‹ Œuvres complètesChapitre 61 sur 96 · DU SOIR DES COMICES AGRICOLES · texte numérisé non relu

DU SOIR DES COMICES AGRICOLES

Deux royaux cors de chasse ont encore un duo

Aux échos, Quelques fusées reniflent s'étouffer là-haut !

Allez, allez, gens de la noce, Qu'on s'en donne une hère bosse !

Et comme le jour naît, que bientôt il faudra,

A deux bras, Peiner, se recrotter dans les labours ingrats,

Allez, allez, gens que vous êtes, C'est pas tous les jours jour de fête !

Ce violon incompris pleure au pays natal,

Loin du bal, Et le piston risque un appel vers l'Idéal...

Mais le flageolet les rappelle Et allez donc, mâl's et femelles !

Un couple erre parmi les rêves des grillons,

Aux sillons; La fille écoute en tourmentant son médaillon.

Laissez, laissez, ô cors de chasse, Puisque c'est îe sort de la race.

Lesbeauxcorssesontmorts;maiscependantqu'auloin,

Dans les foins, Crèvent deux rêves niais, sans maire et sans adjoint.

Pintez, dansez, gens de la Terre, Tout est un triste et vieux Mystère.

— Ah ! le Premier que prit ce besoin insensé

De danser Sur ce monde enfantin dans l'Inconnu lancé !

O Terre, ô terre, ô race humaine, Vous me faites bien de la peine.

Page 1