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DES SACREMENTS EN GÉNÉRAL

LEÇON I

Né éssilé de l'instruction sur les sacrements; raisons de leur institution.

Demande. L'instruction sur les sacrements es/ elle utile à un Chrétien?

Réponse. Extrêmement.

Pourquoi?

1° Il les reçoit souvent; 2° la grâce y est sûrement attachée; 3° s'il les reçoit mal, il fait un sacrilège; k' il contracte de grandes obligations en les recevant.

Que concluez-vous de là ?

Qu'il lui est important d'en connaître : 1° l'excellence; 2° la nécessité; 3° les effets; k" les engagements.

Pourquoi cette connaissance ?

Afin, 1° qu'il en ait de l'estime et de la vénération; 2" qu'il y apporte les dispositions convenables; 3' qu'il en retire du fruit; 4.° qu'il s'acquitte de ses devoirs.

Pourquoi Dieu nous communique-t-il sa grâce, qui est intérieure et spirituelle, sous des sigîies extérieurs et corporels ?

Aûn : 1° de s'accommoder à notre nature, rien n'étant plus convenable à l'homme, composé de corps et d'âme, que de s'élever aux choses spirituelles par le moyen des corporelles; 2° de l'humilier, en l'assujettissant à des choses sensibles et de peu d'apparence, et y attachant sa sanctification; 3° de le punir par où il avait péché, lorsqu'il préféra le corporel au spirituel ; k° de lui rendre la grâce par où le démon la lui avait ôtée ; 5° dé le préserver et de l'empêcher de recourir selon son inclination, à d'autres remèdes extérieurs qui seraient nuisibles et superstitieux, n'en trouvant point de salutaires; 6° de donner un objet sensible à l'exercice de sa piété ; 7° de condescendre à Tespr.it humain, qui se confie avec peine quand on lui promet des biens invisibles et spirituels, si on ne lui en donne quelques gages ou arrhes sensibles; 8° et lui donner moyen de faire que leur réception fût une protestation solennelle et publique de sa foi et de sa religion ; 9° le corps et l'âme étaient blessés et souillés par le péché, et avaient tous deux besoin d'être punis et consacrés.

Pourquoi ajoute-t-on des paroles aux signes extérieurs?

(38) Cet avis est d'autant plus important aujourd'hui, que la propagande prolestante fat d'incroya-

1° Pour une signification plus expresse de l'effet des sacrements; 2° pour représenter l'union de la parole éternelle à la nature corporelle dans l'incarnation, d'où découle toute la sainteté des sacrements ; 3° et l'opération toute-puissante de Dieu, qui fait tout par sa parole: 4° pour consacrer tout ensemble, et le corps par une matière bénite, et l'âme par une parole sainte.

A quoi les sacrements servent-ils?

1° A unir les fidèles entre eux ; 2° à les distinguer des infidèles ; 3° à les consacrer à Dieu.

A quoi encore?

A exciter la foi, l'espérance et la charité : la foi, en nous déclarant les mystères de la religion; l'espérance, en nous renouvelant les promesses de Dieu; la charité, en nous remémorant les bienfaits de Jésus-Christ. Ainsi l'Eucharistie, 1° expose à nos yeux le mystère de l'Incarnation; 2° réveille notre confiance aux mérites de celui qui s'immola pour nous; 3° provoque noire amour envers celui qui s'unit si tendrement à nous ; 4" enfin les sacrements sont institués pour la sanctification des âmes, ainsi que les sacrifices pour le culte de Dieu.

LEÇON II

Effets et différences des sacrements. — Dispositions en ceux qui les administrent el qui les reçoivent.

Les sacrements ne font-ils que signifier la grâce ?

Non-seulement ils la signifient, mais ils la produisent.

Faites-nous concevoir cela par un exemple?

De même que Jésus-Christ mettant de sa salive sur la langue d'un muet, et lui disant de parler, non-seulement signifiait la guérison de cet infirme, mais lui rendait effectivement la santé du corps; ainsi les sacrements par la matière dont on se sert, et par les paroles qu'on profère, non-seulement signifient la sanctification de nos âmes, mais l'opèrent en effet par l'infusion de la grâce.

