ROYAUTE DES GUISES SOUS FRANÇOIS II
Les Guises, sans argent, el partanl sans soldais. devaient attendre que le roi de Navarre, avec ses lestes bandes d'admirables marcheurs gascons, arriverait à Taris vingl jours après la niorl d'Henri, balayerait le gouvernement, mettrait la main sur François II, convoquerait les Etats, et se ferait par eux lieutenant général, régent, tuteur, vrai roi au nom du petit roi. A cela il n'y eut eu aucun obstacle. Et les (luises n'y opposèrent rien qu'une lettre de Philippe II.
Pendant que cette dupe, le mou, l'inepte Navarrais, voyage à petites journées, les Guises, à qui ses conseillers vendaient leur maître jour par jour, et qui savaient ses moindres pas, font écrire par la reine mère à Madrid une lettre touchante et maternelle, où elle prie son bon gendre, Philippe II, d'aider et d'appuyer le jeune âge de son fils. Le voudrait-il'' on en doutait. Il hésitait à soutenir en France les Guises, qui en Angleterre se portaient ses rivaux.
Même avant la réponse de l'Espagne, le Navarrais s'était perdu. Les Guises le virent, et l'enfoncèrent par des outrages publics. Ils lui laissèrent ses malles à la porte de Saint-Germain, en pleine route, sans les laisser entrer, le logèrent sous le ciel. Saint-André l'hébergea par charité. Il alla à Paris, pour sonder les parlementaires, prudemment et timidement. La nuit, il courait chez eux déguisé. 11 trouva tout de glace. Les Montmorency et les Chàtillon se gardèrent bien d'aller à lui.
Alors la lettre de Philippe II arriva, l'assomma. Cette lettre, lue en conseil devant lui, était une terrible menace d'intervenir, de faire entrer en France quarante mille Espagnols, d'employer sa vie même, s'il le fallait. Le Navarrais fut tué du coup. A partir de ce jour on le vit courtisan des Guises, les suivre, dédaigné d'eux, n'en tirant pas même un regard.
Voilà le commencement du règne de l'Espagne en France. Règne facile. Sur tous, il lui suffisait de souffler.
Les Guises, en même temps, par un coup imprévu, étaient prosternés aux pieds de l'Espagne. Leur violence étourdie les avait perdus en Ecosse. Maigre leur sœur, la reine douairière, qui connaissait mieux le péril, ils avaient entrepris de faire en ce royaume une razzia des protestants et le séquestre de leurs biens. Projet fou, qui était la base d'un autre encore plus fou, l'établissement sur ces biens de mille gentilshommes français qui, obligés au service militaire, eussent tenu le pays en bride; une miniature enfin du grand établissement de Guillaume-ie-Gonquérant en Angleterre. Ce beau projet réconcilia l'Ecosse; tous les partis s'unirent. Maîtres d'Edimbourg, le 29 juin, le jour de la mort d'Henri II, ils dépouillent Marie de Guise de la régence.
Ils ont l'appui d'Elisabeth et d'une armée anglaise, qui chassera à la fin les Français. Les Guises, d'autre part, étaient appelés en Angleterre; les catholiques anglais leur offraient l'île de Wight. Qui les arrêta? qui garda Elisabeth et lui permit d'assurer en Ecosse