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Et stetit supra arenam maris

EXPLICATION

§ I. —Efforts du démon pour empêcher rétablissement de l'Eglise, et la ruine de l'idolâtrie.

Après que saint Jean d'un vol rapide a parcouru ce qui devait arriver depuis son temps jusqu'à la fin du monde, il reprend plus en particulier divers grands événements qu'il n'avait touchés qu'en général, et il revient sur ses pas pour nous décrire les combats de l'Eglise dans la destruction de l'idolâtrie, et dans l'établissement de la vraie religion; car c'était alors le point capital d'où tout le reste dépendait, suivant ce que l'ange lui avait annoncé par ces paroles : il faut que vous prophétisiez de rechef à

diverses sortes de nations, de peuples, de langues et de rois : Oportet te iterumprophetizare genlibus, et poputis, et linguis, et regibus multis. Et c'est ce qu'après la révélation des sept âges de l'Eglise il va faire dans les chapitres suivants, qu'ibfaut expliquer dans leur ordre, et que rien n'oblige de déplacer comme les précédents.

1. Et il parut un grand signe dans le ciel, une femtnerevêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds, et sur sa télé une couronne de douze étoiles.

2. Et elle était enceinte, et elle criait comme étant en travail, et sentant les douleurs de l'enfantement.

ŒUVRES COMPLETAS DE DE I.A CIIETARME.

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C'est l'Eglise bien désignée sous la ligure de cette femme toute lumineuse et céleste: son chef est Jésus Christ : ses ornements Pt sa gloire sont les douze apôtres: ce soleil dont elle est révolue, n'est autre quj la splendeur de son Epoux qui l'environne : L'épouse brille des rayons de son époux : Uxor coruscat radiis mariti, disent les jurisconsultes : d'ailleurs, selon le langage de l'Ecriture, le Seigneur a mis son tabernacle, qui sans doute est l'Enlisé, dans le soleil : In sole posuit tabernaculum suum (Psal. xvm, 6) : la lune sous ses pieds, marque sa perpétuelle stabilité, qui n'est plus sujette à la vicissitude et au changement des êtres sublunaires, et son état heureux qui ne peut souffrir d'interposition entre elle et le soleil de justice. Elle est en travail d'enfant : Filioli mei, quos iterum parturio [Galat. iv, 19); parce qu'elle gémit dans les angoisses de la persécution, et qu'elle enfante dans la douleur; car elle était telle au siècle de saint Jean, auquel il faut à présent se remettre. 3. Et un autre signe fut vu dans le ciel, et voilà un grand dragon roux, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes il portait sept diadèmes : Saint Jean ayant vu d'une part l'Eglise mystérieusement représentée, voit de l'autre son secret persécuteur, et l'ennemi caché qui va la combattre, le dragon cruel et sanguinaire, que cette couleur teinte et commune aux bêtes les plus carnassières figure assez, le meurtrier de l'homme dès le commencement du monde, ainsi que le même apôtre le nomme dans son Evangile : Draco rufus : homicida ab initia. Ce dragon [tarait dans le ciel, parce qu'alors il était adoré et reconnu pour le véritable Dieu, sous le nom de Jupiter, régnant dans l'empirée, et que c'est là où il fut formé, et d'où il est déchu. Ces sept têtes portant le diadème marquent les sept plus insignes tyrans dont il s'est servi pour l'attaquer, et ces dix cornes les dix plus redoutables persécutions qu'il suscita contre elle pour la renverser. En effet, nous voyons que les plus anciens et les plus éclairés auteurs ecclésiastiques, quoiqu'ils n'ignorassent pas qu'il y eût un très-grand nombre de persécuteurs et de persécutions contre l'Eglise pendant les premiers siècles, et même qu'à vrai dire, il n'y en eût qu'une qui dura plus de trois cents ans, et qui se renouvelant de temps en temps devenait plus violente, semblable aux symptômes, et redoublements d'une fièvre continue, se sont néanmoins fixés à ce nombre déterminé de sept tyrans, et de dix persécutions. Saint Jérôme sur le chapitre xvi de Jérémie, montre que les afflictions de l'Eglise ont été continuelles, et n'ont presque pas eu de relâche ni d'intervalle, depuis Néron et au delà, jusqu'à Maximin, et qu'elles se sont renouvelées sous Julien, comme nous verrons ciaprès: «Nous pouvons,» dit-il, «appliquer ce passage aux persécutions dont les Chrétiens ont éié affligés depuis le règne de Néron, dont l'apôtre parle quand il écrit qu'il a été délivré de la gueule du lion, jusqu'au temps

