‹ Œuvres complètesChapitre 39 sur 64 · DUCIS · texte numérisé non relu

DUCIS

Il y a trois choses dont il faut lui savoir gré : la première, c'est d'avoir bravé hautement le despotisme de Napoléon Ier; c'est d'être resté la tête haute devant cet homme qui faisait plier toutes les têtes. La seconde, c'est d'avoir affronté l'esprit d'impiété^de son temps, c'està-dire d'avoir exprimé des sentiments religieux en face du spectre encore railleur de Voltaire. La troisième, c'est de s'être moqué des préjugés classiques d'un siècle qui en était encore à l'art poétique d'Horace; c'est d'avoir cherché, sinon à faire connaître, — on ne fait pas connaître ce qu'on déguise, — du moins à naturaliser le génie de Shakspeare chez une nation

qui venait de l'entendre traiter de « sauvage ivre » par le plus grand de ses écrivains. Il y a là une triple indépendance dont je l'estime et je l'honore. Je voudrais seulement que cet homme si fier n'eût pas accepté, sur ses vieux jours, la tyrannie d'un jupon ; qu'il ne se fût pas, le dirai-je? laissé conduire au bâton par une indigne femme qui était la sienne.

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