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PART. I. CE QUE NOUS DEVONS CROIRE

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deux Livres des Machabées, ou des guerres que soutinrent ces chefs du peuple de Dieu pour la défense de leur patrie et de leur religion.

Par qui ces livres ont-ils été écrits?

1° Le Pentaleuque l'a été par Moïse; 2° on tient que Josué l'a été par Josué même ; 3° et les Juges, Ruth, avec les deux premiers Livres des Rois, par Samuel, Gad et Nathan ; k" et le trois et le quatre des Rois, avec les Paralipomènes et les deux û'Esdras, par Esdras même, on doute si le second d'Esdras ne l'a pas été par Néhémias; 5" et Job par Moïse, ou par le même Job ; 6° et Tobie aussi par Tobie; 7° et Judith, par le grand prêtre Eliacbim ; 8°etEsther par Mardochée ; 9" le Psautier l'a été par David; 10° les Proverbes, Y Ecclésiaste, le Cantique des cantiques et la Sagesse, par Salomon : 11° l'Ecclésiastique par Jésus fils de Syrach ; 12° les prophètes ont écrit ou dicté leurs prophéties; 13° et on croit que les Machabées l'ont été en grande partie par Jean Hircan souverain pontife.

En quelle langue ces livres ont-ils été écrits?

1° Tous les livres saints jusqu'à Esdras l'ont élé en hébreu ; 2° Tobie et Judith, et quelque partie d'Esdras et de Daniel, en chaldaïque, qui était celle des Babyloniens chez qui les Israélites étaient pour lors captifs; 3° de ces deux idiomes il s'en forma un troisième, dont les Juifs usèrent après le retour de la captivité jusqu'à la venue de Jésus-Christ, qu'on appelait, le syriaque, et il est vraisemblable que l'Ecclésiastique, Esdras, Baruch et les Machabées ont été écrits en cette langue, et en grec, du moins en partie.

Qu appelle-t-on la version des Septante ? Trois cents ans environ avant la venue de Jésus-Christ, Ptolémée Philadelphe , roi d'Egypte, obtint des Juifs six docteurs de chaque tribu, faisant soixante-douze qu'on réduit à soixante etdix dans le langage commun, lesquels, venus en ses Etats, traduisirent en grec les Livres saints, que ce roi mit dans la bibliothèque du monde la plus curieuse, qu'il faisait dresser à Alexandrie. On prétend que ces docteurs furent logés séparément, et que sans se rien communiquer, ils achevèrent en soixante-douze jours leur version, qui se trouva toute conforme l'une à l'autre.

Comment divise-t-on tous ces livres?

1° En historiques, tels que la Genèse , l'Exode, Josué, les Juges, Ruth, les Rois, les Paralipomènes, Esdras, Tobie, Judith, Esther, Job, les Machabées; 2° en légaux, comme les autres livres deMoïse; 3" en moraux, ainsi que sont lessapienliaux; k°en prophétiques, comme les Psaumes et les prophètes. Que dites-vous des livres de l'Ancien Testament ?

Qu'ils insinuent Jésus-Christ partout, et qu'il en est l'âme : en effet le Fils de Dieu étant la parole éternelle du Père, se trouve exprimé dans la parole écrite, comme dans une vive empreinte, on l'y voit gravé de tous

côlés : ses vertus, ses mystères, sa vie, son histoire, son Eglise, ses souffrances, tout y est tableau, peinture, image, représentation, prédiction, promesse', figure. Chaque personne porte quelque caractère du Verbe incarné. En nn mot, tout l'Ancien Testament n'est qu'un riche tissu qui, d'espace en espace, comme ces somptueux ornements d'Eglise, forment Jésus-Christ, ou tracent son chiffre, ou désignent ses mystères : on le trouve incessamment répandu partout.

Combien y avait-il que le monde était créé quand Jésus-Christ vint au monde?

4,000 ans, qu'on partage en six âges, 1° depuis la création jusqu'au déluge, 1656 ans ; 2° depuis le déluge jusqu'à Abraham, 450 ans environ; 3° depuis Abraham jusqu'à Moïse, autres 450 ans environ ; 4° de Moïse à Saùl, 500 ans; 5° de Saùl à la captivité de Rabylone, 500 ans; 6° de la captivité de Babylone à Jésus-Christ, 500 ans; faisant en tout quatre millénaires.

Pourquoi cette division?

On trouve à chaque époque un renouvellement du culte de Dieu : 1" lors du déluge sous Noé, par un pacte, et une alliance de Dieu avec les hommes; 2* lors d'Abraham, par la circoncision ; 3° lors de Moïse, par la Loi ; 4° lors des rois, par l'érection du temple; 5° lors d'Esdras, par la rénovation de la religion judaïque; 6 enfin lors de Jésus- Christ, par l'établissement du nouveau peuple. D'ailleurs Jésus-Christ réunissant en lui la qualité déjuge, de roi et de prêtre, on trouve que le peuple de Dieu a été soumis à ces trois formes de gouvernements. Le premier juge fut Moïse, et le dernier Samuel: Le premier roi Saùl, et le dernier Jéchonias. Le premier prêtre Zorobabel, et le dernier Caïphe. Or, donnant 500 ans à chacun de ces gouvernements, vous aurez 1,500 ans à remonter de Jésus-Christ à Moïse : et comme il y a 1,656 ans de la création au déluge, il ne vous restera que 900 ans environ entre Noé et Moïse, dont Abraham fait le milieu; méthode chronologique aisée à retenir.