de Maximin, et nous consoler, voyant que Dieu a pris pitié de son peuple, et qu'il les a ramenés dans leur patrie, c'est-à-dire dans l'Eglise qu'il avait donnée à leurs pères ou aux apôtres, et aux hommes apostoliques : » Possumus hoc et de persecutionibus quœ nostro accidere populo a diebus Neronis, de quo scribit Apostolus : « Et liberatus sum de ore leonis {Il Timoth. iv, 17), » usque ad Maximini tempora dicere, quomodo Dominus misertus sit populo suo, et reduxerit eos in terrant suam, haud dubium (juin Ecclesiam, quam dédit palribus eorum, apostolis, et apostolicis viris. Mais il est utile de bien établir ce nombre de persécuteurs et de persécutions, et d'en examiner le succès avec attention.

§ 11. — Des sept principaux tyrans dont le démon se servit pour persécuter l'Eglise, figurés par tes sept têtes couronnées du dragon, et de leur fin tragique.

Ces sept principaux tyans furent Néron, Domitien, Dèce, Valérien, Aurélien. Dioclétien et Julien, tous empereurs romains idolâtres, qui n'omirent rien pour détruire l'Eglise de Dieu, et pour se signaler pardessus les autres, dans la haine contre Jésus-Christ et contre les fidèles, et qui périrent tous par une mort funeste.

Lactance dans son beau livre intitulé De mortibus persecutorum, qui vientd'être rendu à l'Eglise, et qui semble n'avoir été découvert en ce temps que par quelque secret de la Providence, et pour apprendre à ceux qui persécutent l'Eglise, quel terrible sort ils doivent attendre, n'en compte pas davantage : Néron, Domitien, Dèce, Valérien, Aurélien et Dioclétien. En voilà six qu'il marque, et qui avaient paru de son temps; mais peu après, l'empereur Julien remplit le nombre fatal.

Le grand Constantin traitant expressément de cette matière dans son célèbre discours Ad sanctorum cœtum, rapporté par Eusèbe, omettant Néron et Domitien, qui de l'aveu de tout le monde, ont été les deux premiers ennemis du peuple de Dieu, s'arrête à Dèce, Valérien, Aurélien et Dioclétien. Voici ses paroles :

« Je parle maintenant à vous, ô Dèce, qui insultiez aux travaux des justes, qui, portiez tant de haine à l'Eglise, qui condamniez au dernier supplice des hommes d'une éminente vertu ; est-ce que votre infortune n'a pas suivi de près votre impiété, lorsque renversé par terre, et voire année défaite dans les campagnes de Scythie, vous exposâtes aux mépris et à l'insolence des Goths, la gloire de l'empire romain, si célèbre par toute la terre?

« Je parle aussi à vous, ô Valérien, lorsqu'animé de ce même esprit de cruauté, vous déclarâtes la guerre aux serviteurs de Dieu: quel juste jugement n'attirâtes-vous pas sur vous en punition de ce crime, lorsqu'aux yeux de l'univers, pris par vos ennemis, et conduit dans les fers avec votre manteau de pourpre et le re.4e des ornements impériaux, enfin écorché par ordre de

SOI

LAPUCALYPSE^EXPLiQUEE.

