‹ Œuvres completesChapitre 37 sur 296 · IL CE QUE NOUS DEVONS RECEVOIR. 2ÔH · texte numérisé non relu

IL CE QUE NOUS DEVONS RECEVOIR. 2ÔH

de Dieu, et qu'il renferme seul la malice de ceux dont on s'était relevé par la pénitence.

Pourquoi?

11 est accompagné, 1° de malice, car on sait bien ce qu'on va faire et on le veut bien; 2° d'ingratitude après un tel bienfait que celui de la justification; 3° de mépris, [•référant de propos délibéré la créature au Créateur, et le démon à Dieu; 4° de trahison, vendant Jésus-Christ, comme Judas, pour un rien, et le crucifiant encore une ibis.

Où conduisent ordinairement les fréquentes rechutes ?

A l'endurcissement et à l'impénitence finale.

Que faut-il faire pour ne pas tomber dans ces étals funestes ?

1° Fuir les occasions; 2* résister aux tentations ; 3° fréquenter lessacrements ; 4° user des moyens qu'un confesseur prudent suggérera ; 5° ne point désespérer de sa conversion ni de son salut, mais se confier en la bonté de Dieu, faisant bon us. ge de ses grâces.

§ IV. — De la conles-i>.n.

Qu est-ce que la confession ?

Une accusation volontaire de ses propres péchés, faite au tribunal de la pénitence, pour en avoir l'absolution.

Quelle sont les qualités de la bonne confession ?

Elle doit être , 1" sincère, sans artifice ni déguisement ; 2" humble, s'accusant et ne se vantant, ou ne s'excusant pas de ses crimes, ou ne les rejetnnt pas sur autrui ; 3° douloureuse, ne les racontant pas comme une histoire, mais avec componction; 4° modeste, les expliquant en des termes honnêtes; 5° simple, disant naïvement les choses comme elles se sont passées, sans les couvrir ou envelopper sous certaines expressions ambiguës et obscures, qui, cachant la laideur de la plaie, n'en découvrent pas le venin; 6° prudent, ne mêlant point les péchés d'autrui parmi les vôtres; 7° précise, évitant toute redite ou prolixité inutile; 8° entière, disant tous ses péchés, sans en cacher, ni retenir, ni déguiser volontairement aucun, du moins qui soit mortel, autrement on ferait une confession sacrilège, ce qui est un horrible péché et une profanalion damnable.

Que faut-il dire afin que la confession soit entière?

i" Le nombre de ses péchés, c'est-à-dire combien de fois on a offensé Dieu ; 2" l'espèce, c'est-à-dire quels péchés on a commis, quels commandements on a transgressés, quelles vertus on a violées; 3" les circonstances qui changent l'espèce.

Qu'est-ce que c'est ?

C'est, par exemple, quand on a tué, mais dans une église ; on a frappé, mais c'est son père ; on a dérobé, mais un calice ; on a fait une action déshonnéte, mais avec une personne ou consacrée à Dieu, ou parente, ou

mariée, etc. Car ces sortes de circonstances prises du côté du lieu, de la personne et de la chose, blessent une seconde vertu et font un nouveau péché.

Doit-on aussi déclarer les circonstances notablement aggravantes?

Oui, pour bien manifester sa malice; par exemple : déclarer, 1° quand on a dérobé, si c'est beaucoup; 2° qu'on a frappé, si c'est rudement; 3° qu'on a juré, si c'est scandaleusement; trois circonstances qui peuvent même changer l'espèce ; k° qu'on a médit, si c'est publiquement ; 5° qu'on a été intempérant, si on a passé les jours et les nuits dans la débauche; 6° qu'on a perdu la Messe, si c'est le jour de Pâques, de la Pentecôte, etc.; 7° qu'on a violé le jeûne ou l'abstinence, si c'est la semaine sainte: 8° qu'on a eu une mauvaise pensée, si c'est longtemps, etc.

Qui empêche l'intégrité de la confession?

1° L'ignorance de ses obligations ou de sa religion; 2° la négligence de bien examiner sa conscience, particulièrement sur les péchés d'omission ; 3° la honte de découvrir les péchés infâmes; k" la crainte de la correction de la pénitence, de refus de l'absolution, de perdre l'estime du confesseur.

Quels maux arrivent à celui qui retient volontairement un péché mortel ?

