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LEÇON PREMIÈRE

Ce que c'est que la tonsure.

Qii 'est-ce que la tonsure cléricale?

C'est une cérémonie sacrée, par laquelle un Chrétien se consacre à Dieu pour le servir dans l'état ecclésiastique.

Qu est-ce que devient celui qui reçoit la tonsure ?

11 quitte l'habit et l'état laïque, devient clerc et est agrégé au clergé.

Que veut dire le nom de clerc ?

Ce nom est tiré d'un mot grec, qui signifie

sort, partage ou héritage, pour marquer que ceux qui reçoivent la tonsure prennent Dieu pour leur héritage, et que Dieu devient leur plus riche possession.

La tonsure est- elle un sacrement ?

Non ; mais elle est une préparation pour recevoir le sacrement de l'ordre.

A quoi le tonsuré est-il obligé par sa consécration?

A se considérer comme n'étant plus à soi, mais à Dieu pour l'honorer, et à FEglise pour la servir.

Faut'il que celui qui reçoit la tonsure ait

idil ABREGE DU CATECHISME DE LA TONSURE.

de se consacrer à Dieu pour tou-

dessein

jours?

Il le doit par fidélité à Dieu, et parce que sa parole y est engagée. ,

Ne peut-on pas s'engager de nouveau dans le siècle, après avoir reçu la tonsure ?

On ne le pourrait si c'était par pure caprice, par amour pour le bien ou pour le plaisir. Que si la volonté de Dieu se manifeste, on le peut , après avoir consulté un sage directeur.

Alligatus es verbis oris ubi consecrantis interrogationem sine exceptione promisisti.

(Petr. Ble \ , De insl. epist., c. 4-, in fine.)

LEÇON II

! Des dispositions requises pour recevoir la tonsure.

Quelles sont les dispositions nécessaires pour recevoir la tonsure?

Il y en a de deux sortes : les dispositions éloignées et les dispositions prochaines.

Quelles sont les dispositions éloignées ?

Il y en a six : la première est la plus importante : c'est la vocation de Dieu ;

La seconde, c'est la pureté des mœurs ;

La troisième est que celui qui se présente à la tonsure ait reçu le sacrement de confirmation, qui est le sceau de la perfection du christianisme.

La quatrième, qu'il ait l'âge et la capacité convenables pour être élevé aux sciences propres à son élat.

La cinquième, qu'il soit bien instruit des mystères de la foi.

La sixième enfin, qu'il n'ait aucun des empêchements ou des défauts qui, selon les lois de l'Eglise , excluent de l'entrée dans l'état ecclésiastique.

Quels sont ces empêchements?

On en compte ordinairement six :

1° Avoir encouru une excommunication et n'en avoir pas reçu l'absolution; 2° être illégitime ; 3° avoir été marié deux fois ou avoir été marié à une veuve; k° avoir tué ou mutilé quelqu'un; 5° s'être fait réitérer le baptême ou avoir rebaptisé quelqu'autre ; 6° avoir quelque défaut notable du corps ou d'esprit, qui empêche de faire les fonctions ecclésiastiques ou de les faire avec bienséance.

Quelles sont les dispositions prochaines que demande la tonsure ?

Il y en a de deux sortes: les dispositions intérieures et les extérieures.

En quoi consistent les dispositions intérieures ?

Elles consistent dans la pureté de conscience et dans la ferveur du cœur, c'est-àdire qu'il faut être en état de grâce, et pour cela se confesser; de plus être très-attentif, par esprit de piété et de religion, à tout ce que fait l'évêque en donnant la tonsure.

Quelles sont les dispositions extérieures?

La première, c'est d'avoir fait une bonne retraite pour y consulter Dieu.

La seconde, c'est de s'être fait instruire des cérémonies de la tonsure, des paroles qu'on

doit prononcer et d'y venir en habit décent, c'est-à-dire revêtu d'une soutane, avec les cheveux courts et la couronne.

Quid indecorum magis quam admoveri infantes qui non intclligant quid agatur, imo ne captant quidem quid clerici nomen significet. (Conc. Colon. ,c. 27, anno 153G.)

LEÇON III

Des mauvaises intentions avec lesquelbs on reçoit quelquefois la tonsure.

Quelles sont les mauvaises intentions que l'on a quelquefois en recevant la tonsure?

11 y en a plusieurs, et c'est de là principalement qu'il arrive qu'il y a si peu de bons ecclésiastiques.

Dites-nous-les en détail?

On s'y présente : 1° dans un esprit de paresse, et pour mener une vie plus commode ; 2° dans un esprit d'intérêt, pour se tirer de la misère, avoir des bénéfices et en conserver un dans la famille; 3° par ambition, pour s'élever dans les dignités ecclésiastiques ; 4° par une complaisance aveugle pour des parents qui n'ont que des vues basses et terrestres.

Qu'arrive-t-il à ceux qui entrent dans l'état ecclésiastique, et à leurs parents qui les introduisent par ces motifs criminels?

Il arrive que les parents attirent sur eux et sur leur famille la malédiction de Dieu; et aux ecclésiastiques qu'ils déshonorent leur état par une vie scandaleuse et meurent souvent dans l'impénitence.