Sapor, roi de Perse, et embaumé, votre poau fut exposée à la postérité pour être un monument éternel de votre désastre?

« Je parle encore à vous, ô Aurélien, boulefeu de toutes sortes de crimes, combien visiblement fûtes-vous percé des traits de la vengeance divine, lorsque poussé par les mouvements d'une fureur brutale, vous parcouriez la Tbrace, et que, blessé au milieu d'un grand chemin, vous remplîtes de voire sang impie les sillons de la plaine?

« Que dirai-je de Dioclélien, qui, après avoir exercé une sanglante persécution contre l'Eglise, se condamna lui-même, et devenu fou, s'imposa la peine de demeurer renfermé dans une vile solitude? Que lui servit-il d'avoir déclaré la guerre à notre Dieu, sinon d'en remporter une terreur panique qui lui tit incessamment craindre d'être tué d'un coup de foudre, et passer le reste de ses jours dans ces frayeurs continuelles? Celte ville de Nicomédîe ne publiei-elle pas cette vérité, aussi bien que ceux qui en ont été témoins oculaires, .et du nombre desquels je suis?»

Te mine inlerrogo, o Deci, qui juslorum laboribus otim insultabas, qui Ecclesiam odio persequebans; viros summa virtute prœditos supplicio affecisti; tuam verte infelicitatem satis superque declaravit illud lemporis spatium, quod inter vilain ac mortem tuam intercessit, cum lu in campis Scylhicis, una cum omni exercitu prostratus, imperium Bomanum tantopere celebratum, Gothorum conlemptui ac ludibrio exposuisli. Tu quoque, Valériane, cum camdem crudelitalem in famulos Dei déclarasses, judicium omnium oculis subiisti, captus ab hostibus, et in vinculis circuniductus, cum chlamyde purpurea, et reliquo imperiali cultu, tandem vero a Sapore Persarum rege delracla tibi cuti condiri jussus, sempilernum calamilulis luœ tropœum, spectandum prœbuisli. Tu aulem, Aureliane, fax-omnium vitiorum, quam prœsenti et perspicua divini Numinis vindicta, dum furore percitus Thraciam percurreres, in medio vice publicœ cœsus, sulcos aggeris publici impio sanguine complevisti? Dioclelianus vero post vruentam persecutionis sœvi- Ham, suamet ipse sententia damnatus ob titium insaniœ, vili quodam clausus domicilia pœnas dédit. Quid igitur Mi profuit bellum Deo nostro intulisse? ut sciltcet fulminis ictum assidue metuens, reliquam deinceps vitamexigeret. Testatur hœc urbs Nicomedta, nec silenl hi qui rem oculis viderunt, quorum ex numéro ettam ipse sum.

Que si à ces six tyr.ms idolâtres on y joint Julien, qui parut peu après Constantin, on aura le nombre complet et pariait.

Méliton, évêque de Sardis, l'an 170 de Jésus - Christ, quoiqu'il reconnût diverses persécutions contre les fidèles, assure dans son Apologie pour la religion chrétienne à. l'empereur Marc-Aurèle, que Néron et Donatien étaient les deux seuls empereurs persécuteurs de l'Eglise jusqu'alors : Soli ex omnibus Nero ac Vomittanus retigionern no-

iv,

stram criminari studuerunt. (Euseb., lib c. 26.)

