‹ Œuvres complètesChapitre 100 sur 111 · HENRI 111 EST FORCÉ DE S'ANÉANTIR LUI-MÊME · texte numérisé non relu

HENRI 111 EST FORCÉ DE S'ANÉANTIR LUI-MÊME

racines aationales qu'où suppose, Guise Q'eûl pas eu besoin d'attendre toujours Philippe IL Quoi qu'il tirai du clergé, quoi qu'il tirai de ses biens qu'il étail obligé de vendre, il tondait toujours la main à l'Espagne; il en recevait l'aumône, et, la lutte s'engageant, il en sollicitait les troupes.

Il savait très bien que la Ligue, en campagne, n'aurait pu tenir devant le Roi, uni au roi de Navarre. On le vit en 1589.

Dans les villes même, si faciles à terroriser (nous l'avons vu tant de fois), la Ligue eût eu le dessous si elle n'eût sans cesse employé le moyen suprême, à savoir le peuple, son peuple d'assommeurs, celui qui mangeait à midi la soupe des couvents et touchait le soir l'argent espagnol. C'est par ces bandes qu'elle fit les élections de la milice en 1588.

L'étranger, toujours l'étranger : voilà ce que tout Français un peu clairvoyant voyait à travers la Ligue.

Allez donc, sots érudits, rapprocher les temps de la Ligue de ceux de la Convention! Comparez, je vous prie, les défenseurs et sauveurs du territoire avec ceux qui livraient la France.

Cette misérable France, si loin de ses premiers élans spontanés, nationaux, si loin d'Etienne Marcel et des vrais États généraux, qu'avait-elle pour se défendre, au seizième siècle, devant la puissance espagnole? Hélas, rien que la royauté.

Cette royauté funeste, cruellement dépensière et folle, elle est encore le point central où il faut bien ici se rallier.

Cruel abaissement des temps! Dans le précédent volume, nous stigmatisions justement le sauvage fou Charles IX et l'homme femme Henri III. Nous voici réduits maintenant, par la Ligue, ce monstre d'hypocrisie, à regretter Charles IX, à favoriser Henri III.

« Suis-je bien moi? » disait ce juif dans les cachots de l'Inquisition. « Mais non! je ne suis point moi! » L'histoire en dit autant ici, et se méconnaît ellemême.

On aurait cru que la furie de ce Charles, tombant aujourd'hui à droite pour tomber demain à gauche, était le pire gouvernement. On l'eût cru, on se fût trompé. Il y avait encore alors un peu d'ordre financier, quelque obstacle aux vaines dépenses. Barrière détruite, abaissée, à l'avènement d'Henri III. Donc ce sera celui-ci qui marquera le fond du fond? Son Épernon et son Joyeuse sont le pire gouvernement. Mais non, nous n'y sommes pas; voici les grands réformateurs qui vont guérir tous les abus, les Lorrains et les ligueurs, défenseurs irréprochables des franchises nationales. Que nous apportent ceux-ci? et quel serait leur succès s'ils venaient à bout de leur œuvre? Ils ne vivraient pas un quart d'heure sans subir deux conditions : un démembrement féodal, qui mettrait la France en pièces; et la tête de ce monstre serait le tyran étranger.

Nous voilà donc à ce point de défendre Épernon, Joyeuse. Dans la faiblesse actuelle du petit roi de Navarre, en attendant qu'il grossisse et soit Henri IV, ces deux drôles, contre les Lorrains et le parti

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