Que doivent faire ceux que leurs parents pressent d'entrer dans l'état ecclésiastique par des vues intéressées?

Ils doivent s'en défendre avec respect et fermeté, et songer qu'ils doivent encore plus de respect et d'obéissance à Dieu qu'à leurs pères et mères.

Que doivent faire att&si ceux qui sont entrés dans la cléricature avec de mauvaises intentions et sans y être appelés de Dieu?

S'ils sont encore libres , c'est-à-dire s'ils ne sont pas dans les ordres sacrés, ils doivent quitter cet élat, quelque avantage temporel qu'ils y trouvent; et s'ils ne sont plus libres, il faut réparer ce défaut par la pénitence.

Mais n'est- il pas bien dur de quitter gratuitement un bénéfice qui donne de quoi vivre, commodément ?

S'il est fâcheux de perdre un bénéfice, il sera encore plus fâcheux, au jugement de Dieu, d'être réprouvé.

Que conclure de ces vérités?

Qu'il faut, en entrant dans l'état ecclésiastique, une grande pureté d'intention, qui n'y fasse chercher que la gloire de Dieu, notre propre sanctification et le salut du prochain; sans quoi le salut particulier d'un clerc est en grand danger.

Multi pœnis plectcndi sunt œternis, qui si clerici non exstitissent, œterna fuissent potili beatiludine. (Halliemus, Monit. ad ord., r. 1, num. 2.J

LEÇON IV

De la vocation et des marques pour la connaître.

! Qu'est-ce que la vocation?

C'est le choix que Dieu fait des hommes pour un état particulier; d'où vient qu'un Chrétien ne doit pas s'introduire lui-môme dans l'état ecclésiastique, mais qu'il y doit être appelé de Dieu.

Comment établissez-vous la nécessite de la vocation à Vélal ecclésiastique ?

1° Par les paroles de saint Paul, qui dit que personne ne se doit attribuer cet honneur, mais celui-là seul qui est appelé de Dieu comme Aaron. (Hebr. v, 4.)

2° Par l'autorité des saints Pères, qui traitent de téméraires ceux qui s'y ingèrent.

3° Par l'exemple des saints de l'Ancien et du Nouveau Testament, qui tous ont craint d'y entrer contre la volonté de Dieu, et surtout par celui de Jésus-Christ, qui n'a pas voulu prendre la qualité glorieuse de pontife sans l'avoir reçue de celui qui lui a dit : Vous êtes mon Fils. Vous êtes prêtre éternel selon V ordre de Melchisédech. (Ibid., 5.)

4° Par les châtiments que Dieu a exercés contre les usurpateurs du sacerdoce;

5° Par la raison même, qui démontre que Dieu ayant institué l'état ecclésiastique, il n'appartient qu'à lui d'y appeler ceux qu'il lui plaît.

Est-ce donc un grand péché que d'entrer dans l'état ecclésiastique sans vocation?

Il est très-grand, puisqu'on ne peut faire à Dieu une plus grande injure que d'usurper Jes emplois de sa maison sans le consulter.

A qui ressemblent ceux qui se font ecclésiastiques sans vocation ?

Notre-Seigneur les compare a des voleurs et à des loups qui entrent dans la bergerie pour égorger les brebis. (Joan. x, 10.) j

Qu'arrive-t-il à ceux qui entrent ou qui restent dans l'état ecclésiastique sans vocation ?

Ils sont dans un extrême danger de leur salut.

D'où vient ce danger ?

1" De ce que ceux qui s'ingèrent s'expos >nt à manquer des grâces spéciales et nécessaires pour s'acquitter de leurs fonctions; 2° de ce que Dieu permet ordinairement que les présomptueux tombent dans les péchés auxquels ils se sont exposés volontairement.

Difficile est ut bono peragantur cxilu quœ malo sunt inchoala principio. (S. Léo, epist. 1, Ad episc. Maurilaniœ, c. 1.)

F LEÇON V

;[ Suite du sujet précédent.

Quelles sont les marques ordinaires de la vocation à l'état ecclésiastique?

Il y en a cinq principales.

Quelle est la première?

C'est le désir intérieur et l'inclination désintéressée , constante et soumise aux or-

dres des supérieurs , qu'on a pour ce saint état.

Comment connaître si cette inclination a ces qualités?

Lorsqu'elle n'est suggérée ni parla chair, ni par le sang, et qu'on ne se propose que la gloire de Dieu et son propre salut.

Quelle est la seconde marque de vocation?

C'est d'avoir un bon naturel, docile, et porté à la vérité et au service de l'Eglise.

Quelle est la troisième?

C'est le choix de l'évêque et de ceux qui tiennent sa place.

Quelle est la quatrième ?

C'est d'avoir l'esprit ecclésiastique.

En quoi consiste cet esprit?

Dans une participation abondante de l'esprit de Notre-Seigneur, souverain prêtre.

Quelles sont les marques de cet esprit ?

C'est 1° si l'on estime son état; 2° si l'on a de l'attrait et de J'aptitude pour ces fonctions; 3° si l'on a du zèle pour la discipline ecclésiastique ; 4" si l'on aime le travail ; 5° si les manières ne sont point légères et étourdies; 6° si on a de l'ouverture pour les lettres.