Saint Jérô ne ( in IJabac. m ) confirme cette vérité; cur parlant des persécuteurs de l'Eglise de Jésus-Christ, et de leur tin désastreuse, il nomme Julien, Maximien (c'est Dioclélien, comme on verra) Valérien, Dèce, Domitien et Néron : « Nous pouvons. » ditil, « nous servir de ce verset, quand nous voyons quelquefois que les rois et leurs ministres répandent le sang chrétien, et sont ensuite châtiés par la justice divine ; ce que nous avons vu arriver en la personne de Julien, de Maximien, de Valérien, de Dèce, de DoiuitieneldeNéron : » Possumus hoc versiculo uti, st quando reges et duces eorum, Chrislianum viderimus sanguinem fundere, et postea ultionem Domini consecutam; quod dudum in Juliano, et ante eum in Maximiano, Valeriano, Decio, Domitiano, Nerone perspeximus. Par où l'on voit qu'il met Julien au nombre des sept tyrans. On dira qu'il omet Aurélien ; mais Lactance, Eusèbe, ni Constantin, ne l'ont [tas omis, comme on a vu, ni les autres écrivains ecclésiastiques, qui traitent expressément de ce sujet, qu'on rapportera bientôt : saint Jérôme même le reconnaît pour tel dans ses autres ouvrages, particulièrement dans sa Chronique, qu'on verra aussi dans un moment, où il dit ces paroles : Aurélien excite une persécution contre les Chrétiens.

Saint Prosper interprétant cet endroit de Y Apocalypse, reconnaît que l'apôtre, par ces sept têtes couronnées, désigne sept tyrans signalés entre les ennemis du peuple de Dieu : « Autant, » dit-il, « que je le puis pénétrer, j'estime que l'apôtre par ces sept têtes de dragon, a voulu représenter certains empereurs, qui ont été les plus cruels persécuteurs de la religion de Jésus-Christ.)) C'est dans son livre intitulé : Dimidium temporis. In quantum datur existimatio, priores reges memorat Joannes, qui truculentiores fuerunt in religionem Chrisli.

Saint Jean lui-même développant cet énigme, nous le dira en paroles expresses au y 9 du chapitre x.vir : Ces sept têtes signifient sept rois, ennemis du peuple de Dieu : Septem capita, ieptem reges sunt. Or quels autres sept empereurs ont régné sur Rome, qui méritent mieux le nom de principaux persécuteurs des fidèles, que ceux qu'on vient de rapporter?

Enfin dès le commencement nous avons vu l'Agneau debout et en posture de combattant, armé de sept cornes : Agnum stantem, habentem cornua septem ; figurant sans doute par là les assauts qu'il, allait soutenir contre ces sept agresseurs, les victoires qu'il remporterait sur eux, et la punition qu'il en ferait, suivant cette prédiction du Prophète (Psal. lxxiii, ik) : Tu confregisti capita draconis, vous avez brisé lies tôles du dragon.

Cette vengeance a-t-(dle pu être plus éc'a tante, plus grande et plus prompte? Lactance et Paul Orose le vont dire, et confirmer par là ce nombre déterminé de sept persécuteurs.

JËUVRES COMPLETES DE DE LA GHETARDIE.

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I. « Néron, «dit Lactance traitant expressément de la fin tragique de ces sept tyrans exterminés par l'Agneau, «futjjle premier qui persécuta l'Eglise de Dieu : mais il est à propos de considéreri'état où elle était lors de celte tempête, qui devait avoir tant de suites. Les disciples , » dit cet auteur, i< ayant prêché l'Evangile par toute la lerre, comme Notre-Seigneur le leur avait commandé, et durant l'espace de vingt-cinq années, jeté les fondements de l'Eglise dans toutes les provinces de l'empire, saint Pierre arriva à Rome lorsque Néron était sur le trône : » Disdpuli dispersi pcr omnem terram ad Evangelium prœdicandum, sicut Mis Magisler Dominus imperaverat, et per annos viginti quinque usque ad principium Neroniani imperii per omnes provincias et civitates, Ecclesiœ fundamenta miserunt : cumque jam Nero impcraret, Petrus liomam advenit, et editis quibusdam miraculis, quœ virtule ipsius Dei, data sibi ab eopolestate, faciebat, convertit multos ad justitiam, Deoque templum fidèle ac slabile collocavit.

