‹ Œuvres completesChapitre 36 sur 296 · DE LA PÉNITENCE · texte numérisé non relu

DE LA PÉNITENCE

LEÇON I

Du nom de ce sacrement. — Son institution. — Son administration. — Ses effets. — Sa nécessité. — Ses liuils.

Pourquoi l'instruction sur la pénitence ne précède-t-clle pas l'instruction sur l'Eucharistie ?

1° La coutume ancienne de l'Eglise était de donner l'Eucharistie incontinent après le baptême, puis la confirmation ; 2° dans l'ordre naturel, la naissance, l'accroissemeni, la nourriture, marchent devant les remèdes.

Pourquoi ce nom de pénitence?

A cause de la repentance et de la peine qui composent ce sacrement; car on s'y repent de ses péchés, et on y satisfait par la peine.

Est-il absolument nécessaire au salut ?

Oui, à quiconque a perdu l'innocence baptismale.

Quand Jésus-Christ institua-t-il ce sacrement ?

Lorsqu'il donna à ses apôtres, et, en leurs personnes à leurs successeurs, le pouvoir de remettre et de retenir les péchés, et leur promit que tout ce qu'ils lieraient et délieraient sur la terre serait lié et délié dans le ciel.

Qu'est-ce que retenir les péchés?

C'est ne les pas remettre.

Quel est le signe visible de ce sacrement ?

L'accusation des péchés et l'absolution.

Quelle en est la grâce invisible?

La rémission des péchés signifiée et opérJe par les paroles du prêtre.

Qui peut l'administrer?

Tout prêtre approuvé.

Qui peut le recevoir?

Toul Chrétien baptisé qui a péché.

Quels sont ses effets ?

1° Il efface le péché actuel ; 2° il délivre de la servitude du diable; 3° il donne la grâce sanctifiante ; k° il apaise la colère de Dieu, et nous réconcilie à lui; 5" il confère

OEUVRES COMPLETES DE DE LA CHETARDiE.

la force pour résister aux lentalions et pour persévérer dans la justice ; 0° il rend le mérite des bonnes œuvres faites en état de grâce, qu'on avait perdu par le péché mortel ; 7° il modère l'ardeur de la convoitise; 8" il change le cœur de pierre en un cœur de chair, la vraie pénitence ayant sa transubstantiation (52).

Un prêtre, qui n'est qu'un homme, peut-il juger les péchurs et remettre les péchés?

Ce jugement est censé rendu par Jésus- Christ même, qui a établi juges les prêtres. C'est ce PonLife invisible qui absout intérieurement le pénitent, pendant que le prêtre exerce le ministère extérieur; ainsi l'absolution extérieure du confesseur est lo signe de l'absolution intérieure que donne le Sauveur.

Pourquoi appclle-t-on ce sacrement confession?

C'est à ce tribunal que le pécbeur vient avouer ses crimes, en demander humblement pardon, et en recevoir l'absolution.

Que dites-vous de la confession ?

Que c'est, 1° un frein salutaire à la licence des pécheurs ; 2" une source féconde de sages conseils pour les bons; 3° une sensible consolation pour toutes les aines pénitentes.

Quels fruits produit la bonne confession?

1° L'amendement de vie ; 2" l'humilité du cœur; 3° la connaissance de soi-même ; k" le repos de la conscience; 5° l'horreur du péché.

Faut-il se confesser souvent ?

Le plus souvent est le meilleur, car plus on diffère de se confesser, plus la confession devient pénible, et d'ordinaire ceux qui se confessent rarement se confessent mal.

Que faut-il pour faire une bonne confession ?

1° Examiner sa conscience; 2° être marri d'avoir offensé Dieu ; 3" faire un ferme propos de n'y plus retourner ; k" déclarer tous ses péchés à l'oreille d'un prêtre ; 5" satisfaire à Dieu et à son prochain.

§ I. — De l'examen de conscience.

Qu'est-ce que l'examen de conscience?

Une soigneuse recherche des péchés qu'on a commis.

Que fuut-il faire pour bien examiner sa conscience ?

1° Se retirer en quelque lieu à l'écart ; 2° se mettre en la présence de Dieu ; 3" invoquer les lumières du Saint-Esprit ; h" penser aux lieux où on a été, aux personnes qu'on a fréquentées, aux affaires qu'on a eues; 5°rélléchir sur ses pensées, paroles, actions et omissions ; G" parcourir les commandements de Dieu et de l'Eglise ; 1' les devoirs de son état et condition, tant envers Dieu qu'envers le prochain.