Quel est l'esprit qui est directement opposé à l'esprit ecclésiastique?

C'est l'esprit du monde, qui consiste dans l'amour déréglé des richesses, des plaisirs et des honneurs de la terre , esprit qui est la source des maux du clergé.

Quelle est la cinquième marque de vocation?

C'est le conseil d'un directeur sage et désintéressé, qui connaisse bien ce que c'est que l'état ecclésiastique et les périls qu'on y court.

Comment faut-il se conduire à l'égard de son directeur, par rapport à la vocation?

Il faut,l° lui découvrir entièrement Je fond de notre âme; 2° lui donner une liberté entière de nous dire ce qu'il en pense; 3° l'écouter avec: docilité, et lui obéir avec soumission.

Filii, sine consilio nihil facias, et post factura non pœnitebit. (Eccli. xxxn, 24.)

LEÇON VI

De l'excellence de la tonsure cléricale.

Par où peut-on juger de l'excellence de la tonsure cléricale?

1° Par ce que l'Eglise suppose en ceux qu'elle veut bien y admettre; 2° par ce qu'elle leur accorde en les y admettait.: 3° par ce qu'elle en exige après les avoir admis.

Qu'est-ce que l'Eglise suppose en ceux qu'elle y admet ?

Outre les dispositions déjà rapportées, elle suppose qu'ils aient une connaissance suffisante de ce qu'ils font, et des assurances au moins probables qu'ils pourront être utiles à l'Eglise.

Qu'est-ce que l'Eglise accorde aux clercs? ou autrement, quels sont les avantages de la tonsure?

Il y en a de deux sortes, Jes avantages soiriluels et les avantages temporels.

ABREGE DU CATECHISME DE LA TONSURE

Quels sont les avantages spirituels?

C'est, 1° d'être choisi de Dieu entre tant d'autres, pour être spécialement attaché à son culte ; 2° d'être dans une espèce de nécessité de se tenir éloigné des plaisirs et des occupations des gens du monde ; 3* d'être destiné à servir Dieu dans son sanctuaire; k" d'être aidé des grâces proportionnées à la sainteté de ses fonctions.

En quoi consistent les avantages temporels des tonsurés ?

Ils consistent dans les droits, les mmunités, et les privilèges qui sont attachés à l'état ecclésiastique.

Quels sont ces privilèges?

1° Le clerc est mis en état de recevoir les ordres supérieurs, s'il s'en rend digne ; 2° il est rendu capable de posséder des bénéfices ; 3° il est tiré de la juridiction laïque, et soumis à celle de l'Eglise; 4° l'Eglise prononce excommunication contre ceux qui mettent avec violence la main sur un clerc qui porte les marques de son état;

Enfin, l'Eglise leur donne son nom et ses livrées, ef elle les regarde comme de jeunes plantes qui sont l'espérance du jardin de son Epoux, et déjà ses délices par avance.

Funes ceciderunt mihi in prœclaris, etenim hœreditas meaprœclara est mihi. (Psal. xv, t>.)

LEÇON VIL

Des obligations des tonsurés.

Qu est-ce que Y Eglise exige des tonsurés?

1° Elle exige, par rapport à Dieu, qu'ils contribuent à la majesté de son culte ; 2° par rapport aux peuples, qu'ils les édifient par leurs bons exemples; 3° par rapport à euxmêmes , qu'ils se perfectionnent dans la science et dans la vertu.

Comment est-ce que les clercs peuvent contribuer à la majesté du culte public?

i° Par leur présence à l'église ; 2° par leur modestie ; 3° par leur zèle.

Comment contribuent-ils au culte de Dieu par leur présence ?

En assistant avec le surplis aux offices de l'église; en fréquentant les sacrements; en s'exerçantdans les cérémonies qui leur conviennent, et en faisant les fonctions dont ils seront chargés dans les églises où ils assistent.

Comment contribuent-ils au culte de Dieu par leur modestie?

En assistant à l'église , en quelque façon comme les anges, qui assistent avec tremblement devant le trône fie Dieu.

Comment contribuent-ils au culte de Dieu par leur zèle?

En procurantparleurs soinsqueles églises soient décemment ornées , que le chant s'exécute avec modestie et gravité, et qu'il ne s'y passe rien qui ne soit conforme au respect qu'on leur doit.

En quoi est-ce que les clercs peuvent édifier les peuples?

V En réglant si bien leurs actions, qu'elles ne donnent aucun mauvais exemple ; 2" en portant ceux qui les voient, et avec qui ils

conversent, à la piété la plus solide; 3° en fuyant la compagnie des personnes scandaleuses et décriées.

Les clercs doivent-ils éviter avec soin toute familiarité avec les personnes du sexe ?

Oui, 1° parce qu'elle est l'écueil de la vertu et de la réputation des ecclésiastiques; 2° parce que la chasteté ne se conserve que par les plus exactes précautions.

A quoi est obligé un clerc qui veut se perfectionner dans la science et dans la vertu?