Ce n'est pas néanmoins (pour interrompre un peu la narration de Lactance) que cet apôtre ne se fût déjà transporté à Rome pour y prêcher la foi, comme nous l'apprend Eusèbe (Hist., lib. n, c. h), en ces termes : « Au temps de l'empereur Claude, la providence très-aimable de Dieu conduisit à Rome saint Pierre, le très-invincible et trèsgrand d'entre tous les apôtres, pour combattre Simon le Magicien : et ce fut pour lors que ce grand saint porta d'Orient en Occident les richesses précieuses de l'Evangile, annonçant aux occidentaux la lumière du salut et la doctrine du royaume des cieux : •» Claudii Augusti temporibus, benigna et clemenlissima Dei providentia, fortissimum, et maximum inter aposlolos Petrum, et virtutis merito reliquorum principem et patronum, Romain adversus Simonem Magum per durit qui pretiosam illam lucis intelligibilis

mercedem ab Oriente ad eos qui adversus occasum habitant, delulit,lucem ipsam, et salutarem mentibus doctrinaux, regnum scilicet cœlorum, ipsis annuntians.

- « Ce grand apôtre étant donc à Rome', «poursuit Lactance, « gagna par la vertu des miracles, que Dieu lui donnait la force d'opérer, plusieurs païens, et bâtit au Seigneur un temple fidèle et durable. Mais Néron, ce tyran exécrable et pernicieux, ayant été informé que tous les jours à Rome et dans les provinces, on abandonnait en foule le culte des idoles et l'ancienne supertition, pour embrasser la religion du vrai Dieu, se résolut de ruiner cet édifice céleste. Ce fut donc lui qui le premier déclara la guerre aux Chrétiens, et devint leur premier persécuteur : il lit crucifier saint Pierre, et tuer saint Paul, mais ce ne fut pas impunément. Voici l'Agneau qui va le frapper et le renverser. Le Seigneur jeta les yeux sur la désolation de son peuple : Aussi a-t-il sept yeux pour voir les calamités de son Eglise, aussi bien que sept cornes pour la défendre :

ptem. » Le tyran précipité du faîte de sa grandeur, disparut tout à coup, en sorte que l'on ne put même découvrir le lieu de sa sépulture : » Qua re ad Neronem delata, cum animadverteret non modo Romœ, sed ubique quotidie magnum multitudinem de fie ère a cultu idolorum, et ad religionem novam, damnata vetustate, transir e ; ut erat exsecrabilis ac nocens tyrannus , prosilivit adecindendum cœleste templum, delendainque justitiam, et primus omnium persecutus Dei servos, Pctrum cruci affixit, et Paulum inlerfecit ; nec tamen abiit impune.

« Et celui qui voulait rendre odi ux le nom chrétien, esi déclaré l'ennemi du genre humain : le sénat le proscrivit, » dit Paul Orose, « et ce malheureux devenu fugitif, se tua lui-même, et éteignit en sa personne toute la famille des Césars. » Rcspexit Deus ■vexationem populi sui. Etenim Nero kostis a senatu pronuntiatus , ignominiose fugiens sese interfecit , nique in eo omnis Cœsarum familia consumpta est.

Ce que Tertullien (Apologet., lib. m) avait déjà écrit en ces termes : « Lisez vos histoires, et vous trouverez que ce fut Néron, qui le premier animé de fureur, se servit du glaive des Césars pour persécuter l'Eglise, lors qu'elle commençait à s'établir dans- Romi' : » Consulile commentarios vestros, illic reperietis primum Neronem in hanc sectam cum maxime orientent, Cœsariano gladio ferocisse.

Car avec ces deux bienheureux apôtres, il y eut une grande multitude de fidèles, qui, à leur imitation, soulfrirent le martyre, comme l'écrivent saint Clément (Epist. ad Cor.) e* Corneille Tacite >< Peiro et Paulo aggregata est ingens electorum multitudo, qui mullus contumelias, multaque tormenta propter œmulationem passi exemplo pulcherrimu fuerunt. Multitudo ingens.

