ROYAUTÉ DES GUISES BOUS FRANÇOIS II
Dès lors on devenail bien faible, humble, (lovant l'Espagne, et, au dedans, en grand péril, avec lani d'éléments <lo (roubles. Quant aux créanciers importuns e1 aux solliciteurs, le cardinal sul s'en débarrasser. Il afficha aux portes de Fontainebleau : « Tout demandeur sera pendu. »
Nous sommes à même aujourd'hui d'apprécier la politique des (luises. Les lettres de Granvelle et du duc d'Albe établissenl : 1° que leur brillante guerre, qui nous donna Metz et Calais, n'en eut pas moins pour résultat de mettre la France aux pieds de l'Espagne; 2° que les chefs des partis, les hommes considérables qui menaient tout, dépendaient de Philippe II; leur concurrence tournait au profit de son ascendant.
Le connétable fut toujours Espagnol. Le cardinal de Tournon, homme spécial de la reine mère, L'était également. Il en était de même de Saint-André, le riche favori d'Henri II. (Granv., VII, 275.)
Les Guises l'étaient-ils à cette époque ? En Ecosse et en Angleterre, ils se portaient pour chefs des catholiques, en concurrence de l'Espagne. Mais, en France, telle était leur misérable position que, sans l'appui moral de Philippe II, ils n'eussent pu se soutenir.
Le plus dépendant de l'Espagne était Henri de Vendôme, roi de Navarre. Sa femme, Jeanne d'Aïbret, une sainte du parti protestant, fortifiait sa position de premier prince du sang par la faveur, les vœux d'un grand parti prêt aux plus extrêmes
sacrifices, qui, par-dessus son zèle ardent et fanatique, aurait porté dans l'action toute l'énergie du désespoir. Mais ce prudent Henri suivait peu des conseils de femme; ses conseillers étaient deux traîtres, un d'Escars et un jeune évêque, bâtard du chancelier Duprat. Ils le menaient au gré de ses ennemis. Sous leur direction, il joua un jeu double, faisant bonne mine aux protestants d'une part, de l'autre négociant à Madrid. Les Espagnols le leurraient de l'espoir de l'indemniser pour la Navarre espagnole. Point de roman, de rêve, dont on n'ait amusé cet homme crédule. Une fois, on lui donnait la Sardaigne; une autre fois, la Sicile, la Barbarie. Luimême, par une idée encore plus folle, il offrit à Philippe II, au pape, de leur conquérir l'Angleterre, qu'il aurait tenue d'eux en fief.
Dès 1559, au moment où Montmorency l'appelait à venir en hâte prendre la direction des affaires, lui, il regardait vers l'Espagne, implorait Philippe II pour son indemnité. Cette Navarre lui fît manquer la France.
Voilà le chef du parti protestant, et l'une des causes de sa ruine. La république religieuse eut cette contradiction fatale d'aller chercher pour chef un roi.
Les Guises étaient terrifiés, s'imaginant que ce parti voyait et voulait son vrai rôle, une grande république à la Suisse. Ils essayèrent souvent d'en arracher l'aveu aux réformés, très éloignés de cette idée.