept trompettes : voilà les instruments avec lesquels ils vont annoncer et tigurer la guerre que les impies doivent faire aux fidèles dans les sept âges de l'Eglise.
3. Et il vint un autre ange qui se tint debout devant le trône de Dieu, avant un encensoir d'or, et on lui donna beaucoup de parfums, afin qu'il offrît les oraisons ,de tous les saints sur l'autel d'or, qui est devant le trône de Dieu.
tur. Pour le rendre plus sensible, il est bon de rapporter les paroles du chapitre huitième, qui précède le son des trompettes, et les conférer avec celles du chapitre cinquième, qui précède l'ouverture des sceaux, afin qu'on voie que les mêmes expressions et les mêmes cérémonies y sont observées, comme n'étant en effet que la même vision répétée sous différentes figures.
Cap. VIII. — 1. Et cum aperuisset sigillumseptimum, factum est silentiuui incœlo, quasi média hora.
2. Vidi septem angelos stantes in conspectu Dei, et datae sunt illis septem tubae.
3. Et alius angélus venit, et stetit ante altare, habens thuribulum aureum ; et data sunt 11 J i incensa multa, ut daret de orationibus sanctorura omnium super altare aureum, quod est ante thronum Dei.
k. Et ascendit fumus incensorum de orationibus sanctorura de manu angeli corara Deo.
5. Et accepit angélus thuribulum, et implevit illud de igné allaris, et misit in terrain, ei facta sunt tonitrua, et voces, et fulgura, et terrœ motus magnus.
6. Et septem angeli, qui habebant septem tubas, prœjjaraverunlse ut tuba canerent.
Chap. VIII. — 2. Et je vis les sept anges debout en la présence de Dieu, et iJ leur fut donné sept trompettes.
3. Et il vint un autre ange, qui se tint debout devant le trône de Dieu, ayant un encensoir d'or ; et on lui donna beaucoup de parfums, afin qu'il offrît les oraisons de tous les saints sur l'autel d'or qui est devant le trône de Dieu.
4. Et la fumée des parfums des oraisons des saints monta de la main de l'ange devant Dieu.
5. Et l'ange prit l'encensoir et le remplit du feu de l'autel, et le répandit en terre; et il se fit des tonnerres, et des bruits et des éclairs, et un grand tremblement de terre.
6. Et les sept anges'qui avaient des trompettes, se préparèrent pour en sonner.
k. Et la fumée des parfums des oraisons des saints monta de la main de l'ange devant Dieu. Comme avant' l'ouverture des sept sceaux, les soupirs et les prières des saints sont décrits, pour montrer le désir qu'ils ont de l'avènement du royaume de Dieu, auquel ces révélations se terminent, et d'en être secourus au milieu des persécutions qui les menacent, selon que saint Jean le dit en ces termes : Et quand il eut ouvert le livre, les quatre animaux et les vingt-quatre vieiltards se prosternèrent devant l'Agneau; chacun avait des harpes, et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prièresëdes saints. Ainsi ces mêmes prières et ces mêmes soupirs recommencent ici avant l'éclat des sept trompettes, qui doivent découvrir les mêmes choses que les sept sceaux.
5. Et l'ange prit l'encensoir et le remplit du feu de l autel, et le répandit en terre. Ce
L'AfOCALYPSE EXPLIQUÉE.
sont les avant-coureurs des persécutions de l'Eglise qui vont être décrites, et dont le grand éclat excite la crainte et attire l'attention.
6. Et quand il eut ouvert le septième sceau, etc., les sept anges qui avaient des trompettes se préparèrent pour en sonner, et le premier ange sonna de sa trompette, etc. Et remarquez que le septième sceau ne découvre rien de nouveau à saint Jean, mais donne naissance et commencement aux autres signes que sept anges vont représenter, lesquels découvriront plus de mystères que les sept sceaux, qui ne sont venus que jusqu'à la sixième persécution, où on parle de la septième par anticipation, usque ad septem numerum ordinem custodit , et prœtermisso seplimo récapitulât. (Beda, ibid.); au lieu que l'ange expliquera la sixième persécution, et y joindra la dernière qui sera la consommation du mystère de Dieu, ainsi qu'il est écrit au chapitre x, t, 7 : In diebus rocis seplimi angeti, consummabitur mysterium Dei. Remarquez aussi qu'auparavant que le premier ange commence à sonner, il est dit qu'on entendit des voix et des tonnerres, et qu'il y eut des tremblements de terre. Et factœ sunt voces et tonitrua, et fulgura et terrœmotus. Ce qui ne signifie rien, et ne sert qu'à exciter l'esprit et le retenir en suspens et en attente des grandes choses qui doivent suivre.-
Ceci, comme tout le reste de cette interprétation, demande de l'attention et de la réllexion : il est même nécessaire d'ouvrir souvent Y Apocalypse, et de regarder avec soin si ce qu'on avance est bien ainsi; sans quoi, un livre est à son lecteur ce qu'un orateur est à celui qui ne l'écoute pas. Saint Jérôme , voyant qu'on avait examiné son Commentaire sur Isaie avec application, et qu'on était si bien entré dans son esprit, qu'on lui avait fait des objections fort à propos, et, dans sa supposition, dit qu'il avait goûté en cela l'espèce de béatitude dont parle le sage, et que quiconque explique YApocalypse a droit de souhaiter encore à plus furie raison : Heureux celui qui parle à des personnes qui l'écoutent avec attention : Beatus qui in auremaudientium loquitur.