Et les livres du Nouveau Testament ?

1° Ils ont tous été écrits en grec : on tient néanmoins que l'Evangile de saint Matthieu et YEpître aux Hébreux l'ont aussi été en hébreu, qui n'était pas pur, mais un dialecte du syriaque et du chaldaïque, pour lors la langue commune des Juifs, ainsi que l'Evangile de saint Marc en latin.

2°Us sont ou légaux, comme lesEvangiles; ou prophétiques, comme Y Apocalypse, qui veut dire révélation; ou historique, comme les Actes i ou moraux, comme les Epîtres des apôtres.

3° Il y a quatorze épîtres de saint Paul, nommé l'Apôtre simplement, parce qu'il l'est spécialement des- nations, et qu'il a écrit plus que les autres : une aux Romains; deux aux Corinthiens; une aux Galates ; une aux Ephésiens ; une aux Philippiens ; une aux Colossiens ; deux aux Thessaloniciens ; deux à Timothée; une à Tite ; une à Philémon; une aux Hébreux.

4" Il y en a encore sept des autres apôtres

(nommées canoniques, terme qui convient à présent h tous les livres que l'Eglise reconnaît pour Ecriture sainte, et qu'elle met dans le catalogue ou le canon des Livres sacrés et divins, pour être la règle de la foi et des mœurs) : une de saint Jacques le Mineur, fils d'Alphée, frère de Jude et évêque de Jérusalem, aux douze tribus dispersées; deux de saint Pierre, à tous les fidèles juifs et gentils répandus en plusieurs provinces ; trois de saint Jean, l'une aux Partîtes, comme on croit, l'autre à une dame nommée Electa, et la troisième à Caius; une de l'apôtre saint Jude, frère de saint Jacques le Mineur, à tous les fidèles en général, par cette raison nommée catholigue ou universelle, ainsi que celle de saint Jacques.

Combien y a-l-il de sens dans l'Ecriture ?

1° Le littéral ou celui que les termes et expressions présentent naturellement au lecteur; 2° le mystique, qui renferme un sens caché, et qui se sous-divise en allégorique, qui a relation aux figures de l'ancienne Loi ; en anagogique, qui en a à ce qui se passe dans le ciel ; en moral, qui concerne les mœurs. Ainsi ce mot seul de Jérusalem, dans le sens littéral, veut dire une ville de Judée ;dans l'allégorique, la Synagogue ; dans l'anagogique, le paradis; dans le sens moral, l'âme fidèle ou l'Eglise. Quatre sens en chacun desquels quatre grands docteurs ont excellé : saint Jérôme, dans le littéral ; saint Ambroise, dans l'allégorique; saint Augustin, dans l'anagogique; saint Grégoire, dans le moral.

Reste à dire qu'incontinent après le temps des apôtres, un auteur, dont on ignore le nom, fit, par l'assistance spéciale du Saint- Esprit, une version en latin de toute la Bible, si fidèle et si pieuse, que l'Eglise s'en est toujours servie et l'a autorisée, la déclarant autheniique, c'est-à-dire, non-seulement exempte d'erreur, en ce qui regarde la foi et les mœurs, mais de plus parfaitement conforme au texte original. Et c'est cette version que nous appelons la Vulgate, laquelle est entre les mains de , tout le monde.

Que dites-vous de ces nouvelles versions françaises, qui ont fait tant de bruit, et quon a condamnées ?

Qu'il ne faut ni les lire ni les garder.

Pourquoi ?

1° On doit obéir aux supérieurs légitimes qui les défendent pour de bonnes raisons, et sous de grièves peines; 2° elles ont été faites par des gens condamnés ou suspects; 3° et qu'on dirait les avoir entreprises a dessein de tourner si bien le sens de l'Ecriture, qu'il parût favoriser ou ne pas condamner des dogmes erronés, selon l'ancienne et l'ordinaire coutume des novateurs ; 4° et qui se sont élevés avec orgueil contre les puissances spirituelles et temporelles qui les avaient censurés, les ayant déchirés par des libelles injurieux, marque assurée que leur bouche n'est pas propre à servir d'organe au Saint- Esprit; 5" il faut mortifier le goût dépravé qu'on a pour les livres défendus, et cette

CATECHISME DE BOURGES. — PART. il. CE QUE NOUS DEVONS RECEVOIR.

curiosité vicieuse qui porta nos premiers science du bien et du mal, que nous avons parents à vouloir goûter du fruit de la hérité d'eux (38).

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