V A lire souvent et avec humilité l'Ecriture sainte, et particulièrement le Nouveau- Testament^0 à vaquer assidûment à l'étude de la philosophie et de la théologie; 3° à bien apprendre le catéchisme et la manière de le faire; V à étudier le plain-chant; 5° à devenir homme d'oraison par la pratique de ce saint exercice.

Quia tu scienliam repulisti, repellam te, ne sacerdotio fungaris mihi. (Ose. iv, 6.)

LEÇON VIII

Des vertus des clercs.

Les simples clercs ont-ils des raisons particulières d'être saints?

Oui, ils le doivent : 1° par reconnaissance du choix que Dieu en a fait préférablement au reste des Chrétiens; 2° par fidélité aux promesses qu'ils ont faites à Dieu ; 3° par leur destination au service des saints autels.

Quelles sont les vertus principales des clercs ?

11 y en a cinq : savoir, la religion, la chasteté, le détachement, l'amour du travail et l'obéissance.

Qu entendez-vous par la religion?

J'entends cette vertu qui donne à un clerc du zèle et de l'ardeur pour tout ce qui appartient au culte de Dieu.

Pourquoi la chasteté est-elle une vertu propre des clercs, puisqu'ils n'y sont pas encore engagés par vœu ?

Parce qu'ils aspirent à un état dont la chasteté fait le principal ornement.

Quels sont les moyens d'acquérir et de conserver la chasteté?

Le premier est de la demander instamment à Dieu, dont elle est un don spécial.

Le second, d'avoir une dévotion particulière dans la sainte Vierge.

Le troisième, d'approcher souvent des sacrements de pénitence et d'Eucharistie.

Le quatrième est de veiller à la garde de ses sens et de résister promptement aux tentations contre la pureté.

En quoi est-ce qu'un clerc doit pratiquer le détachement des choses de la terre ?

1° A l'égard des richesses qu'il possède, il ne doit point y mettre son cœur ; 2° a l'égard des bénéfices, il ne doit point les rechercher avec trop d'empressement, et, s'il en a, en donner le surperflu aux pauvres; 3° à l'égard de sa famille, il doit lui préférer l'exercice de son ministère.

Pourquoi comptez-vous Y amour du travail au nombre des vertus propres à un clerc?

1° Parce que la vie ecclésiastique est es-

sentiellement une vie laborieuse ; 2° parce que Jésus-Christ, le modèle des prêtres, a mené sur la terre une vie de travail continuel ; 3° parce qu'un clerc oisif et fainéant sera traité comme le serviteur inutile.

A qui est-ce qu'un clerc doit V obéissance?

1° A l'Eglise, en observant exactement ses ]ois et en se soumettant à ses décisions ; 2° à son évêque, en exécutant ses ordres, et de ceux à qui il a confié son autorité ; 3° à son directeur, en n'entreprenant rien d'important sans son conseil; 4° à ses parents, en tout ce qui n'est pas manifestement contraire aux devoirs de son état.

Omnes episcopum sequimini ut Christus Jésus Patrem. (S. Ignat. mart., Epist. ad Smyrnos, num. 8.J

LEÇON IX

Des vices que les clercs doivent éviter.

Quels sont les vices principaux dont un clerc doit avoir plus d'horreur?

Ce sont l'orgueil, l'oisiveté, l'avarice, la légèreté, l'amour du jeu.

Quels mauvais effets l'orgueil fait-il dans le clergé?

1° Il empêche qu'un ecclésiastique ne fasse du fruit, ce qui arrive presque toujours lorsqu'on remarque en lui de la vanité ; 2° il le rend ridicule à ceux qui le voient; 3° il excite pour l'ordinaire, entre les ministres des autels, des querelles et des divisions scandaleuses.

Que faut-il faire pour éviter un vice si funeste ?

Outre qu'il faut souvent demander à Dieu ]a vertu d'humilité, il faut aussi veiller sans cesse sur soi pour ne rien donner à la vanité, et se souvenir de ce mot du Fils de Dieu : Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur. (Matth. xi, 29.)

Le vice de l'oisiveté est-il bien funeste à un ecclésiastique ?

Oui, car on peut dire qu'il y a plus d'ecclésiastiques damnés par l'oisiveté, que par d'autres crimes, étant d'ailleurs la mère de tous les vices.

L'avarice est-elle bien contraire à la profession d'un clerc?

Elle l'est à proportion que son état demande plus de détachement.

Quels sont les effets les plus ordinaires de l'avarice dans les ecclésiastiques ?

1° Elle les avilit par des complaisances basses qu'ils ont pour ceux dont ils attendent des récompenses; 2° elle les porte à des trafics honteux des choses les plus saintes ; 3° elle forme en eux un caractère de dureté pour les pauvres, et les engage à faire des épargnes sordides.

Qu entendez-vous par la légèreté qui est si opposée à l'esprit ecclésiastique?

J'entends un certain caractère étourdi , précipité et fantasque, qui fait qu'on n'agit que par humeur, et qu'on n'est point fixe dans le bien.

Quelles règles un ecclésiastique doit -il suivre par rapport au jeu?

1° De s'interdire les jeux de cartes, de dés, de paume et de mail; 2° d'employer peu de temps à ceux que les canons lui permettent; 3° de jouer sans cupidité et sans désir déréglé du gain ; k' de ne jouer qu'avec des personnes sages et bien réglées; 5° d'éviter la colère et les emportements.

