Et le sixième ange sonna de la trom
pette. Voici donc le sixième âge de l'Eglise, celui qui doit immédiatement succéder à l'hérésie de Luther et de Calvin.
Et f 'entendis une voix qui disait : Bêliez les quatre anges qui sont liés sur le grand fleuve de VEuphrate : et les quatre anges furent déliés, lesquels étaient prêt s pour l'heure, le jour, le mois et l'année, où ils devaient tuer la troisième partie des hommes. C'est <l'où viendra cette sixième plaie qui sera extrême, tant à cause de sa grandeur, qui doit surpasser toutes les autres calamités précédentes, qu'à cause du peu d'étendue de l'Eglise, qui n'occupe plus qu'une médiocre partie de l'Occident, et qui même partage cette portion avec les hérétiques. Mais quel sera ce ileuve, et d'où viendront ces anges exterminateurs? Ce sont des mystères de l'avenir. Antichristus ex orienlaliPerside,ad quam tribus Dan ablegata est, proditurus, et cum aliis regibus, elprincipibus Euphraten transmissurus : populum Hebrœorum dispersum congregabit Antichristus : nostri autem inlerpretanlur omnia de Antichristo qui nasciturus est de ■populo Judœorum, et de Babylone venturus... Antichristus veniens diem Sabbatum atque JJominicum ab omni faciet opère custodiri... et quia judaisare populum compellit ut exteriorem ritum legis revocet, et uti Judœorum perfidiam subdat. Cœterum a beato (Marlino) de fine sœcuti cum quœrerenms, ait nobis ab Antichristo orientale imperium esse capiendum, qui quidem sedem et caput regni Hierosolymam esset habiturus... illius eam perseeulionem futuram esse, ut Christum Dominum cogat negari... Omnesque secundum legem circumeidi jubeat (87).
10. Et le nombre de cette armée de cavalerie était de vingt mille fois dix mille : etfen ouïs le nombre. Cela , et ce qui suit, présage des guerres et des irruptions qui sont les signes des approches de l'Antéchrist, conformément à ce que dit Noire-Seigneur dans l'Evangile. Ce serait une conjecture incertaine, de dire que la magie et le sortilège, auront beaucoup de part à cette sixième persécution, causée par Satan pour lors déchaîné, et apparemment à la tèle de ces innombrables nations si fameuses dans les prophètes sous le nom de Gog et Magog ; et qu'on voudra alors rétablir l'idolâtrie, qui se soutient encore ou qui s'est renouvelée en beaucoup d'endroits de l'Orient, suivant ce qui est écrit : « Et les autres hommes qui ne moururent point de ces plaies, et ne tirent point pénitence des œuvres de leurs mains pour n'adorer plus les démons et les idoles.» Il est pourtant bon d'observer que ces péchés se rapportent à toutes les précédentes tribulations, qui n'ont pu obliger les méchants à faire pénitence, sans qu'il s<dt nécessaire de trouver l'idolâtrie dominante en particulier lors de la sixième persécution ; le reproche d'impénitence en général persévérant, depuis saint Jean, au temps duquel le paganisme régnait, jusqu'à la fin du monde, et s'éten-
dant sur toutes sortes de crimes, suivant ce qu'il ajoute: « Et ils ne tirent point pénitence de leurs homicides, de leurs fornications et de leurs larcins ; » à quoi il faut ajouter que les choses grandes et présentes occupent et frappent davantage, et qu'on y rapporte communément les autres moindres, qui sont de même espèce, et qui vont à la même fin.
Leur équipage et leur nombre si prodigieux de deux cent millions, semblent pronostiquer quelque chose qui se ressent du prestige : car saint Jean nous les dépeint en cette façon : « Et je vis aussi les chevaux dans la vision, et ceux qui étaient montés dessus, avaient des cuirasses de soufre et de couleur d'hyacinthe, et les têtes des chevaux étaient comme des têtes de lions, et il sortait de leur bouche du feu, de la fumée et du soufre : et par ces trois choses, par le feu, par la fumée et par le soufre qui sortaient de leurs bouches, la troisième partie des hommes mourut, et leurs queues sont semblables à celles des serpents ayant des têtes : » Poteslas equorum in are et in caudis eorum erat : in ore namque doctorum scientia, in cauda vero sœcularium polentia figuratur , etc. (S. Greg., lib. xxxm Moral., c. 23.) Tout ceci étant une chose future, on aime mieux écouter les conjectures des autres, que de dire les siennes sur un si profond mystère, qui peut-être renferme un soulèvement général des Juifs par tout l'univers, et on n'a rien non plus à déterminer sur sa proximité ou sur son éloignement : cependant l'hérésie de Luther ne devant subsister que cinq mois : Mensibus quinque, ainsi qu'on a vu au chapitre précédent, il semble que ce terme choisi pour exprimer une courte durée est fort avancé, et la persécution suivante peu éloignée.
Quoi qu'il en soit, comme les plaies de l'Eglise n'arrivent point sans être précédées de plusieurs dispositions, qui de longue main leur préparent la voie, on doit former ses conjectures sur la situation présente des nations et des sectes ennemies de la vr.de religion, et voir quelle peut être et d'où peut venir cette grande invasion qui nous menace, et quelles sont ces quatre causes qui conspireront à ce fléau, plus terrible et plus pernicieux au christianisme, que l'hérésie de nos jours.
On n'explique point ici le sixième sceau, parce que l'on a montré ci-dessus qu'il y a de l'anticipation, s.iint Jean ayant mis au sixième sceau ce qui devait arriver au septième, afin de donner naissance au son des sept trompettes par l'ouverture du septième sceau, pour ne pas dire que la sixième et septième persécution se touchent de si près, et sont si liées ensemble, qu'elles sont censées n'être qu'une : In sexto sigillo ea quie ventura sunt tempore Antichristi : sexto sigillo patefaclo, novissima persecutio nuntiatur. (Beda.)
.Mais il est nécessaire de remarquer en ce
'87i Andr. César.; S. HirroM r. mail.; S. Sulp. Sex?*;., ilialo^. -, sub lia.
HiEn., m Dan., c. m. 2b; S. Grec , lib. xi, cpisi.
lieu, l'ordre ucs trois chapitres suivante : on lus met entre la sixième et ia septième persécution, parce qu'en effet saint Jean les place entre l'ouverture du sixième et du septième sceau, et entre le son de la sixième et de la septième trompette : et comme l'ouverture des sceaux précède le son des trompettes, il faut que ce que saint Jean rapporte après l'ouverture du sixième sceau, précède ce qu'il a mis après le son de la sixième trompette : et en etïel, les matières semblent le demander ainsi. Car après le sixième sceau, ou le sixième âge, on voit au chapi-
tre vu, la conversion des Juifs, qui constamment doit arriver à la lin du monde : et après le son de la sixième trompette, au chapitre x, on voit cette lin prochaine du monde annoncée par un ange : ce qui est suivi au chapitre xi, de la persécution de l'Antéchrist, particulièrement contre les Juifs, au secours desquels viennent Enoch et Elie, que cet impie fait mourir, ce qui se. termine enfin p?" '• " ue du juste Juge, et le dernier jour « ers. Voilà la suito
naturelle de Va .«/se jusqu'au chapitre XII.