A quoi devons-nous particulièrement nous arrêter dans l'examen ?

A connaître, 1" la cause ou la racine de

nos principaux désordres; 2" notre vies prédominant; 3° nos habitudes vicieuses; 4° nos méchantes inclinations et notre faible; 5° les mauvaises suites de nos péchés ; 6° leur nombre, leur espèce, leurs circonstances , par exemple, en quel lieu nous avons offensé Dieu, en quel temps, en quelle manière, avec qui, par quels moyens, à quelle fin, etc.; les scandales que nous avons donnés; 8° les omissions où nous sommes tombé; 9° les occasions où nous nous trouvons; 10° les rechutes que nous faisons; 11° les inspirations que nous rejetons ; 12° les remèdes à tout cela.

A quoi l'examen est- il utile?

1° A exciter la contrition, nous découvrant le fond de notre misère; 2" à l'intégrité de la confession, nous empêchant de rien omettre ; 3°à la satisfaction, nous faisant voir combien nous sommes redevables a la justice divine, h' A notre correction, avancement et perfection, nous donnant la connaissance de nous-mêmes, et des moyens de parvenir à la sainteté.

Et, si, par une pure négligence de s'examiner, on ne se confessait pas de quelque péché mortel?

On ferait une mauvaise confession, c'està-dire un sacrilège.

El si, après s'être bien examiné et avoir reçu l'absolution, on se ressouvenait d'avoir oublié un péché mortel?

Il ne faudrait point se troubler, mais retourner au confesseur et le lui déclarer.

Que doit-on éviter dans l'examen de conscience?

Les deux extrémités, la négligence et le scrupule.

Quelle diligence doit-on apporter à son examen ?

Autant qu'à une affaire importante, dont on doit rendre compte à Dieu, et de qui la validité d'un sacrement ne peut dépendre, et même le salut.

Quel bon moyen de faciliter cet examen?

Faisant tous les soirs l'examen de sa conscience avant de se coucher.

§ IL — De la contrition en général.

Qu'est-ce que la contrition?

Une douleur d'avoir offensé Dieu, avec un ferme propos de n'y plus retourner.

Combien enferme-t-elle de choses?

Trois :1° la destruction des péchés commis ; 2° l'espérance, ou la confiance d'en obtenir le pardon de la bonté de Dieu par les mérites infinis de Jésus-Christ ; 3° le désir de mener une vie nouvelle.

A-t-ellc toujours été nécessaire pour obtenir la rémission du péché?

Oui, et elle le sera toujours; le péché se commet par le plaisir; il s'efface par la douleur.

De combien de sortes y en a-t-il?

Il y a la contrition parfaite.et la contrition imparfaite, qu'on nomme aussi altrilion :

(52) Il faut entendre celle phrase dans le sens métaphorique , pour signifier qu'un cœur endurci

devient sen-ible, repentant et d' tous ses devoirs.

posé à se p'ier à

contrition parfaite, parce qu'elle est informée de la charité, qui est sa perfection : imparfaite, au contraire.

De la contrition parfaite.

Qu'est-ce que la contrition parfaite ?

Une douleur d'avoir offense Dieu purement pour l'amour de lui-même, et en vue de ses perfections infinies.

Que dites-vous de celle douleur?

1° Qu'elle est l'excellente et la parfaite; 2° qu'il faut toujours tâcher de s'y exciter et de s'y élever ; 3° qu'elle justifie dès qu'on en a produit l'acte au fond du cœur, avant môme d'avoir reçu le sacrement de pénitence, pourvu qu'elle renferme le désir de se confesser, et de soumettre le péché aux clefs de l'Eglise : obligation dont il faut s'acquitter quand môme on serait sûr d'en ;ivoireu la rémission, ce qui fut figuré i>ar ce lépreux que le Sauveur avait guéri, et qu'il renvoya néanmoins aux prêtres.

Faites un acte de contrition parfaite.

Mon Dieu, je suis grandement marri et repentant de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aima- Lie, et que le péché vous déplaît et vous déshonore ; je fais un ferme propos, moyennant votre sainte grâce, de n'y plus retourner, et d'en faire pénitence.

De l'alirition.

Qu'est-ce que l'alirition ?

Un regret d'avoir offensé Dieu, causé par la crainte de tomber dans l'enfer ou de perdre le paradis, ou bien en vue de la laideur du péché que la foi y découvre, comme d'avoir préféré la créature au Créateur, et de s'être rendu esclave du diable, de ses passions, de sa chair; d'avoir dépravé sa nature, vécu en bêle, servi les pourceaux avec l'enfant prodigue, fait un crime inlâme, abominable, hideux aux yeux de Dieu et de ses saints, etc.