La chasse est-elle un divertissement convenable à des clercs ?

Non, car les lois des conciles la leur interdisent, tant à cause de la perte du temps et de la bienséance, qu'à cause du port' des armes et du danger qu'ils courent de se blesser.

Nullum invenimus in divinarum série Scripturarum de venatoribus justum. (S. Ambr. in psal. cxvin.)

LEÇON X

Des cérémonies de la tonsure, et de leur signification.

Dans quel habit se faut-il présenter pour être tonsuré?

Il faut être revêtu d'une soutane, ayant les cheveux courts et coupés au milieu de la tête, en forme de couronne, et portant sur son bras gauche un surplis blanc et propre, et dans la main droite un cierge.

Que signifie cette soutane?

1° Par sa simplicité, elle exprime la modestie, et que le clerc doit renoncer à toutes les vanités du siècle; 2° par sa couleur, qui est celle du deuil, elle signifie qu'un clerc consent de mourir au monde; 3° par sa longueur, qui couvre tout le corps, elle désigne la pudeur et la chasteté; k° par sa nouveauté, le changement intérieur qui doit s'opérer dans son âme.

Les simples clercs doivent-ils toujours porter cet habit ?

Il serait à souhaiter qu'ils le portassent continuellement, pour s'ôter l'occasion de beaucoup de péchés; mais au moins il est très à propos qu'ils le portent les jours de dimanches et de fêtes ; et, pour les autres jours, ils ne doivent point porter d'habit de couleur, ni qui soit conforme à celui des laïques.

Quel bien arrive-t-il déporter toujours la. soutane?

C'est un témoignage qu'on aime son état,, et qu'on sera un jour fidèle à porter ce saint habit, lorsqu'on y sera étroitement obligé par la réception des ordres sacrés; il donne aussi plus de retenue et empêche une infinité de désordres.

Que signifie le surplis ?

Sa blancheur signifie la pureté de l'âme d'un clerc. Saint Jérôme témoigne que, de son temps, les clercs étaient velus de blanc dans les fonctions qui regardent le saint sacrifice. (S. Hier., Adv.Pelag,, lib. i.) Que signifie le cierge ?

Que le tonsuré doit être la lumière de l'Eglise par ses exemples ; or, il offre ce cierge à Jésus-Christ, en la personne Se

ABREGE DU CATECHISME DE LA TONSURE

l'évoque, pour lui protester par cette offrande qu'il veut se consacrer au service de Dieu.

Que signifie le retranchement des cheveux ?

Que le tonsuré est le Nazaréen du Seigneur, c'est-à-dire consacré à Dieu, qu'il s'eng;ige à Jésus-Christ et à l'Eglise par une espèce de servitude, et qu'il renonce à toute superfluité mondaine.

Pourquoi coupe-t-on les cheveux en forme de couronne?

Pour exprimer que le clerc triomphe du monde, et qu'il participe déjà en quelque chose à la dignité du sacerdoce de la loi chrétienne, qui est appelé par l'apôtre saint Pierre un sacerdoce roxjal. (/ Petr. n, 9; Voy. le Catéchisme du concile de Trente, p. 2.)

La couronne des clercs est-elle fort ancienne ?

On la croit aussi ancienne que le christianisme; dès l'ancienne Loi, on en voit des vestiges dans les bandelettes dont les prêtres ceignaient leur front; et dans la nouvelle Loi, on voit, dès le me siècle, que la dignité sacerdotale est désignée figurément par le nom de couronne, comme le nom de trône et de sceptre est employé pour exprimer la royauté (96).

Que dites-vous de ceux qui portent des cheveux longs, frisc's et poudrés avec vanité et affectation?

1° Qu'ils n'ont pas l'esprit de leur état, puisqu'ils ont honte d'en observer les lois ; 2° qu'ils n'ont pas même l'esprit du christianisme, au sentiment de l'apôtre saint Pierre, qui interdit aux femmes même ces vains ajustements :Quarumnonsitextrinsecus

capillatura aut indumenti vestimentorum

cultus. (I Petr. m, G.) Tel est aussi le sentiment de saint Paul , dans sa P' Epître à Timolhée (c. n, f 9) : Mulieres non in tortis crinibus, etc.

Cornant ne studiose nutriant, capillis simplicem cullum adhibeant. (Conc. Mediol.)

LEÇON XL

Des sentiments dans lesquels il faut entrer pendant qu'on reçoit la tonsure , où l'on traite aussi des prières de l'Eglise en la donnant.

De quels sentiments faut-il être animé lorsqu'on reçoit la tonsure?

Des sentiments, 1° de confusion, à la vue de l'honneur que Dieu fait aux clercs, en les admettant comme d'autres jeunes Sarauels, à porter l'habit des prêtres devant le Seigneur; 2° sentiments de zèle, pour être véritablement des victimes dévouées à Dieu et à sa gloire; 3° sentiments de religion, qui leur fassent détester la mauvaise maxime des gens du siècle, qui regardent la tonsure comme la chose du monde la plus indifférente, et qui n'emporte avec soi aucune obligation. •

(9G) Ego de corona Domini Cypriani Hueras accppi, non contra rempublicam. (Anastas., in Vita S. Cornelii, edit. Va tic.) ! (97) Conserva me, Domine. (Psal. xv, 1.)