Cette persécution dura près de quatre ans, et elle fut si horrible, et laissa une telle impression de cruauté, que plusieurs étaient persuadés que Néron devait un jour revenir être le précurseur de l'Antéchrist, et que les sybilles l'avaient ainsi prédit, comme divers graves auteurs le rapportent.

Jl. Domitien, second persécuteur, aussi méchant et aussi impie que le premier, règne toutefois heureusement, tandis qu'il

s'abstient de faire la

à l'Agneau

mais sitôt qu'il l'entreprend, il est percé de ses mystérieuses cornes, et il perd l'empire avec la vie : « Quelques années après Néron, » dit le même Lactance, <i Domitien qui n'était pas un moindre tyran , parut au monde, et quoique sa domination fût intolérable, ses sujets portèrent néanmoins sans révolte un joug si dur, et il régna en paix, jusqu'à ce qu'il eût élevé ses mains impies contre le Seigneur: mais sitôt que par l'instigation des démons il entreprit de persécuter le peuple de Dieu, pour lors livré en proie à ses ennemis, il fut inhumainement assassiné par les siens mêmes, et son cadavre très-ignominieusement inhumé; la ven-

« llabentem oculos septem , et comua se- geance divine ne liuil point après sa mort si

L'APOCALYPSE EXPLIQUEE

8(iG

honteuse, la mémoire de son nom devint en exécration, et quoiqu'il eût fait construire plusieurs édifices merveilleux, qu'il eût rétabli le Capitule et beaucoup d'autres monuments dignes de la magnificence romaine, le sénat animé contre sa mémoire, fit briser ses slatues et effacer ses images et ses inscriptions, afin qu'il ne restât rien de lui, et par des décrets sanglants flétrit à jamais son nom. Tous les actes de ce détestable empereur ayant été abolis, l'Eglise non-seulement recouvra sa première splendeur, mais même jeta bien loin de nouveaux rayons ; en sorte que sous l'empire des bons princes qui suivirent, elle ne se vit point exposée aux insultes de ses ennemis, ce qui lui donna lieu d'étendre ses bras en Orient et en Occident, avec tant de succès, qu'il n'y eut point de pays si reculé où la religion du vrai Dieu ne pénétrât, nulle nation si farouche qui ne s'adoucit par la prédication de l'Evangile, et la pratique des vertus chrétiennes. r>Post hune interjectis uliquot annis, ulter non minor tyrannies ortus est, qui cum exereeret invisam dominationem, subjeclorum tamen eervicibus ineubavit quam diutissime, tulusque regnavit, donee impias manus adversus Dominum (enderet. Postquamvero ad persequendum justum populum instinclu deemonum incitatus est, tune traditus inmanus inimicorum luit pœnas etc. Reseissis igitur aclis tyranni, non modo in slatum pristinum Ecclesia restituta est, sed etiam mullo clarius ac fîoridius enituiU, manusque suas in Orientent, Occidentemque porrexit, ut jam nullus esset terrarum angulus tamremotus, quo non religio Dei penetrasset, nulla denique nalio lam feris moribus vivens,ut non suscepto Deicultu, ad juslitiœ opéra mitescerct : sed enim postea longapax rupla est. »

III, «Dèce, troisième persécuteur, comme une bête féroce, » dit Lactance, « entreprit de persécuter l'Eglise, après qu'elle eût joui pendant plusieurs années de la tranquillité ; car qui se déclarerait contre la justice, qu'un méchant homme? et comme s'il ne fût parvenu à l'empire, que pour s'élever contre Dieu, aussitôt qu'il se vit maître, il se hâta de persécuter les fidèles. Etant allé contre les Carpes, qui s'étaient emparés de la Dacie et de la Moésie, il fut enveloppé par ces barbares, qui le tuèrent avec une partie de ses troupes; il ne jouit pas même des honneurs du tombeau, et son corps n'eut pour sépulture que le ventre des bêtes sauvages, et des vautours, comme le méritait un ennemi de Dieu :» Exstitit post annos plurimos exsecrabile animal Dtcius, qui vexaret Ecclesiam. Quisenimjustiiiam, nisimalus, persequatur?

et quasi hujus rei gratia provectus adversum Carpos, qui tum Daciam Mœsiamque occupaverant, slutimque circumventus a barbarie et cum magna exercitus parte deletus, nec sepultura quidem potuit honorari : sed exutus ac nudus, ut ftostem Dei oporlebat, pabulum feris ac volucribusjacuit.

