INTRODUCTION IX
zewa, dans les derniers jours de juillet, explique clairement pourquoi, peu avant de mourir, il avait fait reprendre chez V éditeur le manuscrit de son livre :
« Reçu une lettre de Malherbe au nom de M. May, lequel ne veut le livre que sous certaines conditions grotesques.
» La seconde partie lui paraît avoir été dite par de précédents ouvrages, — ce qui est une erreur (il s'agit des mœurs berlinoises). Je n'ai au contraire donné que du nouveau, ayant séjourné placidement cinq ans à Berlin et non passé une quinzaine dans un hôtel. J'ai même évité ce qui est trop connu,
comme les mœurs des étudiants si ressassées
D'autre part, il voudrait que, cela supprimé, j'allonge le chapitre Cour. Ce qui est impossible.
Je sais tout et il n'y a pas davantage Enfin,
tout cela confectionné, il faudrait que je mette sur la couverture mon nom avec : Ancien lecteur de l'Imp. Augusta. — J'irai reprendre mon manuscrit comme vous pensez. »
Au cours des entretiens que j'eus avec M. de Wyzewa en 1916, celui-ci me confirma qu'il avait, durant les derniers mois de la vie de Laforgue,
à demi conclu un arrangement pour celui-ci avec l'éditeur Quantin-May qui éditait alors les ouvrages de Villiers de V Isle-Adam : mais que Laforgue s'était absolument refusé à publier cet ouvrage sur Berlin sous son nom et plus encore à le faire suivre de la mention « ancien lecteur, etc.. » par délicatesse envers V Impératrice dont il gardait un souvenir respectueux et même reconnaissant, et pour ne pas paraître vouloir faire argent de son ancienne fonction à la Cour, ce qui allait à rencontre de tous ses sentiments.
Le retrait de ce manuscrit opéré, à la demande de Laforgue, à la veille de sa mort, avait donné à croire qu'il s'était résolu à ne pas le publier, alors que seules des conditions jugées par lui inadmissibles lui avaient fait prendre, contre son gré, ce parti.
On trouvera, à la suite de cet ouvrage sur la vie et les mœurs berlinoises, une courte nouvelle intitulée Une Vengeance à Berlin, que Jules Laforgue avait publiée en s'abritant sous le même pseudonyme, « Jean Vien »; si elle n'offre assurément ni l'originale perfection des Moralités Légendaires, ni même la subtilité ironique et mélanco-