RÉVOLTE
XÈVOLTE
AR les bois ont aussi leurs jours d'ennui hautain, Ht, las de tordre au vent leurs grands bras séculaires. S'enveloppent alors d'immobiles colères, Et leur mépris muet insulte leur destin.
Ni chevreuils, ni ramiers chanteurs, ni sources claires, La forêt ne veut plus sourire au vieux matin. Ht, refoulant la vie aux plaines du lointain. Semble arborer l'orgueil des douleurs sans salaires.
— O bois I premiers enfants de la Terre, grands bois 1 Moi, dont l'âme en votre âme habite et vous contemple. Je sens les piliers prêts à maudire le temple.
Un jour, demain peut-être, arbres aux longs abois 1 Quand le banal printemps ramènera nos fêtes, Tous, vous resterez noirs, des racines aux faîtes 1
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V->OMME les fûts nombreux des hautes cathédrales, O rêves de mon cœur, vous montez 1 Et je vois L'ancien encens encore endormir ses spirales A l'ombre de vos nefs, ô rêves d'autrefois 1
Comme un orgue dompté par des mains magistrales, O ma longue douleur! je t'écoute: et ta voix Murmure encor l'écho des plaintes et des râles Que j'ai depuis longtemps étouffés sous mes doigts !
— Allons 1 prêtre enfermé qui saignas sous l'insulte, N'as-tu pas renié ton église et ton culte, Et brisé l'encensoir aux murs de ta prison ?
Debout I Étends les bras sans fermer les paupières ! Qu'ils croulent, ces arceaux dont tu sculptas les pierres, Dût leur poids t'écraser du coup, comme Samson!