IV. « Valérien, quatrième persécuteur, possédé d'une semblable manie, éleva sa main contre le Seigneur, et son règne, quoi-

que de peu de durée, coûta beaucoup de sang aux fidèles; mais Dieu lui fit sentir un châtiment tout singulier et nouveau, pour servir de témoignage à la postérité, qu'enfin les méchants reçoivent la peine due à leurs crimes. Ce prince fut pris par les Perses; et non-seulement il perdit l'empire dont il avait si insolemmenlabusé, mais encore la liberté qu'il avait ôtée à ses sujets. Il passa même le reste de sa vie dans une honteuse servitude ; toutes les fois que Sapor roi de Perse, voulait monter à cheval ou dans son charriot, il commandait à ce misérable de se courber, et mettait le pied sur son dos, lui reprochant avec une raillerie amère, que son esclavage était une vérité, au lieu que les triomphes que l'on faisait peindre à Rome, n'étaient que des fables. Ce prince malheureux vécut encore quelque temps, afin que le nom romain fût plus longtemps le jouet de ces barbares ; le comble de ses maux fut d'avoir un fils empereur et de n'avoir point en lui un vengeur, car personne ne se mit en devoir de le délivrer. Au reste, après qu'il eut perdu la vie au milieu de tant d'indignités, ces barbares lui ôtèrenl la peau, qu'ils peignirent de rouge, et la pendirent dans un temple, comme un monument de leur victoire, et pour apprendre aux Romains à ne se pas tant confier sur leurs forces. Dieu s'étant vengé si sévèrement de ses sacrilèges ennemis, n'est-ce pas une chose étonnante que quelqu'un ait encore l'audace d'insulter à la majesté de ce Maître de l'univers? » VaUrianus non dissi mili furore correplus, impias munus in Deum intenlavit, et multuin, quamvis brevi tempore, justi sanguinis fudil. Al illum Deus novo [ac singulari pœnœ génère affecit, ut esset posteris documenlum, adversarios Dei sœpe dignam scelere suo recipere mercedem. Hic captusa Persis, etc

V. «Aurélien, cinquième persécuteur, qui naturellement était un prince emporté, ne tira aucun fruit de la captivité de Valérien ; mettanten oubli et le crime et le châtiment de cet empereur, il provoqua la colère du Tout-Puissant par des actions cruelles. Il n'eut pas le temps néanmoins d'exécuter ses projets funestes; la mort le surprit dans les premiers accès de sa fureur ; ses sanguinaires édils n'étaient pas encore parvenus aux provinces les plus éloignées, que le corps de cet impie était étendu sur la poussière ; ses amis, à ce qu'on dit, en ayant pris ombrage, le tuèrent près de Cœnofrurium, bourg de la Thrace; grands exemples qui devaient servir de leçon aux empereurs qui suivirent: mais tant s'en faut qu'ils en aient été touchés, qu'ils s'en élevèrenteontre Dieu avec plus d'audace. » Aurelidnus, qui esset natura vesanus et prœceps, quamvis caplivilatem Yaleriani meminisset, tamen oblitus sceleris ejus et pœnœ, iram Dei crudelibus factis lacessivir. Yerum Mi, ne perficere quidem quœ cogilaverat, licuit, sed produits inter initia sui furoris exstinctus est. Nondum ad provincias ulteriores attenta cjusscriptaperteneranl ; et jam Camofrurio, qui locus est

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