1° Il ne reçoit pas la grâce de Dieu, ni le pardon de ses péchés; 2° il commet un horrible sacrilège; 3° il est bourrelé en son âme comme s'il était déjà en enfer; k" il recevra une confusion intolérable au jugement de Dieu, en présence des hommes et des anges; 5° s'il ne répare ses mauvaises confessions, il sera éternellement damné.

Comment vaincre la honte et la crainte de dire ses péchés?

Se représentant, 1" qu'on se confesse à Dieu qui sait tout; 2° que tous les hommes, et le confesseur même sont pécheurs et ont besoin de miséricorde; 3° qu'un confesseur estime et aime davantage un pénitent sincère, voyant l'ouverture de son cœur, sa confiance et le désir qu'il a de se convertir ; V qu'il y a du profit et de l'honneur à dire ses péchés, quand on veut les quitter; 5° que les plus grands pécheurs font paraître davantage la miséricorde de Dieu ; que plusieurs saints ont été pécheurs, mais qu'ils se sont confessés dans l'humiliation de leur cœur et ont fait pénitence; 7" que la honte de les dire est déjà une bonne pénitence devant Dieu; 8" qu'après une bonne confession, on a un grand repos de conscience; 9° qu'il faut le faire tôt ou tard, ou être damné à jamais; 10° que le confesseur serait brûlé en ce monde et en l'autre, s'il révélait un seul péché, et qu'il lui est môme défendu d'y penser; 11" qu'il en a ouï, et qu'il entend tous les jours de pires, et que rien ne s'oublie si vite que les péchés entendus à la confession; 12° entinla sainte honte que Jésus eût de paraître nu lors de la flagella-

DE DE LA CHETARDIE, 2i0

tion, doit servir de remède à la honte criminelle qui nous empêche de découvrir la difformité de notre âme par la confession humiliante de nos désordres, inclination ancienne de notre premier père, qui couvrit sa nudité avec des feuilles de figuier.

Quelles qualités doit-on désirer dans un confesseur ?

1° La science: 2° la probité; 3° la prudence; 4° la charité; 5° la patience; 6° l'expérience.

Quelle science doit-il avoir?

Il faut que sa doctrine soit, 1° saine et orthodoxe; 2° éloignée de toute nouveauté et singularité ; 3° sainte et spirituelle, c'est-àdire qu'il sache les vues de Dieu dans la sanctification des âmes, les mystères de la religion, les remèdes aux péchés, aux tentalions, aux peines, etc. (54).

Que faut-il faire quand il diffère ou refuse l'absolution?

Se soumettre humblement à celte conduite, et en ôler la cause.

A qui d'ordinaire un bon confesseur suspend-il l'absolution?

A ceux, 1° qui ne savent pas la doctrine chrétienne, jusqu'à ce qu'ils l'aient apprise ; 2" qui sont en inimitié, jusqu'à ce qu'ils se soient réconciliés ; 3° qui ont fait tort au bien el à la réputation d'autrui, jusqu'à ce qu'ils l'aient reparé; 4° qui sont dans l'habitude du péché, jusqu'à ce qu'ils se soient fait violence; 5" qui sont dans l'occasion prochaine, jusqu'à ce qu'ils l'aient quittée.

Qu est-ce que ces sortes d'occasion?

Celles où l'on a coutume d'utfenser Dieu. Par exemple , 1° fréquenter les personnes vicieuses ; 2° demeurer avec les complices de son désordre ; 3° aller dans des lieux do débauche; h" exercer un métier, une charge ou un emploi dont on est incapable, ou qui porte au péché, ou qui en facilite les moyens, etc.

Qui abuse de la confession ?

Ceux , 1° qui croient qu'il n'y a qu'à raconter ses péchés à l'oreille d'un prêtre, sans se mettre en peine de se corriger ou de se punir; 2° qui ne cherchent dans la confession quà décharger leur conscience et à étouffer leurs remords; 3° qui, après leur confession faite, retournent à la manière accoutumée de vivre.

Que dites-vous de celui qui, en jouant, ne peut s'empêcher de jurer, blasphémer, tromper, etc. ?

Qu'il est incapable de l'absolution, s'il i.e quitte le jeu.

Et celui qui se sent porté au péché dans les danses ?

Qu'il doit s'en abstenir s'il veut être absous.

Et de ceux qui ne veulent pas se défaire des mauvais livres ?

