‹ Œuvres complètesChapitre 80 sur 111 · IN DE CHARLES · texte numérisé non relu

IN DE CHARLES

les théories de république ne valaienl pas Charles IX. S ctacle étrange, prodigieux scandale pour le ciel et la terre. L'âme furieuse du fou, comme un misérable ,;<t frémissanl au hasard, était à la première main audacieuse qui jouait dessus. Son frère Anjou l'entraîna à vouloir étrangler La Mole, le favori d'Alençon. Il l'entraîna à tout briser chez un gentilhomme qui refusait d'épouser une fille salie par Anjou. Trois 3 (France, Pologne et Navarre), avec leur valetaille, tirent le sac et le pillage nocturne de cette maison.

Le jour, c'étaient des chasses folles. Charles IX s'y blessa encore en janvier. S'il ne chassait, il sonnait tout le jour du cor de chasse, jusqu'à déchirer ses poumons et vomir le sang. Alors il fallait s'aliter. Tout le monde s'arrangeait en vue de sa mort prochaine.

A en croire la vie de Catherine, compilée récemment sur les dépèches des ambassadeurs de Florence et les papiers des Médicis, la France adorait la reine mère. Si les documents français n'établissaient le contraire, le bon sens y suffirait. Sa réputation de mensonge, et l'impossibilité de traiter avec elle, sa fortune personnelle dans une telle pauvreté publique, son maquignonnage de femmes (elle en envoie une à La Noue pour le mettre en son filet), tout l'avilissait, la rendait odieuse. Son fils Alençon, haï d'elle, le lui rendait à merveille. On dit qu'il avait voulu s'entendre avec Henri de Navarre pour l'étrangler de leurs mains. (Voy. aussi Nevers, I, 177.)

On avait horreur de voir que, par la mort de Charles IX, elle serait régente encore. Les Bourbons, les Montmorency, suivis des maréchaux et de tous les grands seigneurs, vinrent dire qu'il fallait un lieutenant général, Alençon, avec les États généraux.

Cette immonde Jézabel avait opéré un miracle, l'unanimité. Le plus austère des protestants, Mornay, jusque-là contraire aux alliances politiques, se dément et se résigne à celle des catholiques. Les plus violents catholiques, un Coconas, qui avait racheté des protestants pour les torturer, se démentent, et, pour alliés, acceptent des protestants.

Au moment de l'exécution, Alençon eut peur, hésita, et son confident La Mole alla tout dire à Catherine.

Il faut la voir là dans son lustre. Elle avait en main la bête sauvage ; elle la met en furie en lui faisant croire que c'est à sa vie qu'on en veut. Il était alors alité ; elle le tire de son lit, et le fait partir la nuit de Saint-Germain pour se sauver à Paris. Enveloppé par sa mère, ne sachant rien que par elle, Charles IX disait furieux : « Ne pouvaientils attendre au moins quelques jours ma mort si prochaine? »

Catherine, qui, toute sa vie, avait paru comme de glace, et qui peut-être, avant la Saint -Barthélémy, n'avait pas fait d'acte féroce (sauf le meurtre de Lignerolles), étala dans cette circonstance une cruauté inattendue. Elle fît une grande tragédie de ses craintes pour son fils. On avait trouvé chez La Mole

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je n«' sais quelle poupée de cire, destinée à une operation de nécromancie. Elle prétendit que cette image était celle du roi, qu'on devait la percer d'aiguilles pour que son cœur, sentant les coups, languît cl se desséchât. Elle lit infliger à La Mole une effroyable torture, qui le fit parler dans ce sens. La torture n'était guère moindre pour le malade lui-même, qui, déjà tellement troublé, se sentait comme mourir sous d'invisibles piqûres.

Elle avait mis a la Bastille l'aîné des Montmorency. Elle n'osait le faire mourir tant que vivait son frère Damville , gouverneur du Languedoc. Pour y pourvoir, elle envoya à Damville un Sarra Martinengo, un de ses bravi italiens, assassins de profession. En Poitou, La Noue résistant aux femmes qu'elle avait lyées d'abord, elle lui dépêcha un homme, homme, il est vrai, trop connu, Maurevert, le tueur du roi.

Ces misérables tentatives, dont elle n'eut que la honte, ne l'auraient pas tirée d'affaire sans deux circonstances. Damville, qui régnait paisiblement en Languedoc, se soucia peu de compromettre cette royauté, ne bougea pas. D'autre part, le nord de la France ne s'émut pas davantage. Le pays de sapience, la politique Normandie, montra peu de disposition a rentrer dans la carrière aventureuse des guerres de religion. Plusieurs villes reçurent aisément les protestants, mais plus aisément encore les abandonnèrent. La seule forte résistance fut celle de Montgommery, qui tint dans Domfront. Catherine le

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