Que si cette attention est nécessaire au lecteur pour voir si l'interprétation qu'on donne a un rapport naturel au texte qu'on explique, elle l'est encore à double titre ici, où l'on doit de plus examiner si elle est'conforme à l'histoire et aux événements arrivés-de siècle en siècle, puisque ce divin livre n'en est qu'une prédiction; car il y a toujours eu parmi les fidèles un esprit de chercher dans YApocalypse ce qui se passe dans le monde par rapport à l'Eglise chrétienne. Nous voyons cela dès le temps do Denis d'Alexandrie, qui trouvait que la persécution de Valérien, sous l'empire duquel il vivait, avait été prédite au chapitre xin de YApocalypse, aussi bien que ce qui arrivait tous les jours de plus remarquable
dans la religion : De Apocalysis libro opinionem illam concipio, dit ce savant évêque et ce saint martyr ; quod in illo arcanam quant' dam, planeque admirabilem singularwn rerum quœ quolidie accidunt , intelligentiam
latere existimo et futurorum prœdictio-
nem. (Euseb., lib. vu, c. 25 juxta Grrcc.) Ce qui fait voir que l'exposition des faits et des révolutions est le vrai dénoûment des paroles énigmaliques du livre que nous expliquons.
Auparavant d'en venir là, il ne sera pas inutile de faire ici deux réflexions : La première sur ce qu'a dit saint Jérôme ci-dessus; savoir que le mot d'Apocalypse est tellement propre à l'Ecriture, qu'il ne se trouve dans aucun auteur profane; car cela mérite d'être expliqué. 11 est vrai que Plutarque et quelques autres se sont servis de ce mot pour exprimer une chose qu'on découvre; mais saint Jean s'en sert autrement ici : car chez lui le terme d'Apocalypse veut tellement dire une chose qu'on découvre, que cette chose découverte ne laisse pas d'êtro encore une énigme obscure. Saint Jean, à la vérité, découvre dans ce livre des figures, mais des figures énigmaliques ; à peu près comme qui tire un rideau devant un tableau, mais dans lequel tableau on voit des peintures énigmaliques qui sont obscures, et dont il est difficile de donner l'explication. De cette sorte, le mot d'Apocalypse, dans les auteurs profanes, signifie une découverte d'une chose d'elle-même intelligible, et que l'on comprend en la voyant; mais dans les auteurs sacrés, YApocalypse est la découverte d'une chose qui d'elle-même est mystérieuse et cachée, et a besoin d'explication pour être entendue. Voici comme s'exprime un auteur savant :
In ipso nomine Apocalypsis singulare quoddam delilescit, quod in Latino verbo non reperimus : revelare enim nihil àliud est quam detegere; verbum autem Apocalypsis, ila signi/icat detegere, ut opposilum etiam significet, quod est légère; quod cum ita sit, quis non videat miro consilio fuisse factum, ut Latina editio Grœcum adhuc Apocalypseos nomen in titulo retineret ? Etenim si libro ipsi opus est ut litulus respondeat, notum est, quœ in hoc libro revelantur, eadem obscu~ rissimorum œnigmatum involucris vclari, at~ que adeo valde tegi ea ipsa, quœ deteguntur : atqui ulrumque simul eaprimere Latinum nomen non poteral. In titulo ergo Apocalypseos nomen sonal revelationem cujusdam prophetiœ aplissimis œniginalibus obtectam.
La seconde remarque qu'on peut faire est qu'on ne proposera point dans toute cette interprétation aucune découverte nouvelle, et qu'on ne dira rien qui ne soit puisé dans la doctrine des plus anciens Pères, qui, étant plus près du temps des apôtres, en ont appris beaucoup de secrets, ainsi qu'ils le disent eux-mêmes, et que nous devons recueillir avec respect. C'est pourquoi il ne faut pas s'élonner si nous ne faisons point ineniion des nouveaux interprètes, quelque
savants qu'ils soient, surtout de ceux qui, donnant beaucoup dans l'avenir qu'ils ont voulu deviner, se sont laissé aller à des illusions et à des fictions : Ad sacrarum littcrarum intelligentiam prout Mas a patribus accepimus accedendum esse, dit saint Denis, au chapitre i" de la Hiérarchie céleste; coque saint Clément d'Alexandrie, dans son Epîlre cinquième, confirme par ces paroles: Oportet sacrœ Scripturœ intelligentiam discere ab eo qui a majoribus eam sibi traditum servat ; maxime que Vincent de Lérins inculque en plusieurs endroits, particulièrement sur ces paroles de saint Paul : Depositum cuslodi, lesquelles personne n'ignore ; quid est depositum id quod tibi creditum est, non quod a te inventum, quod accepisti non quod excogitasti rem non usurpationis privatœ, sed publicœ tradilionis : rem ad te perductam, non a le prolatam; in qua non auctor debes esse, sed custos ; non institutor, sed sectator ; non ducens, sed sequens.
Au reste, ce ne sont point encore ici des prophéties, ni des révélations ; et saint Jean
n'en a étalé jjusqu'à présent à nos yeux que les magnifiques préparatifs et l'appareil surprenant. Ce n'est que comme l'ouverture, et, si l'on ose parler ainsi, la disposition mystérieuse du grand théâtre où se doit passer la catastrophe de l'univers. Un juge séant dans son lit de justice, environné d'un iris lumineux; vingt -quatre vieillards à ses côtés, assis aussi dans des trônes ; quatre animaux parsemés d'yeux, qui servent d'introducteurs à la connaissance des secrets qu'on manifestera; sept anges préposés au gouvernement de l'Eglise; un livre scellé qui contient les destinées du monde, et que l'Agneau ouvrira; des tonnerres, des voix et des éclairs qui tiennent en suspens, et enfin toutes les autres choses qu'on a vues, ne sont que les préludes des visions que le chapitre suivant et les autres découvriront, par l'ouverture des sept sceaux et par le son des sept trompettes, qui vont représenter, sous des figures énigmatiques, tout ce qui doit arriver dans la suite des siècles.