Que demande la sainte Eglise dans la première oraison qu'elle fait pour ceux qui s'approchent pour être tonsurés ?

Elle demande pour eux le Saint-Esprit, 1° afin qu'il leur donne de l'amour pour l'habit clérical; 2° afin qu'ils soient préservés de l'amour du siècle et de tout aveuglement d'esprit.

Que fait ensuite l'évêque ?

Il récite avec les assistants un psaume qu'on peut appeler l'hymne propre de la consécration des clercs (97).

Quel est le sens de ces paroles qu'ils prononcent, lo7squ'ils disent : « Dominus, pars,» etc. (98) ?

C'est comme si le clerc disait : Mon Dieu, je renonce à l'affection des créatures, pour ne m'attacher qu'à vous; que d'autres ambitionnent sur la terre un héritage, je n'en désire point d'autre que vous-même ; si je perds quelque chose en ce monde, je sais bien que vous me le rendrez au centuple.

Que signifient ces paroles de l'évêque, en donnant le surplis aux tonsurés ?

Il demande pour eux qu'ils soient revêtus du nouvel homme ; et, étant dépouillés de l'ignominie de l'habit de séculier, ils prennent l'esprit et les sentiments de Jésus- Christ, dont ils doivent imiter la vie et les vertus.

Qu'y a-t-il de remarquable dans la dernière oraison que prononce l'évêque ?

L'Eglise demande pour le clerc, que comme il porte une couronne sur la tête, pour honorer la couronne d'épines de Notre- Seigneur, il puisse un jour mériter de porter dans le ciel la couronne de gloire

Que doit faire un clerc après avoir reçu la tonsure ?

Il doit remercier Notre -Seigneur de l'avoir admis dans le saint état de la cléricature; 2* il est obligé de réciter ce jour-là même, par manières de pénitence que lui impose l'évêque, les sepl psaumes pénitentiaux, avec les litanies , les versets et les oraisons; 3° il doit bien se donner de garde d'imiter ceux qui ne sont pas plus tôt sortis des pieds de leur évêque , qu'ils quittent leurs habits de clercs pour en prendre de séculiers ; enfin, ils doivent mener une vie plus simple, s'assujettir au règlement de vie qui sera proposé à la fin de ces instructions, pour n'être pas de ceux dont parle le Psalmiste :

Commisti sunt inler gentes , et didicerunt opéra eorum : et faclum est illis in scandalum. (Psal. cv, 35.)

LEÇON XII

Du règlement de vie d'un clerc.

Ne serait-il pas bon d'avoir un règlement qui marquât à un jeune clerc tout ce qu'il doit faire pendant la journée ?

(98) Dominus) pars liœreditalis meœ et caticis

mei; tu es qui re litues hœreditalem meam mihi, (Ibid., 5.)

Oui ; quand on est réglé, le temps dure moins, on avance beaucoup, et on a la consolation de faire, nuit et jour , la volonté de Dieu, si on prend cette règle de la main de son directeur.

Comment peut-on régler sa journée pour se sanctifier dans l'état ecclésiastique?

1" Il faut se lever à une heure réglée, comme cinq heures et demie en été, et six heures en hiver; s'habiller modestement, en faisant les actes du Chrétien, et récitant quelque prière vocale, par exemple: le Te Deum, le Miserere. 2° Quand on est habillé, il faut faire la prière du matin, ensuite l'oraison mentale d'un quart d'heure au moins dans quelque bon livre, et suivant la méthode qui sera donnée ci-après. 3" Aller à la Messe, y assister avec respect et modestie. 4° Etudier, après avoir demandé les lumières du Saint-Esprit ; ensuite aller en classe, où il faut que les clercs soient un modèle de vertu, et qu'ils tâchent de bien faire pour l'étude, non par vanité, mais par amour pour Dieu, et pour se rendre capables d'être un jour utiles aux autres. 5° Avant de dîner, lire un chapitre ou deux du Nouveau Testament, ou de quelque livre de l'Ancien , qui sera conseillé par le directeur. 6° Dire le Bénédicité avant le repas, offrir son action à Dieu, manger sobrement, bien tremper son vin ; après le diner, prendre environ une heure de récréation. 7° Après la récréation, il faut apprendre ses leçons, ou étudier ses cahiers pour aller en classe; au retour, faire une petite visite au très-saint Sacrement ; de retour chez soi, il faut repasser ce qu'on a appris, ou faire le devoir de classe. 8° Sur les sixheures, faire, pendant une demi-heure, la lecture spirituelle d'un livre qui traite des obligations de son état, ensuite réciter le chapelet. 9° Le souper, la récréation pendant une heure environ; ensuite, faire la prière du soir, lire le sujet de l'oraison du lendemain , se coucher au plus tard à dix heures. 10° Tous les dimanches, assister en surplis à la grand'Messe, au sermon, et aux vêpres dans sa paroisse. 11° Se confesser et communier tous les quinze jours ; avoir un directeur éclairé sur les obligations de son état; ne rien faire sans son conseil, et n'en point changer sans une raison importante. 12° S'interterdire le jeu de cartes, de dés, de paume, de mail, la fréquentation du sexe, l'entrée dans les cabarets, la compagnie des ecclésiastiques et laïques relâchés; lâchasse, les danses, les promenades où se trouve le beau monde ; de chanter des airs profanes, toute affectation de vanité dans ses habits. 13° Faire tous les ans la retraite spirituelle ; fréquenter les séminaires dudioeèse.

