CE QUE NOUS DEVONS CKOIRE
En quoi consiste-t-il?
En l'assemblage de toutes sortes de biens, et l'exclusion de toutes sortes de maux : 1° là on voit Dieu face à face, ses admirables perfections et attributs ; on y contemple dans un souverain ravissement ses émanations intérieures, et les Personnes divines ; 2° on aime Dieu souverainement ; 3° on est divinisé en lui par une union parfaite et consommée, étant en Dieu, et Dieu en nous ; 4° on possède une joie qui passe tout sentiment, avec assurance de ne la perdre jamais, et de ne la voir jamais diminuer; 5° on jouit de la présence de Jésus-Christ, de la sainte Vierge, des anges et des saints ; 6° on possède l'immortalité et l'incorruptibilité; 7e on est exempt de tous les maux du corps et de l'esprit, de la maladie, de la vieillesse, de la mort, de la faim, de la soif, du froid et du chaud, de la crainte, de la tristesse, de la douleur, de l'ignorance, de l'erreur, etc.; 8° on possède toutes sortes de biens spirituels et corporels : la jeunesse, ^la beauté, la santé, la science; etc.; 9° on est doué des quatre excellentes qualités qui sont propres aux corps glorieux.
Dites -les.
1° Impassibilité ; 2° 4° clarté. Car comme incapable de lésion , tal sans le rompre,
agilité
subtilité; 3° le rayon du soleil est qu'il perce le crisqu'il se répand d'un bout du monde à l'autre en un instant, et qu'il porte la lumière partout, ainsi le corps d'un bienheureux : 1° sera invulnérable; 2° il pénétrera tous les corps sans résistance; 3" il ira en un instant du plus haut du ciel en terre; 4° il brillera incomparablement plus que le soleil. Telle est la récompense que Dieu a promise à ceux qui l'aiment, et que saint Paul , après le Prophète, assure que « nul œil n'a jamais vue, que nulle oreille n'a jamais ouïe, que le cœur humain n'a jamais comprise. » Ajoutez à cela l'éternité bienheureuse de'.ce royaume, qui n'aura jamais de fin, et qui sera comme le couronnement du bonheur des saints dans la gloire, appelée à bon droit la vie éternelle (35).
Qui seront les plus heureux ?
Ceux qui auront le plus aimé Dieu , irailé Jésus-Christ, pratiqué de bonnes œuvres, souffert patiemment les maux de cette vie.
Qu'est-ce que les auréoles ?
Des récompenses et des couronnes spéciales, dont Dieu honorera ceux qui auront fait quelque chose d'héroïque pour son service.
A qui seront-elles particulièrement données ?
1° Aux martyrs; 2° aux vierges; 3" aux docteurs.
Pourquoi?
Les premiers, pour avoir triomphé du monde; les seconds, de la chair; les troi-
(33) Voir la noie précédente pour bien comprendre celle léponse.
(31) Voir dans l'article Eglise, les noies qui expliquent Celte vérité.
(35) li ne faut pas oublier que, d'après les paro-
les de Jés'is-Cluist, il y a différents degrés de bonheur et de gloire dans le ciel, ou plusieurs demeures. Les récompenses de l'éternité sont proportionnées aux mérites des saims, mais tienne masque au bonheur des élus.
sièraes , du démon , à qui ils ont enlevé les âmes pour les porter au ciel, et tous pour avoir vaincu les principaux ennemis de la gloire de Dieu et du salut des hommes.
Qu'est-ce donc que la vie future?
Une pure joie et une fêle perpétuelle.
Après la résurrection générale et le jugement dernier, qu'arrivera- t-il de ce monde ?
Le temps cessera, les mouvements du soleil et de la lune, (les astres et des cieux s'arrêteront pour jamais. Les jours et les nuits ne se succéderont plus les uns aux autres : on ne comptera plus de mois ni d'années : on ne distinguera plus les saisons d'hiver et d'été, de printemps et d'automne : il n'y aura plus de vicissitude ni de changement dans la nalure : toutes choses demeureront dans une stabilité immuable et perpétuelle.
Et la terre que deviendra- 1- elle?
