‹ Œuvres complètesChapitre 46 sur 64 · LAMARTINE · texte numérisé non relu

LAMARTINE

Est-il le premier, est-il le second, est-il le troisième des poètes de son temps? Je n'en sais rien, et cela m'est bien égal. Il en est de plus amusants, je ne le nie pas; il en est qui parlent à l'imagination avec plus de force et de variété, j'en conviens; mais ce dont il faut bien que tout le monde convienne aussi, c'est que pas un ne s'est adressé avec plus d'éloquence que lui à ce sentiment du divin que nous portons au fond du cœur. Pas un n'a parlé de Dieu dans un langage plus digne de Dieu et de l'âme humaine.

Comme un lys penché par la plaie Coarbe ses rameaux éplorés...

Et ailleurs :

Rouler dans vos sentiers de flamme.

Astres, rois de Fimmeusité;

ou encore :

Tu parles, mon cœur écoute; Je soupire, tu m'entends...

Ton œil compte, goutte à goutte, Les larmes que je répands...

Il y a partout, dans ses œuvres, de ces effusions, de ces traits, de ces cris de l'àme où la sainteté semble égaler le génie. David, le roi-prophète, n'a rien de plus beau. Le tort de notre prophète, à nous, a été de les noyer dans une profusion de pensées et d'images d'un ordre plus terrestre. Je voudrais qu'un esprit intelligent et pieux les recueillît, en fît un livre à part, un livre de psaumes et de cantiques, qui seraient dignes d'être chantés dans les fêtes de l'avenir jusqu'à la fin des siècles.

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