Le ministre qui n'est qu'un homme, peut-il produire la grâce qui est une chose surnaturelle et divine?

Le ministre visible du sacrement n'est à la vérité, qu'un homme, mais il agit au nom et en la vertu de Jésus-Christ, qui est la

qui soudoient ces lâches el indignes tentatives : ou sait aussi quel est en Franee l'ardeur ou la ruse de»

blés efforts pour semer l'hérésie dans tous les pays colporteurs du protestantisme. Jamais il ne fut plus

ît d'abo- née ssaire d'exercer une active et continuelle vigi-

du monde, au moyen de bibles falsiliées cl minables pamphlets Ce sont les Anglais surtout

lance.

pontife invisible, et le ministre principal de la vertu des sacrements, et qui agit par les prêtres comme. par ses organes, ainsi qu'il agissait par ses apôtres quand ils faisaient des miracles.

Quelles dispositions sont requises en celui qui administre les sacrements ?

Il doit, 1° avoir l'intention du moins de faire ce que l'Eglise fait, ou ce que Jésus- Christ a institué, car sans intention, le sacrement serait nul; 2' il est encore mieux d'avoir une intention plus expresse d'administrer un tel sacrement; 3° il doit être, ou se mettre en état de grâce, autrement il ferait un sacrilège, traitant indignement les choses saintes.

Et ceux qui donnent les sacrements en étal de péché ?

Ils offensent Dieu, mais le sacrement est bon, parce que c'est toujours Jésus-Christqui fait Je sacrement, et qui donne la grâce avec le sacrement, par le ministère des hommes. Ainsi les fruits ne laissent pas de venir trèsbeaux d'un arbre planté et cultivé par une main très-sale, parce que c'est Dieu, et non le jardinier, oui produit le fruit dans l'arbre, quoique par le ministère du jardinier : et le cachet de fer ne marque pas moins, que le cachet d'or.

Les sacrements produisent-ils toujours infailliblement la grâce ?

Oui, pourvu qu'on n'y mette pas d'obstacle, s'en approchant indignement; car lorsqu'on dit que les sacrements produisent la grâce par eux-mêmes et par leur propre vertu, ce n'est pas qu'on veuille exclure par là les bonnes dispositions requises à leur réception; mais c'est pour faire voir que ce que Dieu opère en nous, lorsqu'il nous sanctifie par eux, est un bien au-dessus de tous nos mérites, de toutes nos œuvres, de toutes nos préparations, de nos idées et de nos espérances mêmes.

Produisent-ils également la grâce dans tous ceux qui les reçoivent ?

1° Ceux qui sont mieux disposés, la reçoiventavec plus^d'abondance, les vaisseaux (39) de cette veuve du temps d'Elie, et de l'époux de Cana, contenaient l'huile et le vin que Dieu produisait à proportion de leur capacité, c'était la même liqueur substantiellement, mais reçue inégalement. Le sacrement est la fontaine, et nos coeurs les vaisseaux. 2° Les sacrements, comme la confirmation, l'Eucharistie, l'ordre, qui communiquent les personnes divines, la grâce substantielle et subsistante, le principe, l'auteur et la source de toute grâce, en produisent sans doute plus que les autres qui ne sont que des ruisseaux de la grâce accidenlelle. k° Et ceux qui nous consacrent spécialement, ainsi que ces trois-là et le baptême.

Quelles sont ces dispositions ?

1° La pureté de conscience ;2° la dévotion de cœur; 3° la sainteté de vie.

Quels sont les obstacles à la grâcv des s«crements ?

1" Le péché; 2° l'indévotion; 3° une vie profane.

Quappelle-t-on les sacrements des morts et des vivants ?

Le baptême et la pénitence sont nommés les sacrements des morts, parce qu'ils sont institués pour donner et rendre la vie de la grâce à ceux qui sont morts par le péché, ou originel, ou actuel; la naissance et la résurrection étant les seules deux portes de la vie; et les cinq autres, les sacrements des vivants, parce qu'ils supposent dans ceux qui les reçoivent, la vie de la grâce, et qu'ils ont été établis pour la fortifier et l'accroître.

Que produisent donc ceux-ci dans l'âme de celui qui les reçoit, puisqu'il est déjà en grâce ?

