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LA LIGUE ECHOUE AUX ETATS DK RLOIS S

étant si peu appuyée du Tiers, le roi s'affermit, et dii froidemenl qu'il n'avait pas envie d'abdiquer au profit des États.

Premier échec de la Ligue.

N'ayant pu sein parer de la royauté, les ligueurs Youliuvnt L'étrangler, l'acculer dans un détroit où on la forcerait à la guerre sans lui rien donner pour la faire.

La reine mère entrevoyait bien le péril de la situation. Elle luttait tout doucement, disant qu'elle était bonne catholique, qu'elle avait exposé sa vie pour la vraie religion, pour quoi elle était bien sûre d'aller en paradis; mais qu'enfin on n'avait pu résister à Gondé, que, bien loin de pouvoir faire la guerre, on ne pouvait pas môme vivre. Cependant, quand elle vit que les choses marcheraient sans elle, elle se fît le secrétaire de la Ligue, lui prêta sa plume, rédigea elle-même la demande qu'on voulait faire par l'orateur de la noblesse [qu'il n'y eût plus qu'une religion).

Les ligueurs du Tiers-état devancèrent la noblesse. Ils avaient amené leur ordre à grand'peine à voter pour eux. Le député Bodin, suivi en cela de cinq gouvernements, voulait qu'on spécifiât que l'union se fit sans guerre. Sept autres gouvernements mirent seulement par les meilleures voies, les plus saintes, mot plus vague, qui cependant indiquait assez clairement des intentions pacifiques.

Petite victoire pour la Ligue. Les États n'avaient nullement des dispositions belliqueuses. La reine

mère se moquait du fervent catholique Nevers, qui partout prêchait 'la croisade. « Eh! mon cousin, disaitelle, voulez -vous donc nous mener à Constantinople? »

Cependant la guerre avait éclaté. Les protestants alarmés avaient refusé de reconnaître une assemblée élue sous la main de la Ligue, assemblée bizarre, informe, où l'on avait mis cinq provinces (Maine, Anjou, Touraine, Angoumois, et l'immensité du Poitou) sous un seul gouvernement, avec un seul vote, celui de l'Orléanais!

L'assemblée fut mortifiée d'apprendre qu'elle avait la guerre, que plusieurs places étaient surprises. Au roi qui sollicitait des moyens de la soutenir, elle accorda, pour tout secours, une députation pacifique qui irait demander aux huguenots « pourquoi ils n'étaient pas aux Etats généraux ».

La noblesse veut bien combattre, et encore si on la solde. Le clergé refuse l'argent, vote des troupes (qu'eût commandées Guise). Le Tiers -état n'a de pouvoir pour rien faire ni rien voter.

Pas un sou. Le roi furieux! L'attrapeur était attrapé. « Quoi! dit-il, n'ai-je pas brigué les trois États, qui d'abord paraissaient si lents pour les pousser à demander qu'il n'y eût qu'une religion?... Voilà la guerre!... Et nul moyen!... » Il signa pourtant la Ligue et la fît signer à son frère, dans l'espoir qu'on lui permettrait de se faire chef du mouvement. Mais déjà il était trop clair que la Ligue ne voudrait d'autres généraux que les Guises.

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Il sollicita du moins l'autorisation de vendre du domaine. Refusé. « Voilà, dit-il, une énorme cruauté;

ils ne me veulenl aider du leur, ni me laisser aider

du mien, o Alors il se mit à pleurer.

Le clergé disait à cela : « Nous avons demandé l'abolition de l'hérésie, non la guerre. » Plaisanterie un peu forte. Au fond, c'était la même chose.

Qui avait vaincu? La Ligue? Point du tout. Les deux grands ordres essayèrent en vain de remettre sur l'eau la proposition des trente-six, qui rédigeraient les cahiers et seraient les tuteurs du roi. Le Tiers n'y consentit point.

La Ligue s'était trouvée faible. Mais les huguenots, n'étaient guère forts. Navarre et Gondé ne s'entendaient pas. Gondé était en pleine brouille avec La Rochelle, à qui il surprit le port de Brouage. Les Guises, avançant au Midi, avec les armées de la Ligue, dont le frère du roi avait le commandement nominal, eurent des succès très faciles. Damville se laissa gagner par les promesses qu'on lui fit. Divisés, abandonnés, les protestants semblaient périr, lorsque Henri III vint à Poitiers tout exprès pour les sauver. Il était épouvanté du succès des Guises. Il trahit la Ligue. Sa peur était entièrement reportée de ce côté. Au grand saisissement des ligueurs, il leur asséna ce coup : la suppression des deux Ligues, protestante et catholique. (Bergerac, 17 sept. 1577.)

Partout liberté de conscience. Le culte dans les châteaux et dans les villes qui l'ont. Ailleurs, permis d'ouvrir hors des villes une église par bailliage. A

chaque parlement une chambre protestante. Pour garantie, les huit places promises seront gardées pendant six ans.

Traité sage dont Henri fut très fier. Restait à savoir si les deux Ligues supprimées par un roi sans argent ni force se tiendraient pour supprimées.

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