Cette douleur suffit-elle avec le sacrement ?

Oui, pourvu, 1° qu'elle soit causée par le Saint-Esprit; 2° qu'elle exclue l'affection du péché ; 3° qu'elle soit accompagnée de confiance en Dieu, qu'il nous pardonnera à cause des mérites infinis de Jésus-Christ; k° qu'elle renferme la haine de la vie passée. la résolution de ne plus pécher à l'avenir, et un amour commencé.

El sans le sacrement ?

Elle ne suffit pas pour notre justification.

Et qui dirait : « Je suis fâché d'avoir offense' Dieu, à cause qu'il y a un enfer, et je ne veux plus offenser Dieu, de peur de perdre le paradis ; mais s'il n'y avait ni paradis ni enfer, je pécherais. »

Cette douleur ne suffirait fias, même avec le sacrement, parce qu'elle n'exclut pas l'affection au péché, et qu'elle exclut tout l'amour de Dieu, tant celui de pure charité qui est renfermé dans la contrition parfaite, que celui d'espérance qui se trouve dans l'attrition.

Tout amour de Dieu ne suffit donc pas pointa justification du pécheur '!

OKUVRES COMl'L. DE DE I. A ChÉTARDÎK

L'amour pur ou l'amour de Dieu pardessus toutes choses, en quelque petit degré qu'il soit, pourvu qu'il soit tel, justifie dès qu'on l'a ; car comment concevoir que celui qui aime ainsi Dieu puisse être dans sa disgrâce et digne de l'enfer? Et c'est celui qui se trouve dans la contrition parfaite; mais non l'amour intéressé et imparfait, tel qu'il se rencontre dans l'attrition. Par exemple, 1° on aime Dieu à cause de ses perfections ; on est fâché de l'avoir offensé, parce qu'il est infiniment bon ; on ne craint rii n tant que de lui déplaire, à cause qu'il est souverainement aimable : voilà l'amour pur, la crainte filiale et la contrition parfaite, qui justifie en quelque degré qu'on l'ait, sitôt qu'on l'a. 2° On aime Dieu à cause de la récompense ; on se repent de l'avoir offensé à cause du châtiment; on est fâché d'avoir commis le péché, à cause qu'il est abominable : voilà l'amour intéressé , la crainte servile, l'attrition ou la contrition imparfaite, qui néanmoins conduit à l'amour parfait et à la crainte filiale, et est un amour commencé; non qu'il soit un premier degré de la pure dilection, puisqu'il est d'une espèce différente, mais en tant que par lui on aime Dieu comme rémunérateur, on le craint comme ve'geur, on >e recherche comme source de justice et d'incorruplion ; et qu'étant un don de Dieu et un amour im ■ parfait, il dispose à la réception de l'habitude de la charité, ou de la grâce sanctifiante dans le sacrement de pénitence, et à l'amour pur, étant naturel de passer de l'amour du bienfait à l'amour du bienfaiteur, surtout quand le bienfaiteur est lui-même le plus grand de ses bienfaits. 3e On n'aime nullement le Dieu des récompenses, mais uniquement les récompenses de Dieu ; on n'a point le péché en horreur, mais on craint les peines qui lui sont préparées; on n'est point fâché d'avoir déplu à Dieu, mais ou craint de se rendre à jamais malheureux: et c'est là un amour vicieux, d'un faux pénitent, et une crainte d'esclave qui n'appréhende que le châtiment, qui n'obéit et n'observe les commandements que par la force; car il les violerait ouvertement s'il le pouvait impunément , et qui met sa dernière fin en lui-même, se servant de Dieu comme d'un moyen pour se procurer le bonheur : et celui-ci, loin de suffire avec le sacrement, rend sans doute l'homme plus hypocrite et plus méchant.

Que concluez-vous de tout cela ?

Que pour la justification du pécheur, i° il y a une douleur qui suffit sans le sacrement, pourvu qu'elle en renferme le vœu ; 2° qu'il y en a une qui ne suffit qu'avec le sacrement ; 3" qu'il y en a une qui ne suffit pas, môme avec le sacrement; k" qu'après tout, la vraie et parfaite pénitence est représentée par cette femme clèbre qui portait de l'eau et du feu quand elle allait à confesse, l'eau pour éteindre le feu de l'enfer, et le feu pour brûler le paradis, afin disait-elle qu'on ne se repentît plus d'avoir offensé Dieu, et qu'on ne I aimai

plus qu'à cause de lui-même. Et c'est là où on doit tendre, et élever les autres (53).

