I. A PAIX, F. r POINT DE PAIX
tique, mais l'ordre <lr sa COUr <'l lVilucal ion do
enfants.
i i donc es1 l'idée politique, l<i parti politique? dans chancelier L'Hospital? dans son efforl pour réformer les lois? Le dirai-je?je ae trouve rien de plus triste que do voir col homme de bien traîner sa barbe blanche derrière Catherine de Médicis. On ne s'explique pas comment il restait là, ni quelle ligure il pouvait faire au milieu dr colle cour équivoque, i armi 1«'> femmes el les intrigues. Ne comprenail-il pas que sa présence seule, en tel lieu, était un asonge? que sa réforme du droit, réforme écrite ot do papier, faisait prendre le change sur la réalité politique? Quelques bonnes choses en sont restées, comme les tribunaux de commerce. Mais, hélas! si l'on veut savoir combien les lois sont le contraire - mœurs, il faut lire les lois de ce temps. Elles proclament la suppression des confréries au moment ou celles-ci s'organisaient militairement et de la manière la plus meurtrière, au moment où elles se liaient, se groupaient, créaient les ligues provinciales qui finirent par former la Ligue.
Dans chaque province, en Gascogne d'abord, en
Guyenne, bientôt sous les Guises en Champagne, un
vernemenl se fait à côté du gouvernement. Qu'op-
iit à cela la profonde politique Catherine? Elle
sait décomposer tout. Dans un perpétuel voyage,
lil neutraliser par l'influence de cour
influences fanatiques. Elle voulait travailler la
noblesse, l'amuser, la séduire. Son principal moyen,
s'il faut le dire, c'étaient les filles de la reine, cent cinquante nobles demoiselles, ce galant monastère qu'elle menait et étalait partout. Toutes maintenant fort catholiques, très exactement confessées. Point de scandales, peu de grossesses. On chassait qui devenait grosse.
Tout cela apparut d'abord dans l'expédition que l'on fit pour reprendre le Havre aux Anglais. La reine y mena en laisse Gondé et force protestants. Le petit homme tant joli suivait mademoiselle de Limeuil, qui en revint enceinte. Il réussit à chasser ses amis, à irriter Elisabeth, à diviser le parti protestant. Il se croyait au retour lieutenant général du royaume, quasi-tuteur du roi enfant. Mais celui-ci se déclara majeur. L'Hospital couvrit cette farce d'un discours grave. Pour que les protestants n'osassent réclamer, on leur lança les Guises, qui portèrent contre Goligny une solennelle accusation de meurtre. Dupés, moqués, les protestants, loin d'oser accuser, furent assez occupés à se défendre eux-mêmes. Gomme parti, ils semblaient dissous. Leur chef, Gondé, servait de secrétaire à la reine mère. Elle lui faisait écrire en Allemagne que tout allait au mieux. Elle se chargeait de le remarier, l'amusait de l'idée d'épouser Marie Stuart, d'autres princesses encore. La riche veuve de Saint-André, qui croyait l'épouser, lui donna le château de Saint- Valéry; il épousa une autre femme, et ne rendit pas le présent.
L'Église protestante avait cessé de lui payer sa contribution secrète, et l'envoyait à Coligny. Mais
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l'amiral savait que, si Ton reprenait Les armes, la noblesse vomirait Gondë pour chef, et, pour Le retenir, lui taisait part sur cet argent; Les protestants s'étanl isoles de L'Angleterre, on
osait tout contre eux. La paix leur était meurtrière; c'était la paix aux assassins, la guerre aux désarmés. Impunité complète dos violences. Ici un ministre pendu par un gouvernement de province. Là des noyades populaires, des morts violemment déterrés, femmes accouchées de deux jours qu'on arrache du lit ; je ne sais combien d'excès bizarres et de fantaisies de fureur.
Les impatients, Montluc, par exemple, voulaient qu'on en finît. D'une part, ils s'entendaient avec l'Espagne pour enlever Jeanne d'Albret et livrer le Béarn. D'autre part, Montluc envoyait à la reine un homme d'exécution, le Gascon Gharry. Gharry devait prendre le commandement de la nouvelle garde que le parti donnait au roi, encourager Paris à un grand coup de main. Les deux frères, Goligny et Dandelot, étaient à la cour, et peu accompagnés. Mais Gharry était incapable de bien mener la chose. Il se mit follement à insulter Dandelot. Non seulement il dit qu'il se moquait de son titre de colonel général de l'infanterie, mais il lui marcha presque sur les pieds dans l'escalier du Louvre.
Les deux frères avaient avec eux, entre autres hommes violents, un fameux chef de bande, le Provençal Mou vans, celui qui avec quarante hommes avait combattu des armées. Mou vans n'endura pas
la chose. Il frappa un coup imprévu, qui stupéfia la grande ville. Avec un Poitevin dont Gharry avait tué le frère, Mouvans va s'établir à attendre Gharry chez un armurier du pont Saint-Michel. Le Gascon montant fièrement le pont avec les siens, ils lui barrent le passage. « Souviens-toi », dit le Poitevin ; et il lui passe l'épée au travers du corps. Gharry dégaina-t-il? on ne le sait, mais il fut tué, et un autre. Mouvans alors et son Poitevin s'en allèrent lentement devant la foule par le long quai des Augustins, et personne n'osa les poursuivre.
L'amiral et son frère étaient près de la reine quand on lui dit la chose. Leur gravité n'en fut pas dérangée. Dandelot dit ne rien savoir et ne fit nulle attention aux criailleries de la garde, « en ayant vu bien d'autres ».
Le catholique Brantôme admire le coup, et dit « que l'affaire fut très bien menée ». Paris ne bougea pas. L'audace intimida la force. La reine mère seule en fit grand bruit, et elle en prit prétexte pour expliquer son brusque changement et sa haine nouvelle du protestantisme.
Les protestants, assassinés partout, ayant partout contre eux et l'autorité et les foules, recouraient ainsi à l'audace, à l'épée, à des coups violents qui envenimaient encore les haines.
Celle des Guises fut fort irritée par une romanesque aventure du frère de Goligny. Une grande dame de Lorraine, née princesse de Salm, et veuve du seigneur d'Assenleville, jura qu'elle n'aurait d'époux que Dan-
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delot. Tous les siens, fervents catholiques, s'y opposèrent en vain. En vain on lui montra que, ses terres
étant -nus les murs de Nancy, c'est-à-dire dans les mains du duc de Lorraine et des Guises, elle ne pouvait même l'aire la noce qu'au hasard d'une bataille. Rien ne la détourna.
Dandelot, somme de venir pour cette agréable aventure en pays ennemi, prit avec lui cent hommes détermine-, et. quoiqu'il sût que tous les Guises fussent justement alors chez le duc, il arrive à Nancy. On lui refuse rentrée par trois fois. Il ne s'arrête pas moins dans le faubourg, y rafraîchit ses cavaliers. Puis, en plein jour et à grand bruit, la cavalcade s'en va au château de la dame. Au pont-levis, tous tirent leurs arquebuses. De quoi tremblèrent les vitres des Guises, qui étaient en face, à peine séparés par une rivière. Et leurs cœurs en frémirent. Le cardinal gémit. Le petit Guise (il avait quatorze ans) dit : « Si j'avais une arquebuse, pour tirer ces vilains !... »
Cependant trois jours et trois nuits on fit la fête, bruyante et gaie, plus que le temps ne le voulait, pour faire rage aux voisins. Puis madame Dandelot, montant en croupe derrière son héros, et disant adieu à §< - biens, le suivit, fière et pauvre, aux hasards de la guerre civile.