Une augmentation de la même grâce.

Que recevons-nous encore par les sacrements ?

Un droit d'obtenir de Dieu dans le besoin les secours nécessaires. Afin, 1° de conserver la grâce sanctifiante reçue par le sacrement ; 2° de parvenir à la fin pour laquelle le sacrement est institué; 3° de s'acquitter avec bénédiction des actions auxquelles le sacrement engage ; k" de surmonter les obstacles qui pourraient se trouver à tout cela.

Sur quoi est fondé ce droit ?

Sur ce qu'il est de la bonté de Dieu, après nousavoirjenrichis de ses bienfaits, de nous donner le moyen de les conserver; c'est ainsi que, dans l'ordre naturel , il donne non-seulement l'être et la vie, mais encore les moyens de conserver l'un et l'autre.

Que produisent-ils encore ?

Les vertus et les dons du Saint-Esprit, qui sont les apanages de la grâce sanctifiante.

Quoi encore?

Le caractère, qualité spirituelle et ineffaçable qui s'imprime en notre âme, et qui est comme la marque illustre, et le sceau de notre appartenance à Dieu, et à laquelle on nous connaît pour être à lui, tout ainsi qu'à son chiffre, ou à ses armoiries (40).

Quels sont les effets du caractère ?

1° Il nous orne; 2° il nous distingue ; 3° U nous donne un droit nouveau.

Quel droit nous donne le baptême?

De recevoir les autres sacrements.

Et la confirmation ?

De combattre pour la foi.

Et V ordre ?

D'exercer les fonctions ecclésiastiques.

LEÇON III

Des cérémonies.

Qu est-ce que les cérémonies de l'Eglise ?

Des actions religieuses et mystérieuses, qui servent à rendre le culte de Dieu plus majestueux et plus vénérable.

Où leur usage est-il particulièrement requi s?

(39) Le mot vaisseau csl employé ici au lieu de vases.

(40) H importe de dire ici mie les. trois sacre-

ments qui nous impriment un caractère ineffaçable sont le baptême, la confirmation et l'ordre; aussi ne peut-on les recevoir qu'une fois.

iU

1° Dans l'oblation du sacrifice ; 2° dans la célébration du service divin ; 3* dans l'administration des sacrements.

A quoi servent-elles ?

1° A l'instruction et à l'édification de ceux qui les voient ; 2° à imprimer le respect et la vénération des choses saintes; 3° a exciter l'attention et la dévotion intérieure ; h" à donner une haute idée de nos mystères ; 5° à les rendre plus solennels et plus vénérables.

Qu'avez-vous encore à en dire?

1° Qu'elles sont comme une espèce de livre et de langage mystérieux, qui rappelle en notre mémoire les bienfaits de Dieu ; 2° qu'elles nous distinguent des hérétiques; 3" que la majesté de la religion, et le respect dû à Dieu les exigent ; k° qu'elles purifient nos sens, et les prémunissent contre la malice du démon : d'où vient que quand on supplée les cérémonies du baptême à un enfant ondoyé à la maison, on ne laisse pas de l'exorciser encore à l'église, quoiqu'il ne soit plus sous le pouvoir du démon, quant à l'âme, car on a vu par expérience ce que nous enseignent les saints, que leur corps serait sujet sans cela aux vexations de cet esprit malin ; 5° qu'elles touchent et recueillent ; 6" qu'elles donnent des mouvements de piété, et élèvent nos âmes à Dieu.

Que signifient les cérémonies dont on use dans V administration des sacrements ?

1° Les effets qu'ils produisent ; 2°| les dispositions qu'ils exigent ; 3° les devoirs qu'ils imposent.

Montrez cela dans le baptême.

1° Les exorcismes signifient qu'un de ses effels est de délivrer de la tyrannie du diable ; 2° la profession de foi témoigne la disposition où on est d'embrasser la religion de Jésus-Christ; 3° la robe blanche marque l'obligation que l'on contracte de mener une vie sainte.

Que signifient encore les cérémonies?

