V. CE QUE NOt'S DEVONS MEDITER
1° Des mystères de la foi ; 2° des sacrements de l'Église; 3° des principaux points de la discipline et de la morale; 4° de tout ce qu'ils avaient à faire pour l'établissement et la conduite de son Eglise; 5° de ce qu'ils devaient enseignera toute la terre, leur ouvrant le cœur et leur donnant l'intelligenco des Ecritures. 6" 11 institua l'ordre des évoques, par l'imposition des mains, dit saint Augustin, et il désigna pour évoque à l'Eglise de Jérusalem saint Jacques le Mineur, qu'il remplit, ainsi que saint Pierre et saint Jean, de la science des plus hautes vérités; c'est ce que les premiers Pères ont laissé par écrit.
Quel pouvoir leur donna-t-il?
1° De remettre les péchés ; 2° de chasser les démons; 3° de faire des miracles; 4° de prêcher l'Evangile par toute la terre; 5" d'administrer le baptême et les autres sacrements.
Que leur promit-il?
1° De leur envoyer le Saint-Esprit ; 2° d'être avec eux jusqu'à la fin du monde ; 3° des persécutions passagères et des récompenses sans fin.
Que considérer dans cette fête ?
1° La gloire de Jésus-Christ; 2° les avantages qu'en reçoit le genre humain ; 3° le profit particulier qu'un chacun est obligé d'en retirer.
Les fiu'ts Je celte fête (84).
D'où tirez-vous cette obligation?
1* De la signification même du mot de Pâques, qui marquait aux Juifs le passage, 1° de l'ange exterminateur; 2" de la mer Rouge ; 3° de l'Egypte en la Terre-Sainte ; k° de la tyrannie de Pharaon, en la liberté des enfants de Dieu ; et qui prêche aux Chrétiens l'obligation qu'ils ont de remplir la vérité de ces figures intelligibles par ellesmêmes, et de participer aux divers états de Jésus, passant de cette vie en l'autre, de la vie à la mort, de la mort à la vie. et de ce monde à son Père ; et par son sang apaisant la justice divine, nous affranchissant de la tyrannie du diable, et nous ouvrant l'entrée à la vie éternelle.
2" De 1 impression des mystères de la Passion, mort et résurrection du Sauveur, qui doivent agir en nous.
3° De la grâce reçue et renouvelée du baptême, et des sacrements, en qui dans ce temps, comme en des vases sacrés, le sang de Jésus-Christ, bien mieux que celui de saint Janvier au jour de son martyre, parait comme tout chaud et tout bouillant.
k° De la mort, ou du moins de la mortification ou affaiblissement de la convoitise que la mort de Jésus-Christ opère.
5" De la vie spirituelle que la résurrection
(84) Le premier de ces fruits est l'accomplissement du devoir pascal. Il en a été question dans Pexplicatioii du 4e commandement de l'Eglise. Réus ajouterons s ulemcnt ici que la quinzaine de Pique-*, vu la difficulté des le nps, comprend aujourd'hui les deux semaines qui pré èdeni et les
Œuvres compl. de de la Cqétardie. I.
deux qui suivent la fêle de Pâques. On peut même étendre celle période de jours selon les besoins des fidèles. D.ins ce cas, il Tant toujours avoir intention de remplir le précepte de la communion annuelle.
OEUVRES COMPLETES DE DE LA CilETARDIE.
de Jésus-Clirist, reprenant une vie nouvelle dans le sépulcre, communique.
6° De la défaite, enchaînement et dépouillement de Satan, à qui Jésus-Christ a ravi la proie et ôte la force.
7° Enfin le péché détruit par la rémission et l'infusion de la grâce, les vertus fortifiées, surtout !a foi, l'espérance et la charité, le ciel ouvert, l'enfer bouché, et particulièrement les qualités glorieuses qui ornent Jésus-Christ ressuscité, et qui sont le fruit de ses souffrances, sont autant de raisons qui nous pressent de participer à la grâce de celte fêle.
Comment participer à ces qualités glorieuses ?
1° À sa subtilité, qui lui fit traverser la pierre, surmontant nos répugnances au bien; 2° à l'agilité, nous comportant avec ferveur au service de Dieu; 3° à la clarté, donnant bon exemple; 4° à l'impassibilité , souffrant avec joie les adversités; et à l'immortalité, ne retournant plus au péché.
Quoi faire pour profiler de ces grâces ?