Faites un acte d'attvition, ou de contrition imparfaite, qui suffise avec le sacrement ?

Mon Dieu je suis grandement fâché de vous avoir offensé, parce que le péché est abominable, et que je crains de me damner, et de perdre le paradis ; mais, mon Dieu, le paradis et l'enfer mis à part, je ne veux plus pécher, je me repens de l'avoirfait, et je fais un ferme propos, moyennant votre sainte grâce d'en fair<e pénitence, de n'y plus retourner, et de commencer à vous aimer.

Qualités communes à la contrition et attrition.

Combien la contrition, soit parfaite, soit imparfaite, demande-t-elle de conditions pour être bonne et légitime?

Quatre : elle doit être, 1° surnaturelle; 2° souveraine ; 3° intérieure; 4° universelle.

Qu'est-ce à dire surnaturelle ?

Qu'elle doit être produite par un mouvement du Saint-Esprit, et fondée sur des motifs de foi.

Et qui est affligé d'avoir offensé Dieu à cause que le péché fait perdre l'honneur, le bien, la santé, la réputation, la vie ?

Cette douleur ne suffit pas, parce que le principe n'en est pas surnaturel, non plus que le motif ni l'objet.

Qu est-ce donc ?

Une douleur naturelle causée par la perle d'un bien temporel.

Qu est-ce à dire que cette douleur doit être souveraine?

Qu'on doit être plus fâché d'avoir offensé Dieu, que de tout autre malheur qui pourrait nous arriver, et qu'on serait prêt de subir toute sorte de peine, et de se priver de toute sorte de bien, plutôt que de commettre un seul péché mortel ; en un mot, haïr le péché plus que tout autre mal.

Qu est-ce à dire que cette douleur doit être intérieure ?

Que la douleur extérieure et sensible ne suffit pas, et que ce n'est pas assez de répandre des larmes, et de jeter des soupirs.

Que faut-il donc ?

Un cœur contrit et humilié, sans quoi la pénitence n'est qu'hypocrisie.

Qu est-ce à dire que cette douleur doit être universelle ?

Que la douleur doit s'étendre sur tous les péchés mortels qu'on a commis, sans en excepter un seul.

Faut-il faire autant d'actes de contrition qu'on a commis de péchés mortels ?

Cela n'est pas nécessaire, il suffit de les détester en général, et par une raison commune, comme qu'ils déplaisent à Dieu ; mais il est très-utile et très-salutaire de faire un acte de contrition en particulier des péchés qui donnent le plus de remords, et qui sont les plus énormes.

Quels motifs surnaturels peuvent exciter en nous la contrition ?

La vue,l°de la bonté de Dieu, de ses bienfaits, de ses perfections, de ses miséricordes sur nous, de sa longue patience, de sa douceur, de ce qu'il est notre Créateur, notre Père, notre bienfaiteur; 2° de l'injure que lui fait le pécheur et le péché ; 3° de notre méchanceté ; 4° de notre ingratitude ; 5° de notre aveuglement ; 6° de notre dureté ; 7° du tort que nous a fait le péché et des peines qui le suivent; 8" de la Passion de Jésus- Christ et de son sang précieux; 9° de la perte du paradis et de notre éternité.

Faut-il que cette douleur soit sensible et accompagnée de larmes et de sanglots?

Cela est bon et à désirer, mais non absolument nécessaire, pourvu qu'elle soit véritablement revêtue des quatre qualités précédentes.

Des larmes.

Est-il nécessaire de pleurer ses péchés ?