Omnia decenti ordine perficiantur in Chri~ sto. (S. Ign. mart., Episc. ad Smyrn.)

LEÇON XIII

Conduite pour l'oraison mentale.

Qu est-ce que l'oraison ?

C'est une élévation de notre esprit et une application de notre cœur à Dieu, pour lui

rendre nos devoirs et en devenir meilleurs pour sa gloire.

Combien l'oraison a-t-elle départies ?

Trois : la préparation, le corps de l'oraison et la conclusion.

Combien y a-t-il de sortes de préparations pour l'oraison ?

On en distingue trois : 1° la préparation éloignée ; 2° la préparation prochaine ; 3° la préparation immédiate.

En quoi consiste la préparation éloignée ?

Elle consiste en trois choses : l°dans l'éloignement du péché et la pureté du cœur; 2° dans la mortification des passions ; 3° dans la garde de ses sens.

En quoi consiste la préparation prochaine?

Elle consiste , 1° à prévoir, la veille et en se levant, le sujet d'oraison ; ce qui se fait en se rappelant les devoirs qu'il faudra rendre à Dieu, les considérations qu'il faudra faire, les résolutions qu'il faudra prendre ; 2° elle consiste aussi à se tenir dans le silence et dans le recueillement jusqu'au lendemain après l'oraison ; 3° à la commencer exactement à l'heure déterminée.

Enquoi consiste la préparation immédiate?

Elle consiste, 1° à se mettre en la présence de Dieu, par un acte de foi et d'adoration ; 2° à se reconnaître indigne de paraître devant Dieu , tant à cause de son néant, qu'à cause de la multitude de ses péchés : ce qui se fait en entrant dans des sentiments de pénitence, et en produisant un acte de contrition, comme aussi en s'unissant à Notre Seigneur Jésus-Christ, pour prier en son nom ; 3° à se reconnaître incapable de prier d'une manière utile pour le salut, sans le secours de la grâce : ce qui se fait par des actes de renoncement à son propre esprit et à ses propres affections, comme aussi par l'invocation de l'Esprit-Saint, en lui demandant la grâce de bien faire oraison.

De quoi est composé le corps de l'oraison ?

De trois choses principales , qui sont l'adoration, la considération, les résolutions.

Pourquoi appelez-vous le premier point du corps de l'oraison, adoration?

Parce qu'en premier point il faut rendre à Dieu ou à Notre-Seigneur, par rapport au sujet que l'on médite, les devoirs qui leur sont dus, qui, outre l'adoration, consistent dans l'admiration, la- louange, l'action de grâces, l'amour, la joie ou la compassion.

Pourquoi appelez-vous le second point du corps de l'oraison, considération ?

Parce que nous y considérons les motifs et les raisons qui découvrent l'importance du sujet que nous méditons, comme d'un mystère ou d'une vérité chrétienne.

Quelles sont les autres choses qui doivent entrer dans le second point ?

Il y en a trois : 1° la conviction, qui se fait ou par une simple vue de foi, en acquiesçant à ce qu'elle nous enseigne, ou par raisonnement, pesant les motifs proposés, les uns après les autres ; 2" la réflexion sur soi-même, qui doit être accompagnée de regret pour le passé, de confusion pour le présent, de désir pour l'avenir, souhaitant

ABREGE DU CATECHISME DE LA TONSURE

de régler sa vie sur les vérités que l'on a méditées; 3° la demande, qui doit se l'aire avec humilité, confiance et persévérance; et, pour la bien faire, on peut représenter amoureusement à Dieu, l°que c'est sa sainte volonté que nous soyons parfaits ; 2° que ce sera pour sa gloire; 3° qu'il ait égard aux mérites de son Fils.

En quoi consiste le troisième point du corps de l'oraison ?

A former avec une grande défiance de soimême, et une grande contiance en Dieu, par rapport au sujet qu'on a médité, des résolutions particulières, présentes et ellicaces.

En quoi consiste la dernière partie de l'orai±&u, que ton appelle la conclusion ?

Elle consiste, 1° à remercier Dieu de nous avoir soufferts en sa présence, et des grâces qu'il nous a faites dans l'oraison ; 2° à le prier qu'il nous pardonne nos fautes et négligences , et qu'il bénisse nos résolutions avec la journée présente ; 3° à faire le bouquet spirituel, c'est-à-dire choisir une ou deux pensées de celles qui nous ont le plus touchés dans l'oraison, pour nous les rappeler pendant la journée , et nous en servir pour nous élever à Dieu On finit par le Sub tnum, en se mettant sous la protection de la sainte Vierge.

Orationi instale vigilantes in ea. (Col. iv, 3.)

de l'or~

LEÇON XIV

Du sacrement de l'ordre.

