‹ Œuvres complètesChapitre 108 sur 111 · Chapitre XXXVIII, p. 580. — La Ligue a dégoûté tout le monde · texte numérisé non relu

Chapitre XXXVIII, p. 580. — La Ligue a dégoûté tout le monde

1-2 février 1586. Les amis de Guise s'effrayent. Il ne va pas au Louvre qu'avee trois cents gentilshommes. Je crois qu'on verra bientost csclatler ce que le roi couve au fond de la nue, le desdains qu'il porte dans la poitrine.

— 20 février. Cuise va toujours à pied au milieu de ses gentilshommes à cheval. M. de Sauves a dit que si Cuise se hasardoità s'accoutumer avec sa femme, il le feroit mourir sans respect. — 16 février. On croit qu'il (Guise?) est venu pour offrir de l'argent au roi do la part du clergé pour continuer la guerre contre le roi de Navarre. — 18 février. Hypocrisie de Guise. Il dit à l'ambassadeur de Savoie qu'il ne parlera point de paix, qu'il embrassera en bon serviteur le parti que suivra le roy, qu'en ces jours de pénitence, où les débats étoient bannis, on parlcroit des affaires; que dans quinze jours il retourneroit dans son gouvernement, où il serviroit mieux le roy. — 10 mars 1586. Guise fait effort pour que l'argent que donne le clergé soit remis en ses mains pour la guerre. 11 visite ceux de Paris, tous les conseillers et présidents. — 13 mars. Le roi met ordre que le sieur de La Noue se jette dans Genève avec soixante gentilshommes, du consentement de ceux de la ville (pour la garder contre la Savoieï. — 14 mars. La nécessité d'argent les fera tous changer sans vergogne. M. de Guise est pauvre et vend tous les jours. Argent comptant lui pourra faire changer de conseil. Et le clergé payera tout.

23 mars 1586. Le roi ne consulte plus sa mère. Il met des impôts pour rendre odieux Guise, qui veut la guerre. — 1er mai. On réduit Guise par la pauvreté. Il vient d'engager sa meilleure terre de 25,000 francs de revenus. — li mai. Guise dit au roi en partant : Je vois que mes ennemis, du vivant de S. M., peuvent m'ôter l'honneur et la vie; mais je leur montrerai avec combien de malheurs cela adviendra. Cent ans après nous on sentira la plaie qu'ils auront faite à ce royaulme. — Guise aspireroit à la couronne après la mort du roi. — 27 mai. La Ligue a dégoûté tout le monde, Guise s'est laissé mener par le nez. — 18 juin. Dévotion d'Henri III. Le pape le prie de modérer ses abstinences. — 10 juin. On va imprimer les lettres de Guise à l'Espagne et au pape. Le roi est devenu le plus fort. — 4 juillet. Le roi a dressé douze enfants joueurs de luth, et les fait coucher à la garde-robe. — 15 février. Joie de la Savoie. Le jeu commence. Le duc pourra tomber enfin sur Genève, que le roi défend. D'Épernon périra le premier, et l'on profitera de ses débris.

— 20 février. Le roi devient mélancolique, n'aime plus le bruit, se retire aux Capucins. Il laissera faire. Les mignons sont ennemis entre eux. Joyeuse trahirait Épernon pour Guise. — 6 mars. Henri III dit qu'il voudroit que Savoie fût dans Genève, qu'il s'en réjouiroit avec le duc. — 31 mars. Le roi s'abandonne ; mais, si d'Épernon vient, il peut tuer ses ennemis. Épernon dit

qu'il les fera sauter des galeries du Louvre. — 20 avril. Le roi, larme à l'œil, met le chapeau de Joyeuse à Épernon et celui d'Épcrnon à Joyeuse, et les chapeaux sur sa tète : union. — 29 avril. Il faut que le duc de Savoie gagne Marseille et Lyon. Sans Marseille, point de Provence; sans Lyon, point do Dauphiné. — 2 juin. Savoie pourroit se déclarer défenseur du roi, qui lui rcmettroit ses places plutôt qu'à un d'Épernon. — 4 août. Guise, au désespoir, avoue qu'il appellera les Espagnols. C'est à ce point de ses affaires le plus ébranlé qu'il fera bon traiter avec luy. Je lui ai faict tenir les deux billets. On verra ce qu'il répondra. — 3 septembre. (Aux États), il y aura quelque querelle d'Allemand qui troublera la fête. Les fourriers des princes s'y entrebattent déjà. — 11 septembre. Le roi est vindicatif et dissimulé, mais qui n'exécute pas, il sera toujours prévenu par M. de Guise. — 12 septembre. Guise a 5,000 arquebusiers dans Orléans, et l'ambassadeur offre du secours à Guise, qui se croit fort et ne veut encore agir. — Guise en vient à nonchaloir, reprend ses amours avec madame de Sauves. — Le roi fait entendre qu'il le fera connétable. — 1589, 17 mars. Le président Jeannin m'est venu trouver; il m'a dit que V. A. devoit agir, que M. du Maisne, estant élu lieutenant de l'Estat, ne pourroit sans rougir consentir ouvertement et du premier abord qu'on démembrast la France. — Voyant qu'il parle vaguement comme Guise, le Savoyard répond durement, écarte les belles paroles de Jeannin, dit qu'il lui faut au moins le Dauphiné sous la protection de la Savoie. — Les trois ou quatre qui mènent les affaires offrent le Dauphiné et la Provence. {Dépêches inédites de V ambassadeur de Savoie. Archives de Turin.)

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