Tous les ouvrages des hommes , et tout ce qu'elle a d'impur et de corruptible , ayant été consumé par le feu qui aura précédé le juge. nent, elle se trouvera comme purifiée et renouvelée ; elle aura un nouveau lustre et une splendeur qui contribuera à la beauté de l'univers, à la gloire du Créateur et à la félicité des saints.
Pourquoi ne parle-t-on point de la mort éternelle des méchants dans le Symbole?
Il n'a été proprement fait que pour les fidèles et les enfants de Dieu qui entrent dans l'alliance de Jésus-Christ, de laquelle le Symbole est comme le traité, nature de contrat, dans lequel , principalement quand il se passe entre le père et les enfants, l'époux et l'épouse, on ne parle point de punitions ni de menaces, ce qui serait de mauvais augure, et témoignerait quelque défiance des promesses de fidélité et des assurances amoureuses qu'on se donne;réciproquementdans ces occasions : outre qu'il n'était pas à propos de présupposer qu'on pût croire qu'un Chrétien fût capable de vouloir se damner et se précipiter dans les flammes éternelles; supplice, comme observe saint Chrysostome, qui d'ailleurs n'a pas été préparé pour les hommes, mais pour les démons (36).
Est-ce pour la même raison qu'on ne parle pas non plus dans le Symbole du concile, de la rémission des péchés par le sacrement de pénitence , mais seulement de celle quon reçoit par le baptême ?
Sans doute, parce que, outre que la doctrine chrétienne ne doit pas être révélée tout à la fois à ceux qui sont initiés aux mystères, ainsi que nous voyons à l'égard des autres sacrements, dont on n'a rien mis dans les Symboles, on présuppose que les
(3l>) Les damnés sont également immortels; mais leur situation malheureuse est, suivant l'expression de l'Ecriture, une mort éternelle. On peut appliquer aux réprouvés, non-seulement l'article. où il est dit que Jésus-Christ viendra juger les vivants el les morts, mais encore celui qui proclame la vie éternelle, car l'éternité est pour les damnés comme pour les saints.
(57) Les conséquences pratiques à tirer de celle vérité de l'éternité, c'est qu'il ne laut pas nous lais-
baptisés seront vraiment fidèles à Dieu, et qu'ils conserveront inviolablement la grâce de leur régénération, sans avoir besoin de leur proposer, dès l'entrée, une seconde rémission de péchés, ni un autre sacrement pour l'obtenir. C'est en ce sens qu'il faut entendre l'Ecriture en plusieurs endroits, quand elle dit qu'il est impossible que ceux qui pèchent, après le baptême, soient renouvelés par une seconde pénitence; langage imité par les saints Pères qui ont souvent évité de parler du sacrement de pénitence, et n'en ont fait mention qu'avec peine et retenue, parce qu'ils voulaient qu'on crût que les vrais fidèles et enfants de Dieu n'en auraient pas besoin , et qu'ils craignaient de les rendre négligents à résister au péché, si on leur parlait d'abord d'un second remède pour l'effacer; qu'il serait même dangereux de leur donner cette ouverture à contre-temps, crainte de leur inspirer une confiance excessive en la miséricorde et bonté de Dieu, qui pourrait les porter au relâchement et attirer le mal, au lieu de l'éloigner. Us ont donc pensé qu'il suffirait de parler de ces choses à ceux qui en auraient besoin, lorsqu'ils seraient déchus de la grâce du baptême, pour les obliger à embrasser cette seconde table après le naufrage, avis qu'on ne donne point tandis que le vaisseau est en bon état (37).
Pourquoi n'est-il point parlé de l'Ecriture sainte dans le Symbole?
1° Les livres du Nouveau Testament n'étaient peut-être pas écrits lorsque les apôtres composèrent le Symbole. L'Eglise s'étant gouvernée un temps notable par le seul secours de la parole non écrite; 2° il suffit de nous y montrer l'Eglise catholique de laquelle nous recevons et l'Ecriture et le sens dans lequel nous la devons entendre , et qu'elle a toujours été entendue par les orthodoxes. Matière de laquelle il est bon d'édifier notre foi.