Qu'est-ce que l'ordre ?

C'est un sacrement qui donne le pouvoir et la grâce de faire les fonctions publiques qui ont rapport au culte de Dieu et au salut des âmes.

Qui est-ce qui a institué ce sacrement ?

C'est Jésus-Christ dans la dernière cène, lorsqu'il dit à ses apôtres : Faites ceci en mémoire de moi. Et après sa résurrection , lorsqu'il leur dit : Recevez le Saint-Esprit; ceux dont vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. (Joan. xx, 22, 23.)

D'où vient le nom d'hiérarchie, et comment définit-on la hiérarchie ecclésiastique ?

Ce nom vient de deux mots grecs, qui signifient en latin sacer principatus. On la peut définir en disant que c'est une puissance qui subordonne les personnes sacrées les unes aux autres, comme les inférieurs le sont aux supérieurs ; en deux mots, c'est la subordination qui règne entre les membres du clergé.

Qu'est-ce qui fait la beauté de la hiérarchie ecclésiastique ?

C'est cette subordination elle-même, qu'il est facile de remarquer entre les ministres sacrés; car l'évêque impose les mains pour le ministère; le prêtre consacre le corps et le sang de Jésus-Christ; le diacre coopère prochainement au saint sacrifice; le sousciiacre eu présente la matière à l'autel ; l'acolyte la prépare, et l'y porle; l'exorciste chasse les démons; le lecteur instruit les ignorants

le portier chasse les indignes.

Quels sont les effets du sacrement dre ?

1° La puissance d'exercer les fonctions attachées à chaque ordre; 2° la grâce pour les faire avec bénédiction; 3° le caractère qui ne se peut effacer, et qui fait qu'on no peut recevoir deux fois ce sacrement.

Quelles sont les vertus proprés de chaque ordre ?

1° L'évêque, comme ayant la plénitude du sacerdoce, les doit avoir toutes dans un degré éminent; 2° le prêtre doit exceller dans l'amour de Dieu et du prochain ; 3° le diacre doit avoir trois vertus en recommandation : le zèle, la foi et l'amour des pauvres; 4° le sous-diacre doit être orné d'une chasteté tout angélique; 5" l'acolyte étant par son ordre la lumière du monde, ne doit donner que de bons exemples ; 6° le lecteur doit être pénétré de respect pour les saintes Ecritures; 7° l'exorciste, par son humilité, doit triompher du démon , et le portier par sa religion doit tenir tout en ordre dans la maison de Dieu.

Pourquoi l'Eglise a-t-elle établi les interstices, qui sont un temps pendant lequel on doit demeurer dans chaque ordre ?

Elle les a établis, 1° afin que ceux qui sont ordonnés puissent acquérir, pendant ce temps, la vertu, la science et l'expérience que requiert le sacerdoce; 2° afin qu'ils puissent exercer l'ordre reçu, et en bien apprendre les fonctions; 3° atin que l'Eglise puisse mieux connaître ceux à qui elle doit confier les fonctions du ministère et la conduite de ses enfants; 4° afin d'inspirer aux séculiers et aux ecclésiastiques même, un plus grand respect de nos mystères, voyant le soin, la | e'ne et le travail qu'il faut prendre pour s'en rendre digne.

Que faut-il faire pour se bien disposer à la grâce des ordinations?

1° Il faut être en état de grâce ; 2° faire une bonne retraite; 3° prendre avis d'un sage et prudent directeur; 4° faire de bonnes œuvres, des prières ferventes, quelques jeûnes el quelques aumônes à cette intention.

Quelles sont les dispositions qui doivent accompagner l'ordination ?

La première est de dresser son intention pour recevoir l'ordre que l'évêque confère ; Ja seconde, d'être dans un saint désir de recevoir le Saint-Esprit prêt à se répandre sur ses ministres, comme il se répandit sur les apôtres au jour de la Pentecôte; la troisième, d'être attentif aux prières, avertissements et paroles de l'évêque, surtout celles qui font partie essentielle du sacrement; la quatrième est d'éviter toute immodestie, et les discours superflus, pendant le temps de l'ordination.

Quelles sont les choses qu'il faut faire après la réception des ordres ?

La première est de considérer l'excellence de l'ordre et de la grâce qu'on vi^nt de recevoir, et en remercier Notre-Seigneur. La seconde, de faire Je même jour la pénitenco

TABLE DES MATIERES

qui a été imposée par l'évêque à tous ceux qui ont été ordonnés. Les prêtres qui ne peuvent sitôt s'acquitter des trois Messes dont ils sont chargés, sont exceptés de cette règle. La troisième est d'éviter toute dissipation, et pour cela de rester au séminaire jusqu'à ce que^lgr l'évêque donne à chacun la liberté de se retirer. La quatrième enfin,

est de demander à Notre-Seigneur le don de la persévérance dans les résolutions qu'on a prises , et de faire tous les ans une mémoire solennelle du jour auquel on a été honoré de la dignilé du sacerdoce.

Habebitis hanc diem in monumentum, et celebrabitis eam solemnem cullu sempiterno. (Exod. xii, 14.)

TABLE DES MATIERES

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