DE LA FETE DE SAINT MARC
(23 avril.)
Que savons-nous de ce saint ?
V II était Hébreu, de la tribu de Lévi et de la race d'Aaron, natif de Cyrène en Libye, disciple de Jésus-Christ, ou converti par les apôtres, évangélisle, fils spirituel, interprète et compagnon des missions et travaux
de saint Pierre, qui lui dicta , selon saint Athanase, ou du moins qui lui fit écrire l'Evangile tel qu'il le lui avait oui prêclier, et qui l'ayant lu, l'autorisa, permit qu'on s'en servît dans l'Eglise, et le donna aux fidèles de Rome, surtout aux officiers de l'empereur et autres gens de qualité !qui le demandaient instamment. Il est plus court que les autres, parce que, selon saint Chrysostome, saint Marc imitait son maître saint Pierre qui parlait peu et qui par humilité ne voulut pas se faire auteur d'un évangile, ni souffrir que son disciple saint Marc mît rien de lui au long que son triple reniement, lequel cet apôire racontait souvent avec larnies, ni rien que très-succinctement, de ce qui lui était le plus glorieux. C'est ce que les plus anciens Pères et docteurs nous apprennent; 2° envoyé expressément par saint Pierre, il prêcha le premier la foi en Egypte, où il convertit un nombre infini de peuples, et fut au nom de cet apôtre le premier évèque du siège patriarcal d'Alexandrie, la seconde Eglise du monde chrétien et la première après Rome; 3° par l'exemple de sa vie apostolique et vraiment sainte, il établit dans cette Kglise naissante une si grande piété, et les fidèles y menaient une vie si parfaite et si religieuse, et étaient si savants dans nos mystères , qu'elle devint l'admiration des idolâtres aussi bien que des Juifs, et la copie excellente de cette Jérusalem formée par les apôtres mêmes, où la grâce ôtant la différence des qualités du corps, de l'esprit, de la fortune, faisait qu'ils n'étaient qu'un cœur et qu'une âme, et il en sortit dans la suite des hommes apostoliques qui allèrent prêcher l'Evangile aux nations les plus éloignées, et qui les convertirent à la foi, et il s'y établit une école la plus célèbre du monde chrétien.
Que rapportent les anciens auteurs de ces premiers disciples de saint Marc ?
Voici -ce qu'ils disent : 1° ils se dépouillaient de leurs biens pour les donner aux pauvres ; 2° ils quittaient les villes et le commerce du monde, et se retiraient dans les lieux écartés, pour y vaquer à la contemplation des choses célestes, donnant ainsi naissance à ces admirables solitaires qui peuplèrent dans la suite les déserts de l'Egypte, et qui furent la bonne odeur de Jésus-Christ dans tout le monde ; 3° ils lisaient continuellement les Livres saints; 4° ils partageaient les heures de la journée par leurs exercices de piété; 5° ils s'adonnaient à la psalmodie et aux cantiques spirituels, faisant retcniir les louanges de Dieu, mais d'une manière tranquille et tout angélique; 6° leur abstinence était extrême, ils ne faisaient qu'un repas pnr jour, sur le soir; d'autres ne mangeaient même qu'une fois en trois jours, et plusieurs s'abstenaient de l'usage du vin et de la viande, se contentant de pam et d'eau, assaisonnés d'un peu de sel et de quelques légumes; 7° la plupart des personnes du sexe demeuraient vierges et renonçaient au mariage pour toujours ; 8" dans leurs oratoires, les hommes
étaient séparés des femmes et disputaient à l'envi avec elles de la modestie etde la sainte et sérieuse gravité qu'inspire la présence de Dieu ; 9° la religion de leurs prêtres et des autres ministres des choses sacrées, allait au delà de ce qu'on peut dire, et l'évêque qui présidait à ces saintes assemblées était une parfaite image de Jésus-Christ dans le ciel, au milieu des bienheureux. Tels furent dans Alexandrie et dans l'Egypte les premiers Chrétiens disciples du grand saint Marc, et les progrès qu'ils firent dans la vertu sous la conduite d'un si excellent maître. Revenu à Rome, il fut présent au martyre de saint Pierre et saint Paul, puis il retourna à Alexandrie sceller les vérités qu'il prêchait, et ses travaux pour Jésus-Christ par l'effusion de son sang; le genre de sou martyre fut très-cruel, ayant été traîné par des lieux raboteux jusqu'à ce qu'on l'eût mis en pièces.
Pourquoi fait - on abstinence le jour de saint Marc., et d'où vient qu'on fait des processions et qu on chante les litanies?
Cette coutume est extrêmement ancienne dans l'Eglise, et marque la dévotion des premiers fidèles envers ce grand saint, leur confiance en ses mérites et ses intercessions, leur idée de ses vertus, et le désir qu'ils avaient de l'imiter et de l'invoquer.
Que dcmande-t~on à Dieu par ces prières si solennelles ?
Sa bénédiction sur les biens de la terre, dont on n'obtient jamais mieux la concession et la possession que par la privation et le retranchement, la santé et la paix, étant convenable à la bonté de Dieu, qu'en vue du sacrifice que son serviteur à fait de ces trois choses, il nous en accorde le bon u^age.
Que devons-nous encore demander ?
1° Que Dieu renouvelle dans son Eglise l'esprit et la grâce des premiers disciples de saint Marc ; 2° qu'il nous envoie des prédicateurs apostoliques; 3° qu'il nous donne l'amour de l'Evangile, que nous aimions à le lire et à le pratiquer.