De même que les précédents.

Que dites-vous des tableaux, peintures et

(51) L'.ipprotiation donnée pir les supérieurs ecclé->iasli(| les Suppjse loules ces qualités, mais les

confesseurs doivent les méditer ci s'y perfection' ner tous les jours.

chansons lascives, ou qui portent au libertinage, à l'impiété ou à l'impureté?

Que c'est encore pis que les livres.

Main si le pénitent promet de ne pas offenser Dieu à l'avenir?

On ne doit pas le croire, s'il n'est résolu d'en ôter la cause.

Le prêtre ne doit-il pas ajouter foi à son pénitent ?

Non, pas en cela, car l'homme ne se connaît pas soi-même, surtout quand il est aveuglé par ses passions et ses mauvaises habitudes.

A quoi donc les connaît-on ?

A ses œuvres, comme dit Jésus-Christ dans l'Evangile.

Le confesseur n est-il point trop rude, quand il diffère l'absolution à son péni lent?

Pas plus qu'un médecin qui tente tous les moyens pour sauver son malade.

Celui à qui on diffère l'absolution, doit-il désespérer de son salut ?

A Dieu ne plaise, an contraire il doit croire que les rigueurs de l'Eglise lui sont salutaires.

Doit-il se retirer tout à fait de la confession ?

Non, la confession lui est utile en plusieurs sortes: car, 1° il s'y humilie; 2° il y reçoit de bons conseils, et des pénitences salutaires ; 3° il produit quelques bons désirs, en atlendantde bonnes œuvres; 4° le prêtre prie pour lui; 5° entin il a toujours de la grâce à subir le jugement de l'Eglise

Quels sont les inconvénients des absolutions mal données?

1° D'exposer le pécheur à la profanation des sacrements ; 2° de iui attirer la colère de Dieu au lieu de la miséricorde; 3° de l'accoutumer à ne profiter pas des remèdes, les lui rendant inutiles; 4° de lui inspirer une fausse confiance ; 5° de le laisser tomber dans l'impénitence finale, c'est-à-dire mourir sans s'être jamais vraiment converti, quoiqu'il se soit souvent confessé.

Qu'arrive- t-il à ceux qui cherchent des confesseurs qui les flattent ?

Cequedit Notre-Seigneur, que si un aveugle conduit un autre aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse.

Que doit donc faire un vrai pénitent ? ' 1" Se mettre entre les mains d'un bon confesseur, sage, discret, pieux; 2° se soumettre à lui comme à son »uge et à son médecin; 3" faire un bon usage aes avis qu'il donne, et des remèdes qu'il prescrit; 4° le bon pénitent fait le bon confesseur.

Est-il utile de confesser les péchés véniels?

Sans doute : afin, 1" de s'en corriger ; 2° de faire mieux connaître son étal au confesseur; 3° de communier plus dignement.

Desquels particulièrement ?

De ceux qu'on commet, 1° par pure malice; 2° contre l'inspiration divine; 3" par habitude; 4° avec scandale; 5° qui disposent au mortel.

Peut-on en avoir une contrition suffisante?

Oui, le respect infini et l'amour parfait

qu'une âme doit avoir pour Dieu, lui font trouver que déplaire à cette souveraine Majesté, pour peu que ce soit, est une chose infiniment détestable, et plus que suffisante pour en concevoir de la tristesse et en avoir de la componction.

Et les péchés passés, et déjà confessés ?

On peut les soumettre encore aux clefs de l'Eglise, surtout quand on ressent du remords et un nouveau regret.

Où doit-on entendre les confessions?

Dans les confessionnaux à l'Eglise, et jamais dans les chambres, sinon en cas de maladie, ni dans les chapelles domestiques sans permission, ni à heures indues, ni en des lieux obscurs et retirés.

De la confession générale.

Qu est-ce que la confession générale ?

Celle où on s'accuse de tous les péchés qu'on a commis depuis qu'on est au monde.

Est-elle nécessaire ?

Oui, à ceux de qui les confessions particulières ont été mauvaises, ou même douteuses.

Comment mauvaises ?

Par le défaut de contrition, de ferme propos, d'intégrité, ou chose semblable, requise à la validité du sacrement.

Comment douteuses?

