IN EXTREMIS IO
Jouet depuis longtemps des lentes agonies,
Et qui, seul, une nuit, sur le dos renversé,
Râlait au coin d'un bois, au bord d'un dur fossé,
Sans prière, sans plainte aussi, les membres roides.
Et les yeux grands ouverts au fond des brumes froides.
Il suffit. Et la mort dans ses veines filtrait.
Mais avant d'expirer, voilà que, tout d'un trait.
Il revit devant lui passer l'horrible drame
De ses jours dont l'enfer avait tissé la trame.
Alors il dit : « Soyez demain plus odieux;
J'ai le rêve et l'orgueil : je vous pardonne, ô dieux ! >>
L'EXEMTLE
Do us le fécond soleil des nations antiques, L'homme était riche en dieux dont il savait les noms ; Et des images d'or encombraient les portiques Ou, géantes, gardaient le seuil des Parthénons.
Et pourtant, jamais las d'encens ni de prières. L'homme des jours sereins où riaient les dieux nus. Entre le ciel et lui rêvant plus de lumières. Sacrifiait encore à des dieux inconnus I
Nos cœurs ne vibrent plus aux naissances prochaines De ceux que conviait le large cœur païen ; Et ce n'est plus afin de ressaissir des chaînes Q.ue nous fouillons la foi de l'univers ancien.
Aux stériles éclairs d'un soleil qui s'épuise. Sur le poudreux amas des autels d'autrefois Nous regardons crouler les fûts noirs de l'Eglise, Sans que la mort d'un Dieu fasse gémir les bois.