‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 2 sur 37 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

daires ou d'un grand nombre de ses Notes de carnets, n'est pourtant aucunement dénué d'intérêt

Il est probable que le jeune lecteur de l'Impératrice n'avait pas tardé à noter quelques-unes de ses impressions d'Allemagne : un an à peine après son arrivée à Berlin, à la fin de 1882, il écrivait à son ami Charles Henry : « J'essaierai aussi des croquis berlinois pour la Vie Moderne. » L'intention de publier ces notes n'eut pas alors de suite et ce n'est qu'après avoir quitté l'Allemagne sans espoir de retour et lorsqu'il lui fallut faire flèche de tout bois contre la pauvreté et la maladie menaçantes, qu'il s'employa à faire la somme des impressions qu'il avait reçues de la cour et de la ville, à Berlin.

Il est certain que ce dessein s'était ancré dans son esprit en même temps qu'il décidait de résigner son emploi à la Cour, puisque deux mois avant d'avoir instruit V Impératrice de son intention, il en faisait part à son frère et lui annonçait sa résolution d'aller s'établir à Paris : « J'y » publierai au plus tôt un livre: Berlin, dans la rue, )> ce que je n'aurais jamais pu faire en acceptant

» une pension ici. Il est inutile que je reste ici plus » longtemps. Tu ai exploité tout ce que j'avais à )) y exploiter, maintenant j'y perds mon temps. »

Et dans une lettre adressée de Berlin à sa sœur Marie le 8 septembre 1886, deux jours avant son départ définitif d'Allemagne, il fait allusion à cet ouvrage sur Berlin :

« Je pars demain soir pour la Belgique, je vais chez les Ysaye, comme je te Vai dit, et, ce que je ne puis faire ici, je vais travailler à mon livre sur Berlin dont /'Illustration m! a déjà demandé des chapitres. (Si ce livre est bien lancé, quel rêve! nous nous marierons tout de suite, et nous irons vous voir, serait-ce en plein mois de janvier, pourvu que je ne meure pas de bonheur!) »

Il ne réussit à publier que trois chapitres de son livre, non pas dans /'Illustration, mais au Figaro et encore ne le fit-il que sous un pseudonyme, explicite d'ailleurs, Jean Vien : mais ses lettres à Charles Ephrussi, à Téodor de Wyzewa et à sa sœur Marie, durant les derniers mois de sa vie, entre avril et août 1887, témoignent assez quel intérêt il prenait à la publication prochaine de ce livre, et une lettre qu'il écrivit à Téodor de Wy-

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