‹ Œuvres complètesChapitre 37 sur 96 · DE CETTE BONNE LUNE · texte numérisé non relu

DE CETTE BONNE LUNE

On entend les Etoiles :

Dans l'giron

Du Patron, On y danse, on y danse,

Dans l'giron

Du Patron, On y danse tous en rond.

— Là, voyons, mam'zelle la Lune, Ne gardons pas ainsi rancune; Entrez en danse, et vous aurez Un collier de soleils dorés.

— Mon Dieu, c'est à vous bien honnête, Pour une pauvre Cendrillon;

Mais, me suffît le médaillon Que m'a donné ma sœur planète.

— Fi ! votre Terre est un suppôt De la Pensée ! Entrez en fête ; Pour sûr vous tournerez la tête Aux astres les plus comme il faut.

— Merci, merci, je n'ai que ma mie, Juste que je l'entends gémir!

— Vous vous trompez, c'est le soupir Des universelles chimies !

— Mauvaises langues, taisez-vous !

Je dois veiller. Tas de traînées, Allez courir vos guilledous !

— Va donc, rosière enfarinée !

Hé ! Notre-Dame des gens saouls, Des filous et des loups-garous !

Metteuse en rut des vieux matous !

Coucou !

Exeunl les étoiles. Silence et Lune. On'entend

Sous l'plafond

Sans fond,

On y danse, on y danse,

Sous l'plafond

Sans fond,

On y danse tous en rond.

COMPLAINTE DES PIANOS qu'on entend dans les quartiers aisés

Menez l'âme que les Lettres ont bien nourrie, Les pianos, les pianos, dans les quartiers aisés ! Premiers soirs, sans pardessus, chaste flânerie, Aux complaintes des nerfs incompris ou brisés.

Ces enfants, à quoi rêvent-elles, Dans les ennuis des ritournelles?

— « Préaux des soirs, Christs des dortoirs !

« Tu t'en vas et tu nous laisses, Tu nous laiss's et tu t'en vas, Défaire et refaire ses tresses, Broder d'éternels canevas. »

Jolie ou vague? triste ou sage? encore pure? 0 jours, tout m'est égal? ou, monde, moi je veux? Et si vierge, du moins, de la bonne blessure, Sachant quels gras couchants ont lesplusblanes aveux?

Mon Dieu, à quoi donc rêvent-elles?

A des Roland, à des dentelles?

— « Cœurs en prison, Lentes saisons !

« Tu t'en vas et tu nous quittes, Tu nous quitt's et tu t'en vas !

Couvents gris, chœurs de Sulamites, Sur nos seins nuls croisons nos bras. »

Fatales clés de l'être un beau jour apparues; Psitt ! aux hérédités en ponctuels ferments, Dans le bal incessant de nos étranges rues; Ah! pensionnats, théâtres, journaux, romans!

Allez, stériles ritournelles, La vie est vraie et criminelle.

— « Rideaux tirés, Peut-on entrer?

« Tu t'en vas et tu nous laisses, Tu nous laiss's et tu t'en vas, La source des frais rosiers baisse, Vraiment! Et lui qui ne vient pas... »

Il viendra ! Vous serez les pauvres cœurs en faute, Fiancés au remords comme aux essais sans fond. Et les suffisants cœurs cossus, n'ayant d'autre hôte Qu'un train-train pavoisé d'estime et de chiffons.

Mourir? peut-être brodent-elles, Pour un oncle à dot, des bretelles ?

— « Jamais ! Jamais !

Si tu savais 1

« Tu t'en vas et tu nous quittes, Tu nous quitt's et tu t'en vas, Mais tu nous reviendras bien vite Guérir mon beau mal, n'est-ce pas? »

Et c'est vrai ! l'Idéal les faits divaguer toutes, Vigne bohème, même en ces quartiers aisés. La vie est là; le pur flacon des vives gouttes Sera, comme il convient, d'eau propre baptisé.

Aussi, bientôt, se joueront-elles De plus exactes ritournelles.

« — Seul oreiller !

Mur familier !

« Tu t'en vas et tu nous laisses, Tu nous laiss's et tu t'en vas.

Que ne suis-je morte à la messe !

0 mois, ô linges, ô repas ! »

Rue Madame.

COMPLAINTE

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