Quoique sans pleurs extérieurs on puisse avoir une contrition intérieure suffisante, laquelle réside dans une faculté spirituelle, et est élevée au-dessus des sens, et que certains tempéraments s'y excitent rarement ; cependantoùtrouvera-t-onde vrais pénitents qui n'aient amèrement pleuré ? Quels torrents n'ont pas versé David, lu Madeleine, saint Pierre, saint Augustin, etc. Car, selon les saints, tout pécheur qui ne pleure pas, mérite d'être pleuré, et les larmes sont, disentils, 1° les sincères témoins et les messagers fidèles de la douleur du cœur; 2° le pain quotidien de l'âme pénitente; 3" le baume qui guérit ses plaies ; k° l'eau qui lave ses taches ; 5° la rosée céleste qui la reverdit, l'enrichit, la pare, l'embellit, la fertilise et Ja rend féconde en plantes, fleurs et fruits spirituels ; 6° l'heureux déluge où tous les crimes sont noyés ; 7° et les feux de la convoitise et de l'enfer éteints; 8° un second baptême et un autre Jourdain, où la Madeleine lave de nouveau Jésus-Christ ; 9° une fontaine qui arrose le paradis d'Adam pénitent; 10" une mesure à laquelle on proportionne le pardon ; 11° une humble confession sans confusion, suivie d'une miséricordieuse excuse; 12° un soupir d'enfant, qui attire le soupir du père; 13" une liqueur qui coule pêle-mêleavec lesangde Jésus-Christ; 14" un encens dont la vapeur, causée par un cœur embrasé, monte jusqu'au Irène du Très- Haut; 15" une prière eilicace et une voix puissante qui ne demande rien, et qui obtient tout, et qui fait violence à la justice de Dieu ; 16" dont l'œil attendri regarde l'œil mouillé; 17° dont la main charitable essuie le visage humide ; 18° les larmes sont le sang d'un cœur contrit, brisé, percé par la douleur; 19° une vraie eau bénite qui chasse le démon ; 20° un sacrement à qui la promesse des consolations divines est attacuée ; 21" si Jésus-

(53) Il e-t évident que ce trait renferme une allégorie, car ce n'est pas l'eau qui éteint l'enfer, ni le feu q.ii peut brûler le paradis, mais on voulait

donner une leçm par L'action symbolique rapportée ici.

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Christ ne lava pas ses pieds de la même eau que ceux des apôlres, c'est qu'il se réservait les larmes des pénitents ; 22° la faculté de pleurer a été uniquement donnée à l'homme pour recouvrer la perte de la justice; qu'il perde son père, son tils, son épouse, son bien, son honneur, sa santé, etc., il a beau pleurer, les larmes ne lui rendent rien ; qu'il ait perdu la grâce, ses larmes la lui font recouvrer, dit saint Chrysostome ; 23° ce sont des avocats éloquents qui plaident sa cause, et de puissantes médiatrices de sa réconciliation avec Dieu ; 2k" des pierres précieuses qui ornent merveilleusement son visage ; 25° une pluie qui fait germer toutes sortes de vertus dans un cœur jusqu'alors stérile ; 26° une semence de la vie éternelle ; 27° enfin, comme c'est une marque de la vie dans la vigne qu'on taille lorsque le sarment jette de l'eau, ainsi quand le cœur percé des traits de l'amour divin, pousse des sanglots et verse des larmes, c'est un signe que l'âme est touchée d'une douleur très-vive.

D'où vient que le don de larmes, autrefois si fréquent, est à présent si rare parmi les fidèles t

Presque personne n'en veut donner le prix, c'est-à-dire l'acheter par le sacrifice de toutes les consolations humaines et mondaines.

§ III. — Du ferme propos.

Qu'est-ce que le ferme propos?

Une résolution sérieuse et une volonté déterminée de ne plus offenser Dieu à l'avenir, et de satisfaire à Dieu et au prochain.

Quel doit-H être?

1° Intérieur ; 2" fort ; 3° universel ; k° pour toujours ; 5" prudent, prévoyant les moyens et les obstacles.

De quoi doit-il être accompagné ?

1° De défiance de soi-même; 2° de confiance en Dieu ; 3° de désir de faire violence à ses inclinations ; k" d'éviter les occasions ; 5° de résister aux tentations ; 6° de déraciner ses mauvaises habitudes; 7° d'embrasser et de pratiquer les moyens de ne plus retomber, tels que sont l'oraison, les pieuses lectures, la fréquentation des sacrements, les bonnes œuvres.

Qui dirait : « Je ne voudrais plus offenser Dieu, » marquerait -il avoir un véritable ferme propos ?

Non, il faut dire : Je ne veux plus offenser Dieu, j'aime mieux mourir mille fois, etc.

Qui doit craindre de ne l'avoir pas?

l°Celui qui a sou vent promis dans ses a u 1res confessions, et qui n'a pas tenu ; 2° qui a pu restituer, se réconcilier, quitter l'occasion, et ne l'a pas fait ; 3° qui ne s'est pas servi des moyensqu'on lui a prescrits pour fuirle vice; k° ni pour pratiquer la venu ; 5° et de qui les péchés se sont multipliés à l'ordinaire; 6° enfin qui a fait de fâcheuses rechutes.

De la rechute.

Que dites-vous de la rechute?

Que c'est un péché détestable aux yeux

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