Par le peu : 1° de préparation et de sentiment qu'on y a apportés; 2° de pénitence qu'on a pratiquée; 3" de violence qu'on s'est faite; 4° des moyens dont on s'est servi ; 5° d'occasions qu'on a évitées; 6° par la vie molle et mondaine qu'on a menée ; 7° par les fréquentes rechutes qu'on a faites.

Quelles sont les utilités d'une confession générale ?

1° Elle répare les défauts des confessions précédentes ; 2° elle imprime une plus grande horreur du péché; 3° elle excite une plus vive contrition; 4° elle cause une plus profonde humiliation; 5° elle étouffe les remords ; 6° elle produit la paix intérieure, la joie de la bonne conscience, la pureté de cœur, la confiance en Dieu; 7° elle mortifie la convoitise, les passions et les mauvaises habitudes; 8° elle nous donne la connaissance de nous-mêmes et de notre malheureux fonds; 9° elle nous excite à prendre des moyens plus efficaces de bien vivre; 10° elle nous rend plus expérimentés et plus prudents pour l'avenir; 11° Elle nous engage à mieux régler notre vie; 12°elle nous dispose excellemment à la communion; 13° enfin elle attire une plus abondante grâce de Dieu sur nous, et nous dispose à une bonne mort.

Le moyen de la bien faire ?

Une retraite de quelques jours où on fait les exercices spirituels sous la conduite d'un bon confesseur, est le moyen le plus excellent.

Quand est-il bon de la faire?

1° Quand on embrasse un nouvel état ou genre de vie; quand on se trouve en quelque maladie notable, ou que la mort approche; 3° quand on veut gagner le Jubilé; 4° quand on en a l'inspiration ; 5" c'est bien

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fait de la conseiller a ceux qu'on voit en avoir besoin (55).

§ V. — De la satisfaction.

Qu'est-ce que la satisfaction?

La peine imposée au pénitent par le confesseur, en réparation de l'injure que le péché a fait à Dieu, et en punition du crime que le pécheur a commis.

Jésus-Christ n'a-t-il pas satisfait pour nos péchés ?

Oui, mais témérité de ses satisfactions est appliqué par le moyen des satisfactions de la pénitence: et le prix de celles-ci n'est qu'un écoulement de celles-là.

Dieu ne pouvait-il pas nous faire celte application sans exiger de nous aucune peine? Oui, et c'est ce qu'il fait par le baptême auquel toute coulpe est elfacée, et toute peine remise gratuitement; mais il a voulu dans la pénitence que la peine éternelle encourue par le péché mortel, fût commuée en l'obligation de subir une peine temporelle qu'on appelle satisfaction; d'où vient que les saints ont nommé Ja pénitence .un baptême laborieux.

Avons-nous quelques exemples dans l'Ecriture d'une semblable conduite ?

Dieu pardonna le péché des Israélites dans le désert, mais il leur en tit faire une pénitence de quarante années. 11 remit l'iniquité de David, mais il le punit par de sévères châtiments. Enfin les Ninivites et tous les vrais pénitents de l'un et de l'autre Testament montrèrent assez cette vérité par les dignes fruits de pénitence qu'ils ont faits. Pourquoi cela est-il à propos ?

1° 11 est juste qu'en punition de notre ingratitude criminelle et de l'infidélité que nous avons eue de violer les saintes promesses que nous avons faites au baptême, nous soyons condamnés à des œuvres pénibles et laborieuses ; 2" il y aurait à craindre que nous ne sortissions trop promptement des liens de la justice en nous abandonnant à une téméraire confiance, et en abusant de la facilité du pardon; 3° et que nous n'estimassions légers les péchés les plus énormes à quoi l'aveuglement et la corruption de notre nature ne nous porterait que trop, s'ils se remettaient si aisément et si souvent, et quant à la coulpe, et quant à la peine. Quelle doit être la satisfaction?

1° Prudente, ayant égard quand on l'impose, à l'âge, au sexe, à la condition, à la santé, aux facultés, etc. ; 2° médicinale, enjoignant des humiliations aux superbes, des mortifications aux sensuels, des charités aux avares, un bon emploi du temps aux paresseux, etc.; 3° proportionnée, étant juste qu'un plus grand pécheur souffre une plus grande peine; 4° on peut dire en général que la lecture des saints livres, la méditation, la retraite, la fréquentation des sacrements, la com| agnie des gens de bien, et enfin un bon règlement de vie, sont des remèdes

excellents pour guérir les infirmités de l'âme, et la maintenir dans la santé spirituelle.