1° Les mystères que Jésus-Christ a opérés autrefois sur la terre pour notre rédemption ; 2° les grâces qu'il répand à présent dans l'Eglise pour notre sanctification ; 3° les récompenses qu'il distribuera un jour dans le ciel pour notre glorification. Ainsi les sacrements expriment trois choses : la première, qui est passée, c'est la Passion que Notre-Seigneur a endurée; la seconde, qui est présente, c'est la grâce qui nous est conférée ; la troisième, qui est future, c'est la gloire qui nous est promise.

Faites-nous voir cela dans V Eucharistie.

La célébration" des saints mystères représente, 1° l'institution qu'en fit autrefois Jésus-Christ dans le cénacle ; 2" Ja réfection spirituelle qu'il donne à présent à nos âmes clans ce sacrement; 5° le banquet céleste qu'il fera un jour aux bienheureux dans le ciel.

Dïoù vient l'institution des cérémonies ?

1° De Notre-Seigneur Jésus-Christ; 2° des apôtres ; 3° de l'Eglise gouvernée par le Saint-Esprit; 4° la religion judaïque avait

les siennes, et Dieu en avait prescrit dans l'ancienne Loi.

Pourquoi sont-elles nécessaires ?

L'Eglise est visible, et l'homme est composé de corps aussi bien que d'âme.

Est-ce un grand péché de les mépriser?

C'est une impiété de libertin, ou de mauvais Catholique.

Ne peut-il pas quelquefois s'y glisser de l'abus?

Sans doute, aussi bien que dans les plus saintes pratiques.

Que faut-il faire pour n'y pas tomber?

1° S'attacher à celles qui sont approuvées et pratiquées par l'Eglise ; 2° les faire dans son esprit; 5° n'y rien ajouter ni diminuer, et se souvenir que l'Eglise, inspirée du Saint- Esprit, les a instituées afin d'exprimer la grandeur et les effets des sacrements, de les administrer avec plus de respect et de majesté, et de marquer les obligations que l'on y contracte.

LEÇON IV

Du nombre des sacrements et de leur utilité.

Que remarquez-vous de mystérieux dans le nombre des sacrements ?

Que la sagesse et la bonîé de Dieu l'ont établi très à propos' : 1° pour remédier à lous nos péchés ; 2° pour nous disposer à toutes les vertus ; 3° pour nous perfectionner dans toutes les fonctions de la vie chrétienne.

A quel péché remédie le baptême? Au péché originel.

Et la pénitence? Au péché actuel.

Et l'ordre? Aux péchés d'ignorance.

Et la confirmation ? Aux péchés de faiblesse.

Et l'Eucharistie? Aux péchés de malice.

Et le mariage? Aux péchés de convoitise.

Et i 'extrême-onction? Aux restes du péché.

A quelle vertu nous dispose le baptême? A la foi.

Et V 'extrême-onction ? A l'espérance.

Et l'Eucharistie? A la charité.

Et la confirmation ? A la force.

Et la pénitence ? A la justice.

Et l'ordre ? A la prudence.

Et le mariage? A la tempérance.

Qu'est-ce que donne le baptême par rapport à la vie surnaturelle? La naissance.

Et la confirmation? L'accroissement.

Et l'Eucharistie? La nourriture.

Et la pénitence? La santé.

Et l' extrême-onction? La vigueur.

Et l'ordre? La fécondité.

Et le mariage? Il remédie à la convoitise, d'où naît la mort de l'âme.

De cette façon, Dieu a pourvu à notre vie surnaturelle aussi bien qu'à notre vie naturelle, dans laquelle comme il faut naître, croître, manger, remédier aux maladies être secouru à la mort; qu'il y en ait qui prennent le soin du gouvernement public, et enfin que les particuliers étant sujets à mourir, d'autres leur soient substitués pour

conserver toujours un corps et une société : ainsi par le baptême nous naissons ; par la confirmation nous croissons; par l'Eucharistie nous nous substenlons; parla pénitence nous nous guérissons ; par l'extrême-onction nous nous fortifions à la mort, et nous dissipons les restes des maladies de l'ûme ; l'ordre donne à l'Eglise des pasteurs, et le mariage des sujets. Les cinq premiers sont institués pour le bien particulier des fidèles: les deux derniers pour le bien [général de l'Eglise. La pénitence ressuscite, l'extrêmeonction ôte la vieillesse spirituelle.

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