‹ Œuvres completesChapitre 209 sur 296 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

L'empire romain idolâtre et persécuteur ressuscité par Julien, figure de l'apostasie

et du règne de l'Antéchrist.

SOMMAIRE. — I. Saim Jean voit une bète monstrueuse ayant sept têtes, sur lesquelles il y a des noms de blasphème, et dix cornes couronnées de diadènns ; c'est la figure de l'empire romain et des sept empereurs qui oui lani blasphémé COnire Jésus-Christ et son Eglise, dont on a parlé ci-dessus, et des dix rois harhaies qui persécutèrent aussi l'Eglise et appuyèrent l'empire, qu'ils démembrèrent ensuite. Ces sept lèles n'ont point de couronnes, parce qu'on vient de les voir dégrafer an chapitre précédent, et que ces rois barbares, représentés par ces cornes, les leur ont enlevées par le partage qu'ils firent des provinces romaines, qu'ils érigèrent en royaumes.

II. Celte bête avait le corps d'un léopard, les pieds d'un ours et la gueule d'un lion, monstre qui figurait l'empire d< s Babyloniens, des Perse* et des decs, dont l'empire romain était composé, parce qu'il avait envahi leurs terres, ei qu'il s'étail revêtu de burs impiétés et de leurs superstitions, aussi bien que de leurs cruautés contre le peuple de Dieu.

III. Le dragon donne sa force et sa grande puissance à celte bêle, parce que l'empire romain devient le dépositaire de la fureur du démon contre l'Eglise.

IV. Une des têtes de la bête paraît blessée à moit, et li bête par Conséquent aussi : c'est Constantin qui avait fait mourir Dioclélicn, sixième tête de la bête, (ué l idolâtrie en la personne de Licinius, dernier persécuteur, et aboli le paganisme ou l'ancienne superstition.

V. La bête ressuscite par le moyen d'une de ses têtes, qui lui donne la vie, et tout le monde, surpris de cette résurrection, court pour l'adorer, aussi bien que le dragon qui lui avait rendu la vie; c'est Julien l'Apostat qui fait revivre l'idolâtrie, et qui se fait adorer avec les faux dieux; il blasphème contre Dieu et les saints, et règne quarante-deux mois, c'est-à-dire trois ans et demi environ.

YL Une bêle ayant deux roi nés semblables à celles de l'Agneau s'élève de la terre, va au-devant de la première bêle qu'elle lait adorer par les prodig-s qu'elle opère en confirmation de sa divinité; c'est Maxime qui, armé de la philosophie et de la magie, comme de deux cornes d'un agneau iravesii, vient au secours de Julien, pour appuyer son impiété, et qui, par ses raisonnements et ses prestiges, s'efforce d'obliger les hommes à adorer la première bète, c'esi-à-dire Rome, ou l'empire romain, dont cet apostat est le chef.

Yll. L'image de la bête recouvre la vie et la parole ; les faux dieux qui s'étaient lus depuis Constantin, re< dent 1 urs oracles sous Julien.

Y III. P> rsonne ne peut acheter ni vendre, s'il n'a en main le caractère de la bêle, parce que Julien fit fabriquer sa monnaie; où l'on voyait des victimes immolées aux pieds des idoles et de leurs autels.

IX. Le nombre de six cent soixanle-six, nui désigne énigmatiquemeni le prince impie qui doit ressusciter l'iiiolâtrie, se trouve en plusieurs manières dsms le nom de Julien, dont tout le règne est ici décrit ; et par conséquent l'Eglise, qui depuis Constantin jusqu'à Julien, c'est-à-dire depuis l'an 524 jusqu'à l'an 360, était demeurée dans un même étal, et n'avait eu à combattre que les hérésies (figure de celui où elle doit être jusqu'à la venue de l'Anlecluisi) ehange de face sous Julien, dont l'apostatie et la jerséculion représentent celles de ce dernier ennemi du peuple de Pieu.

1. Et vidi de mari bestiam ascendentem, habentem capita septem, et cornua deceto, et supra cornua ejus decem diademata,et isuper capita ejus nomina blasphemiee.

2. Et bestia quani vidi, similis erat pardo, et pedes ejus sicut pedes ursi, et os sicut os ]• onis, et'dedit illi draco virtutem suatu, et potestateoi magnam.

3. Et vidi unura de capitibus suis quasi occisum in mortemi et plaga morlis ejus curalusest : et adarirala est universa tua post bestiam.

k. Et adoraverunt draconem , qui dédit poteslatera bestiœ : et 'adoraverunt bestiam , dicentes : Quis similis bestiœ , et quis poterit pugnare cum ea?

5. Et datum est ei os loquens magna et blasphemias, et data est ei potestas facere menses quadraginta duos.

6. Etaperuitos suum in blasphemias ad Deum , biasphemare nomen ejus, et eos qui in cœlo habitant.

7. Et est datum illi bellum facere cum sanctis, et vincere eos, et data est illi polestas in omnem tribun), et populum, et linguam et gentem.

8. Et adoraverunt eam omnes qui inhabitant terram, quorum non suntscripia nomina in libro vilœAgni, qui occisus est ab origine niuiidi.

Page 1