Pouvons-nous offrir à Dieu une satisfaction suffisante pour nos péchés ?

Non, pas avec une égalité parfaite, parce que la majesté de celui que nous offensons en péchant, est infinie, et notre satisfaction lie l'est pas.

Pourquoi donc s'efforcer en vain de satisfaire à Dieu ?

Pour faire avec la grâce ce que nous pouvons, attendant le reste de sa bonté.

Pouvons-nous offrir à Dieu une satisfaction suffisante en quelque manière?

Oui, parce qu'avec sa grâce nous pouvons satisfaire d'une manière dont il veut bien se contenter.

Pouvons nous aussi satisfaire à Dieu par les perles, les maladies et les afflictions qu'il nous envoie?

Oui, en les endurant patiemment, et en esprit de pénitence.

A quoi servent donc ces oeuvres satisfactoires?

1° A satisfaire à la justice de Dieu; 2° à nous punir; 3° à guérir notre âme des langueurs du péché ; 4° à détruire les habitudes vicieuses ; 5" à acquérir les vertus opposées ; 6° à affermir dans le bien ; 7° à contenir dans la justice; 8° à préserver de la rechute; 9° à rendre conforme à Jésus-Christ soutirant et crucifié pour nos péchés ; 10° à faire devenir plus prudent, plus avisés, plus humbles; 1P à refréner la convoitise.

A quoi se réduisent-elles toutes ?

1° Au jeûne: 2° à l'aumône ;3°à la prière.

Que renferme-t-on sous le jeune?

Toutes les macérations et mortifications envers soi-même.

Et sous l'aumône?

Toutes les œuvres de miséricorde envers le prochain.

Et sous la prière?

Toutes les actions de piété envers Dieu.

Pourquoi cet ordre ?

Par ces trois sortes d'œuvres on remédie aux trois sources de tous les péchés.

Qui sont-elles ?

La sensualité, l'avarice et l'orgueil, ou l'amour des plaisirs, l'amour des biens, l'amour des honneurs; trois malheureuses branches de notre convoitise, trois ulcères de notre nature corrompue et de notre cœur perverti; trois inclinations vicieuses, qui sont les causes de la damnation de tous ceux qui se perdent.

A quoi remédie- t-on par le jeûne ?

A la sensualité.

Et par i aumône?

A l'avarice.

Et par la prière ?

A l'orgueil.

Que fait-on encore par la pratique de ces trois sortes de bonnes oeuvres ?

1° On se punit des péchés que les biens

(55) Ou qui en sentent le besoin eux-mêmes, par les justes inquiétudes que Leur inspirent leurs cou

Icssioiii iiasbées.

Il":

du monde, les voluptés <le la chair, et la malice, l'orgueil et l'irréligion de l'esprit humain ont fait commettre ; 2° on emploie à honorer et servir Dieu, les biens, le corps et l'âme, dont on se servait auparavant pour l'offenser ; 3° on se remet dans la pratique de la justice, commençantde rendre ce qu'on doit à Dieu, à soi-même et au prochain : à Dieu, la religion par l'oraison ; à soi-même, la corruption par le jeûne ; au prochain, la charité par l'aumône ; et à prendro un cœur d'enfant envers Dieu, déjuge envers soi, de uière envers le prochain.

A quelle autre satisfaction est tenu le pénitent ?

Il doit, après avoir rendu gloire à Dieu, et s'être puni lui-même, réparer le tort qu'il peut avoir fait; 1° au bien; 2° à l'honneur; 3° au corps ; 4° à l'âme du prochain, du moins autant qu'il le peut, et suivant les moyens qu'un confesseur prudent lui suggérera.

Comment satisfaire au prochain quand on a pris son bien?

Le lui restituant.

Et quand on l'a offense' ?

Lui en demandant pardon.

Que dites-vous de celui qui se confesse sans avoir la résolution de satisfaire ?

Que sa confession est inutile, et même sacrilège.

Pouvons-nous satisfaire les uns pour les autres ?

Oui, Dieu a agréable la charité fraternelle, et la communion des saints, jusqu'à ce point que quand ses serviteurs prient et s'affligent dans le jeûne, le sac, la cendre, ils apaisent sa colère et désarment sa justice, non-seulement sur leurs péchés, mais encore sur les péchés de tout le peuple, ou de ceux pour qui ils intercèdent en particulier.