1° Mener une vie nouvelle, spirituelle, ressuscitée, n'ayant plus de goût, ainsi que Jésus, pour les biens de ce monde, qui ne tendent qu'à la conservation d'une vie corruptible. 2° N'être plus sujet au péché, dont l'aiguillon, qui n'est autre que la mort, vient d'être arraché. 3° Ne conversant qu'avec des personnes de piété et des disciples de Jésus, et nous rendant, comme lui, invisibles aux hommes terrestres et mondains. k° Tenant de saints discours et de pieux entretiens, et parlant, comme il faisait en ce temps, du royaume de Dieu et des moyens de le faire régner en nous. 5° Recherchant les choses du ciel, et méprisant les vanités de la terre, les grandeurs, les richesses, les plaisirs, les parures, pleins de ce qui nous est promis après la résurrection. 6° Pra iquant les exercices de piété, la prière, le service paroissial, la prédication, !e chant de l'église, les processions, stations, etc., qui sont des expressions, ou de ce que fit le Sauveur après sa résurrection, ou de ce qui nous est promis après la nôtre. 7° Aimant surtout les souffrances qui nous rendront participants de la gloire de Jésus-Christ. 8° Goûtant et savourant les choses saintes, la rémission des péchés, l'espérance de la vie future, etc., vrais aliments d'une âme ressuscitée, corrigeant ainsi un goût par un goût ; car le même goût que nous éprouvons dans les choses défendues, dans le pain d'iniquité, est ce même goût qu'éprouva notre première mère Eve, quand elle mangea du fruit défendu; goût dépravé et désordonné que nous avons hérité d'elle, dit saint Paulin. îrSolennisantavec une dévotion singulière la semaine de Pâques, laquelle on chômait tout entière au temps de la ferveur des premiers Chrétiens. 10° Ressuscitant en nous divers bons sentiments, vertus, résolutions, pratiques de piété, etc., que par notre négligence nous laissons continuellement mourir : et ainsi la résurrection de Jésus eu nous sera accompagnée de celle de plusieurs.
Le temps pascl.
Doit-on passer saintement ce temps?
Sans doute, et plusieurs raisons nous y invitent ; car, ce serait autrement , 1° perdre le mérite et le fruit du Carême, de la mort et Passion du Sauveur, et des sacrements reçus; 2° mal honorer et représenter la vie ressuscitée de Jésus-Christ et des bienheureux ; 3° s'exposera des rechutes déplorables; 4.° s'indisposer aux grandes solennités de l'Ascension et de la Pentecôte, qui sont les suites de celles de Pâques; 5° profaner un temps consacré à la sainteté, d'une façon toute particulière, car il est composé de cinquante jours, comme renfermant tous les dimanches de l'année, et il est l'image de la fête éternelle et du grand Jubilé que nous célébrerons dans le ciel, où nous nejeûnerons plus surtout de Dieu, que nous verrons face à face, dont nous jouirons, dont nous nous repaîtrons éternellement. Prouvons la vérité de la résurrection de notre chef, par la vie de ses membres, et la vie de son corps naturel, par la vie de son corps mystique; 6° et oublier bientôt les bons sentiments qu'on a pu prendre à Pâques.
A quels désordres se laisse-t-on aller le plus ordinairement dans ce temps-ci.
t°A la gourmandise; 2° aux promenades et rendez-vous; 3" aux compagnies libertines ; 4° à la dissipation et indévotion ; 5" à une joie toute charnelle et mondaine ; 6° au luxe, à la vanité et à l'immodestie des habits, aux nudités, braveries, etc., désordres de tout temps défendus dans l'Eglise, que nos hérétiques ne soutfrent pas même chez eux, que Mgrnotre archevêque a interdits par une ordonnance expresse, défendant aux confesseurs d'adminisirer les sacrements aux personnes qui ne veulent pas y renoncer, lesquelles autrefois on n'aurait pas admises au baptême sans cela, et qui pour un mari qu'elles disent vouloir gagner, selon leur prétexte ordinaire, perdent des âmes à milliers ; semblables à ces pêcheurs injustes, qui, pour avoir un poisson, empoisonnent les rivières publiques et en tuent une infinité.
Quels vertus doit-on pratiquer?
1° La dévotion; 2° la modestie; 3° la sobriété; k" la joie spirituelle qui naît de la sincérité de l'esprit et de la pureté des mœurs, lesquelles doivent suppléer au dé-, faut des mortifications extérieures; 5° enfin la vie d'un Chrétien, lequel a pleinement participé au mystère et à la grâce de la résurrection, doit être une imitation de la vie des anges, comme nous l'apprenons du Sauveur dans l'Evangile.