D'où vient cela ?

C'est que Dieu se laisse tellement toucher au désir qu'il a de gratifier ses amis, qu'il accepte miséricordieusement l'humble sacrifice de leurs mortifications volontaires, en diminution des châtiments qu'il prépare à leurs frères, et que satisfait par les uns, il veut bien s'adoucir envers les autres, honorant par ce moyen son Fils Jésus-Christ dans la communion de ses membres, et dans sa sainte société de son corps mystique.

De ta pénitence à l'heure de ta mort.

Quand doit-on faire pénitence ?

Un ne saurait trop tôt.

lu la remettre à l'heure de la mort ?

C'est visiblement hasarder son salui.

Pourquoi?

Par ce que : 1° souvent on n'en a pas le temps, ou meurt subitement ; 2° ce temps ne sullit pas; 3" il est empêché par les alfaires, les douleurs, les remèdes; k" la maladie ôte la présence d'esprit nécessaire; 5° la crainte trouble le moribond; G' le démon l'effraye ; 7° la sévérité du jugement de Dieu, les horreurs de l'enfer, le souvenir des péchés l'épouvantent; 8" enfin mille autres obstacles s'opposent à ce qu'on puisse re-

courir à Dieu comme il faut, et rendent ordinairement toutes parties de la pénitence imparfaites, l'examen de la contrition, le ferme propos, la confession, la satisfaction ; 9° comment a sa mort pourrait-on donner des signes de vie, n'ayant pendant la vie donné que des signes de mort?

Conduite pour la confession.

Donnez-moi une conduite pour la confession?

1° Après vous être examiné avec soin , excité à contrition, et avoir fait un ferme propos de ne plus offenser Dieu, et de faire pénitence, approchez-vous de votre confesseur, et considérant Jésus-Christ en sa personne, mettez-vous à genoux devant lui, comme un criminel devant son juge; 2" que vos habits soient modestes, les hommes sans épée et sans vêtements superbes, les femmes dans une grande modestie, humilité, simplicité, rien ne répugnant davantage à l'action que vous allez faire, que le faste et l'arrogance ; 3° quand vous êtes entré dans le confessionnal, faites le signe de la croix, et baissant un peu la tête, demandez la bénédiction du prêtre, disant à voix basse : Benedic mihi, Pater, bénissez-moi, s'il vous plaît, mon Père. Ensuite inclinez-vous davantage, et tandis que le prêtre dit : Deus sit in corde tuo, etc., récitez votre Confiteor, jusqu'à mea culpa ; k° relevez-vous, regardez où est l'oreille de votre confesseur, portez de ce côté-là votre bouche, et accusez-vous de vos péchés, comme si c'était à Jésus-Christ que vous vous confessassiez, que ce fût la dernière confession de votre vie, que vous fussiez à l'heure de la mort ou au jugement dernier ; faites-le clairement et distinctement humblement, sans rien cacher, dissimuler, diminuer, sans vous excuser, ni rejeter vos fautes sur autrui ; 5" ayant tout déclaré, dites : De tous ces miens péchés et autres dont je ne me souviens pas, ou dont je n'ai pas la connaissance, j'en demande pardon à Dieu, et à vous, mon père, pénitence et absolution.

6° Baissez-vous ensuite, et tandis qu'il dira le Misereatur, dites votre mea culpa, et le reste du Confiteor, le cœur plein de componction, c'est-à-dire percé de douleur; 7° relevez-vous ensuite, portant votre oreille vis-à-vis la bouche de votre confesseur, écoutez avec respect les avis qu'il vous donnera, la pénitence qu'il vous imposera, les moyens de bien vivre qu'il vous prescrira ; 8° quand il aura fini , abaissez-vous encore profondément pour recevoir l'absolution et rappelez dans ce moment tous vos sentiments de regret d'avoir offensé Dieu, d'horreur du péché, de résolution de vous corriger et défaire pénitence; 9" l'absolution donnée, retirez-vous à l'écart, et demeurez un temps notable en prières, remerciant Dieu de la grâce qu'il vient de vous faire, le priant de vous pardonner, et de délier au ciel, ce que le prêtre a délié sur la terre; 10° faites réflexion sur ce que vous aura dit le confesseur, afin de l'exécuter, et allez en

paix purifié de vos péchés, et résolu de mieux vivre.

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